[POINT DE VUE] En Suède, la majorité pénale passe à 14 ans. Et nous, c’est pour quand ?

Il faut dès à présent penser à se doter d’une majorité qui votera ce genre de lois.
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Vous vous souvenez de cette époque rigolote où nos politiciens de gauche idolâtraient la Suède. Son éducation bienveillante, ses couples en union libre, ses avancées sociétales dans le vent, ses villes multiethniques où tout se passait bien. Un catalogue Ikea grandeur nature, peuplé de grands blonds portant des prénoms à trémas, vivant dans des maisons en bois clair et votant systématiquement au centre gauche. Une merveille.

Les années ont passé, la Suède n'est plus ce paradis social-démocrate, présenté comme un modèle du genre. Ses réfugiés irakiens et somaliens ne se sont pas très bien adaptés à la civilité proprette de la Scandinavie protestante. Mais, contrairement à beaucoup d’autres pays européens, les Suédois pragmatiques ont pris des mesures. La dernière en date, votée à une large majorité, consiste à abaisser la majorité pénale à 14 ans au lieu de 15. Elle entrera en vigueur le 10 septembre.

Ce ne sont pas de dangereux fascistes qui ont pris cette décision : au contraire, par 281 voix contre 66, tous les camps politiques sont tombés d’accord. Les jeunes ainsi reconnus coupables pourront être condamnés à une peine maximale de 18 ans de prison. Évidemment, les ONG expriment leur mécontentement, mais aussi l’administration pénitentiaire et la police, qui voient probablement d’ici les difficultés que cette nouvelle situation va créer, notamment en termes de promiscuité et d’« école du vice », on imagine. C’est plutôt du bon sens, mais force est, également, de constater que cette nouvelle loi est la plus adaptée pour lutter contre la barbarisation de la jeunesse.

Le retour de la sauvagerie

Il ne s’agit pas tant d’une nouveauté que d’un retour de la sauvagerie. Les jeunes gens du Moyen Âge ou des sociétés primitives n’étaient sans doute pas plus civilisés. Il y a peut-être simplement eu un âge d’or dans les dernières décennies du XXe siècle. En tous les cas, Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et candidat LR à la présidentielle, salue cette mesure de bon sens sur X avec le commentaire suivant : « Chacun peut observer que les jeunes d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux d'il y a 60 ans. Il faut adapter le cadre législatif à cette évolution. »

En France, la majorité pénale est à dix-huit ans. M. Retailleau souhaite l’abaisser à quinze ans. L’idée n’est sans doute pas mauvaise. « La Justice doit pouvoir imposer des sanctions fortes lorsqu'il en est encore temps. C'est comme ça que nous pourrons stopper les parcours de délinquance et rétablir la sérénité au sein de la société française », dit encore le président des Républicains. C’est peut-être un peu beaucoup espérer, non ?

L’ensauvagement de la jeunesse, qui est en réalité un réensauvagement, lequel revient de manière cyclique, proportionnellement à l’effondrement du contrat social, ne sera pas vaincu par l’abaissement de la majorité pénale. Les parents démissionnaires, les professeurs idéologues, la violence érigée en modèle à la télévision comme dans les jeux vidéo ou les films, le triomphe de la culture racaille et de ses valeurs de machisme en carton-pâte, tout cela porte une part de responsabilité. En revanche, ce qui est certain, c’est que l’on aurait tort de se priver du moindre outil pour faire reculer cette tendance de fond. Alors, oui, il est peut-être temps de se demander quand cette mesure sera proposée chez nous. Et surtout, il faut dès à présent penser à se doter d’une majorité qui votera ce genre de lois. Les Républicains, si souvent pusillanimes, si souvent fermes jusqu’à la victoire, comme des méduses chatoyantes que le ressac ramène à leur inconsistance, pourraient-ils former cette majorité ? Rien n’est moins sûr.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

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