[POINT DE VUE] Attal dans le JDD : à droite toute ! On aurait presque envie d’y croire…
On est à moins d’un an de l’élection présidentielle et, à l’exception de Marine Le Pen, personne n’est encore assuré d’être présent au second tour. Gabriel Attal l’est peut-être moins, encore, que les autres, puisque les sondages le donnent encore derrière Édouard Philippe, lui-même au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon. C’est peut-être la raison pour laquelle l’ancien conseiller de cabinet de la socialiste Marisol Touraine, l’ancien ministre et Premier ministre de Macron, consacre, ce dimanche, un long entretien au JDD, organe des horribles « médias Bolloré » dans lequel il se montre bien plus droitier que prévu, au risque d'être taxé d'opportunisme, les vents soufflant à droite par les temps qui courent. Voyons donc cela.
Fermeté
Interrogé, pour commencer, sur l’invasion de migrants à Ceuta, M. Attal dit qu’il veut agir, expulser, être capable de fermer ses frontières en réformant les règles de l’espace Schengen, et de ne pas être tributaire des politiques laxistes des gouvernements voisins. Même fermeté sur les installations illégales de gens du voyage : « Il y en a marre », et il va présenter « des propositions très fortes ».
Est-ce pour relancer une candidature jusqu’ici un peu asthmatique ? Gabriel Attal balaie ces allégations d’un revers de main : il « progresse » grâce à sa campagne « en nette dynamique » - variante moderne, peut-être, de l’appréciation « en progrès constant » que l’on mettait jadis sur les mauvais bulletins scolaires. En tous les cas, bien décidé à « renverser la table », après en avoir pourtant été l’un des meilleurs clients, Gabriel Attal ne doute de rien. D'ailleurs - cerise sur le gâteau -, il veut même proposer aux Français, par référendum, « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ». Carrément !
Autorité
Posture volontariste, mots forts, punchlines bien trouvées : l’ancien protégé d’Emmanuel Macron ne fait l’impasse sur aucun poncif de l’ethos de droite. Il parle de référendum annuel - sur des sujets qu’il ne détaille pas -, de choc d’autorité, de construction de places de prison, de dégraissage de la fonction publique, de réduire le nombre de députés et sénateurs. Il pointe du doigt l’impunité des criminels, la « vetocratie » des résistances passives et le copinage parisien des politiques qui se renvoient l’ascenseur. Ce dernier point, bien sûr, est amusant, venant de quelqu’un qui a exclusivement vécu en Île-de-France, est un pur produit de l’élitisme scolaire parisien et aura donc du mal à convaincre qu’il est un nouveau Pierre Poujade ou un nouveau Jean Lassalle. Mais après tout, si ça l’amuse…
Audace
Il faut cependant reconnaître à Gabriel Attal une qualité qui ne vient pas de la droite : il ne dézingue personne. La droite française, la plus nulle, la plus bête du monde, se repaît ordinairement de querelles, de petites phrases et de trahisons. M. Attal, lui, n’a pas un mot pour critiquer son concurrent, Édouard Philippe, et préfère mettre en valeur son projet à lui plutôt que de descendre en flammes celui des autres. Une telle dignité (ou habileté), il faut en convenir, ne s’était plus vue depuis longtemps. On saluera, également, cette métaphore bien trouvée, dans un pays devenu frileux et hygiéniste : « Certains veulent faire rouler la France à 50 km/h, d’autres à 80. Moi, je veux qu’elle fonce à 140. Sinon, nous serons durablement dépassés. La Chine et les États-Unis ne nous attendent pas sur l’aire d’autoroute. » Attal fait du Sardou…
De bonnes idées, il y en a d’autres, comme par exemple le « spoil system » à la française, c’est-à-dire la possibilité, pour le Président, d’imposer ses équipes à tous les postes clés de l’administration publique. Maintenant, si ça pouvait annuler les nominations d’Emmanuel Macron, au crépuscule de son mandat : Ferrand au Conseil constitutionnel, Montchalin à la Cour des comptes, etc.
Encore une petite cuillère de droite : Attal termine sur la question des mineurs délinquants, parle de l’immigration qu’il faut réguler, des impôts confiscatoires et de la retraite, dans laquelle il faut, selon lui, ajouter une part de capitalisation. Tout ça est fort bien.
Au fond, l’entretien de Gabriel Attal n’a qu’un défaut : il est aux antipodes du parcours d’un homme qui a pourtant toujours baigné dans le marigot politique de sa courte vie. Et ce simple fait démonétise tout le reste.
