[POINT DE VUE] Fuite massive de données à la DGFIP : et maintenant, que fait-on ?
Ils sont désolés. Ils sont vraiment désolés. La belle affaire. Vendredi 14 août, la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a présenté ses excuses pour la fuite de données massives qui a eu lieu au mois de juin et dont on n’est informé que maintenant. Ses excuses, bien sûr, mais pas sa démission. La décence commune a disparu des modes d’action traditionnels de la fonction publique. Quant aux politiques, on n'en parle même pas.
Ce sont donc les données personnelles de 678 000 contribuables, particuliers et professionnels, qui ont fuité à la suite d’une cyberattaque. Nom, prénom, quotient familial, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source de ces Français qui n’avaient rien demandé, se baladent désormais dans la nature. « Mercredi, un acteur malveillant a revendiqué un accès illégitime au système d’information de la direction générale des finances publiques, intervenu fin juin 2026, après une usurpation d’identité », dit seulement le communiqué du ministère de l’Économie et des Finances. Ce n’est même pas l’État qui tient le compte du nombre de victimes de cette attaque malveillante, puisque c’est le site French Breaches qui fournit un chiffre précis : 678 437 personnes, physiques ou morales, concernées, soit 392 867 particuliers et 285 570 professionnels. Les données siphonnées par les pirates seraient en vente, précise ce site sur X, pour quelques milliers d’euros, probablement sur le dark web. Et c’est encore French Breaches qui ajoute, dans une déclaration à l’AFP, qu’une nouvelle attaque aurait permis à des pirates (les mêmes, semble-t-il) de piquer, toujours sur cette passoire que semble être le site de la DGFIP, les informations de « près de 2 millions de propriétaires de biens immobiliers et fonciers en France ». Cette fois, ce sont les identifiants fonciers et les informations sur les parcelles cadastrales qui seraient apparemment exposés. À notre connaissance, la DGFIP n’a pas réagi à cette nouvelle attaque présumée, ni au fait que le pirate se vante d’avoir toujours accès au site gouvernemental.
À ce sujet — Piratage de l’administration fiscale : 678.000 contribuables concernés, la directrice générale s’excuse
Quelles mesures concrètes ?
Dans son communiqué concernant la fuite de données des contribuables, la DGFIP assure travailler en étroite liaison avec « le service du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu’avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) » - et une quantité sans doute faramineuse d’autres officines gouvernementales à acronymes tirés par les cheveux, et, semble-t-il, totalement inutiles.
Nous savions que nous étions le pays le plus taxé du monde, mais nous ignorions encore avec quelle redoutable facilité n’importe qui pouvait entrer dans les serveurs de l’État comme dans un moulin et se procurer nos informations personnelles. La DGFIP est championne du monde pour ratisser tout ce qu’elle peut, envoyer des relances, des recommandés, des majorations, des taxes et encore des taxes, comme le Prince Jean dans le Robin des Bois de Walt Disney... mais pour protéger les citoyens dont elle fait les poches, on repassera. Des impôts directs et indirects, des taxes foncières pour avoir le droit d’habiter chez soi, la TVA sur ce qu’on mange, les droits de succession pour dépouiller les morts, mais notre pays communiste, comme toutes les dictatures brejnéviennes, est aussi despotique qu’incapable.
Il reste à savoir quelles mesures concrètes prendra le gouvernement pour que cela n’arrive plus. On devine sans peine quelle sera la première réaction : une condamnation avec la plus grande de toutes les fermetés. Pas possible, malheureusement, de « se rendre sur place », dans l’immensité des espaces infinis du monde virtuel. Et puis, il n’y aura plus rien. Ce sera terminé jusqu’à la prochaine fuite. Après les possesseurs d’armes à feu, les contribuables et, apparemment, les propriétaires, on s’aperçoit (mais le découvre-t-on ?) que la France ne protège décidément personne.
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