[POINT DE VUE] Coupe du monde : Léaument défend le maillot haïtien… qui célèbre une défaite militaire de la France

On se demande bien ce qu’aurait dit Léaument si (rêvons un peu) l’équipe de France avait arboré un hommage discret à la bataille de Poitiers...
Capture d'écran YT Antoine Léaument
Capture d'écran YT Antoine Léaument

La Coupe du monde de football a commencé il y a quelques jours. On a coutume de dire, dans ce genre de cas, que les tensions politiques doivent cesser pour faire place à la beauté du sport et à la « communion » (un mot qui, aujourd’hui, désigne presque exclusivement le fait d’applaudir dans un stade). Les armes se taisent ; enfin, on essaie. Les pays participent à une compétition amicale ; enfin, presque tous. Bref, le football est censé unir les gens.

Ce n’est pas tout à fait le choix qu’a fait l’équipe nationale haïtienne. Ce pays des Caraïbes, qui s’est émancipé de la tutelle française au début du XIXe siècle, avait décidé de porter, sur son maillot, une image évoquant la bataille de Vertières, qui opposa, le 18 novembre 1803, les troupes de Rochambeau à celles de Dessalines, un général originaire de Saint-Domingue. Les Haïtiens, servis notamment par le courage incroyable du général Capois, dit Capois-la-Mort, emportèrent la victoire, forçant la France à mettre un terme à son expédition, à se retirer d’Haïti… et, par rebond, à vendre la Louisiane. En effet, avec l’indépendance d’Haïti, Napoléon vit disparaître son souhait de constituer un empire colonial continu aux Amériques et vendit, la même année, nos possessions aux États-Unis…

La mode est au décolonialisme, alors les Grenadiers, l’équipe nationale d’Haïti, ont dû trouver ça malin, on imagine. C’est facile de taper sur la France, elle ne se défend jamais. En revanche, la FIFA, elle, ne l'a pas entendu de cette oreille : la Coupe du monde de foot doit être un espace de neutralité. Elle a donc interdit aux Haïtiens d’arborer ce maillot et ils ont dû le changer. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’était sans compter La France insoumise.

Pour commémorer une défaite française, d’un seul coup, la guerre, c’est bien...

À LFI, il y a des haines pour tous les goûts, et il y a notamment un spécialiste de la haine de l’Histoire de France : Antoine Léaument. C’est l’enfant improbable qu’aurait eu l’infâme Robespierre avec le brillant Lorànt Deutsch. Comme ce dernier, il aime l’Histoire, mais comme le premier, il déteste la France - en tout cas, celle d’avant la Terreur. Le voici donc qui réagit, sur X, à cette interdiction de bon sens : « La bataille de Vertières est une immense bataille contre la France napoléonienne et contre le rétablissement de l'esclavage. Demander aux Haïtiens de changer de maillot est une honte. Soutien au peuple haïtien : cette bataille pour la liberté gagne à être connue ! »

 

Eh oui, quand c’est pour commémorer une défaite française, d’un seul coup, la guerre, c’est bien. Ils sont impayables – sauf par nos impôts, bien entendu. Comprendre que le football doit être un territoire neutre (et encore, bien souvent, ça ne fonctionne pas), c’est tout de même facile et ça ne demande théoriquement pas beaucoup d’efforts. Haïr son propre pays à ce point, en revanche, requiert une volonté de fer.

On se demande bien ce qu’aurait dit le député d’extrême gauche si (rêvons un peu) l’équipe de France avait arboré un hommage discret à la bataille de Verdun, d’Austerlitz ou même (on touche à la science-fiction)… de Poitiers. Il aurait trouvé ça indigne, militariste, nostalgique des heures sombres ou je ne sais quoi d’autre. C’est un peu comme le signe de croix de Kevin Nader, dont Sabine de Villeroché parlait hier, face aux élues voilées : le voile est un attribut neutre, la croix un « crime politique ». L’esclavage est un crime, sauf quand il est pratiqué par des extra-Européens. Vertières est un grand moment et Bouvines, on imagine, un carnage sans intérêt. Au moins, c’est clair. Antoine Léaument imagine-t-il un député de tout autre pays célébrer une défaite de sa propre armée ? On appelait des gens comme ça, il n’y a pas longtemps – mais peut-être est-ce désuet -, des traîtres.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 15/06/2026 à 12:30.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

50 commentaires

  1. « On appelait des gens comme ça, il n’y a pas longtemps – mais peut-être est-ce désuet – des traîtres. »
    Non, non, monsieur Florac, nom toujours d’actualité. On peut aussi affirmer « renégats »; mais mon plus grand chagrin est que je suis obligé de les rémunérer grassement. !

  2. Antoine Léaument est au sens de la contradiction, ce que la LFI est au respect de la démocratie, le néant !
    Ça doit venir de son éducation, partagé entre un père de-gauche et une mère gaulliste ! Apparemment, c’est la gauche qui a pris le dessus.
    Léaument est un p’tit bonhomme propre sur lui, tout en étant doté d’une agressivité qui cache le doute qui l’habite.
    Rien ne trouve grâce à ses yeux, en bon extrême gauchiste il ne craindrait pas renier son chef pour prendre sa place.

  3. Les gauchos , aucun traitement psychiatrique ne pourra les guérir de la haine d’eux-mêmes , ils sont incurables .

  4. Leaument c est récurrent est un anti France Avec Haïti il oublie que c est un des pays les plus pauvres du monde comme exemple de prospérité c est digne de LFI comme partout où l extrême gauche est au pouvoir

    • Tout commentaire ne sert à rien qu à alimenter la haine. LFI est un parti anti francais rempli de traitres.

  5. Des traîtres à qui, à quoi?
    Napoléon a du en affronter, notamment le roi de France allié à la perfide Albion, et qui s’est féliciter du sort de la bataille de Vertières. Toute défaite napoléonienne était bonne à prendre.
    Tout cela pour dire que la France ne se résume pas à un régime politique, napoléoniste ou pétainien, par exemple. Elle n’a pas toujours été non plus du bon côté de l’histoire, et il aurait été préférable qu’elle perde plus rapidement les guerres coloniales, ou vendent le Mali et la nouvelle Calédonie comme elle a vendu la Louisiane.

  6. Saluer la victoire de Vertières c’est se réjouir de l’avenir radieux qu’elle a opportunément offert au peuple haïtien. En réalité la situation en Haïti doit ravir ce monsieur Léaumont : il y règne l’égalité dans la misère intégrale .Le rêve doré d’un stalinien enragé.

  7. Haïti est actuellement le pays dont le PIB est le plus bas des Antilles et de l’Amérique du Sud. Ils ont peut-être eu cette unique victoire dans le passé, dont j’avoue n’avoir jamais entendu parler, mais cela ne leur a pas permis de sortir de la misère et des programmes internationaux d’aide alimentaire.
    Qu’à cela ne tienne, Leaument et tous ses amis de LFI sont toujours prêts à se prostituer moralement pour draguer les voix de la Nouvelle France.

  8. Et puis, ils ont vraiment bien fait, les Haïtiens, de se débarasser de la France. C’est une grande réussite.

    • Une naissance d’une nation dans la douleur. Difficile qu’il en soit autrement avec les germes à son origine : grand remplacement des indiens, déportations, esclavage, racisme…

  9. Haïti, c’est plus de 200 ans de triomphe sans partage en tête du guiness des records de décolonialisme.

  10. si on était mauvais, on rappellerait que Haïti est depuis longtemps indépendant, et où en sont-ils de leur niveau de vie ????

  11. Il m’est venu une idée : créer un maillot pour anticiper la défaite de Mélenchon à la présidentielle

  12. « bataille de Verdun, d’Austerlitz ou même (on touche à la science-fiction)…de Poitiers » Puis-je me permettre de vous suggérer d’y ajouter « la prise de la smalah d’Abd el Kader » de Vernet?

  13. Tout est bon pour taper sur la France
    Bêtise ou stratégie ?
    Peut-être vont-ils se saborder avant l’élection présidentielle pour peu que de véritables contradicteurs les mettent dans les cordes.

  14. Haïti est devenu un coupe gorge régit par des gangs, les gens normaux se barricadent chez eux, il n’y a plus un arbre (tous coupés pour faire du feu).
    Les gangs ont continué d’étendre leur emprise à Haïti, en contrôlant notamment des axes maritimes et routiers clés, dans un contexte de violence meurtrière persistante, a indiqué mardi le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, relevant que la violence implique également des forces de sécurité, des sociétés de sécurité privées et des groupes d’autodéfense.

    • L’autre moitié de l’île, la République dominicaine, se porte plutôt bien, elle, et elle n’est pas indépendante depuis le début du 19ème siècle, elle…

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