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94 commentaires
Attal qui essaie de se donner un peu de virilité, viens de déclarer qu’ il fallait expluser les gens du voyage qui occupent indûment les terrains .
On croit peu a cette épisode de virilité.
Comme son mentor Fabius, il veut le pouvoir, et pis c’est tout ! Fabius allait chercher des croissants en charolaises pour faire peuple. Lui va discuter avec les cul-terreux sur des bottes de paille, pour faire agricole.
Ce type est une falsification, la nullité incarnée….
C’est un copié collé du programme Lisnard.
A sa place j aurais honte de mentir ainsi. Preuve que la gamelle est bonne puisqu’il le fait……
Le meilleur tailleur du meilleur costar d’Attal, c’est Branco. De l’Ecole Alsacienne au Crépuscule de la France, il est, comme dirait Béru, loqué façon gentleman-cambrioleur de la macronie.
Mais reconnaissons aussi que Barnier avait été aussi été bon faiseur lors de la passation de pouvoir à Matignon.
J ai lu l article sur le JDD .on croit rêver…tellement c est un programme de droite…après réflexion ce ne sont que des mensonges. Pour attirer quelques nigauds de droite !,,, hélas il y en a quand même….
M. Attal prend les électeurs pour des imbéciles . Malheureusement il n’a pas toujours tort .
La foire aux fourbes est ouverte ! en voici un des plus beaux exemplaires.
Nouveau sandwich pour un été brulant : Prenez deux tranches de Canadair débudgétisés, mettez y une tranche saucissonnée dans son p’tit habit d’un Attal tart(r)ufé….Vous aurez un ersatz d’un cocktail détonnant d’irresponsabilité qui empoisonnera définitivement la France, et vous laissera un gout de cendre dans la bouche.
Évidence que tous ces prétendants à la responsabilité suprême ne sont guère à la hauteur notamment ceux qui ont déjà gouverné sous Macron 1er et espérons dernier. La réalité c’est qu’ils savent très bien qui ne seront pas au deuxième tour face à Marine le Pen dont les sondages en font la favorite tout comme une majorité de français qui n’en peuvent plus de ces politicards de la gamelle. Leur bu est de faire comme d’habitude un barrage au RN espérant l’aide des abstentionnistes qui feront donc élire encore une fois un président par défaut dont Macron tirera les ficelles, en bref un pantin.
On se demande tout de même ce qu’il a bien pu faire lorsqu’il était aux commandes et en tous cas dans la cabine de pilotage depuis plusieurs années. Il entend renverser la tabe…lui qui n’a même pas déplacé un tabouret !
« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots, rien que de mots … »
Des mots creux, qui n’engagent que ceux qui les écoutent !
Si j’étais macroniste de droite – Dieu merci, je suis de droite mais pas dutout macroniste – je me poserais sérieusement la question : de Gabriel ATTAL ou Édouard PHILIPPE, pour qui voter au premier tour des présidentielles en 2027 ?
Mes amis de droite me diraient : entre la peste et la grippe, choisis la grippe, donc Édouard PHILIPPE, issu de la droite L.R., et qui doit avoir encore quelques réflexes ou souvenirs de ce côté là.
Mais mes amis de gauche – presque tous mes amis en fait – me diraient quant à eux : ATTAL est le meilleur choix, issu de la gauche certes, mais pragmatique et plutôt courageux comme on a pu le voir lorsqu’il fut un bon ministre de l’éducation nationale.
Les deux arguments peuvent s’entendre, j’en conviens.
Mais un autre groupe de mes amis – ceux qui n’ont plus aucune illusion sur les hommes politiques – me dirait sans doute : ce sont tous des menteurs, qui diraient n’importe quoi pour être élus. Donc, des deux, choisis qui tu veux, mais de toutes façons , tu seras trahi par celui que tu auras élu.
Ces trois analyses m’ont amené à réfléchir, et j’en suis arrivé à l’idée qu’il valait mieux peut être un ATTAL de gauche qui semble donner pas mal de gages à la droite plutôt qu’un PHILIPPE de
droite qui a déclaré à la fête de l’Huma qu’il ne s’interdisait pas de voter pour un communiste.
Car en politique plus qu’ailleurs, où le mensonge est roi, mieux vaut un menteur habile qu’un menteur demago. Ce qui n’est pas la même chose dutout.
Mais de toutes façons le problème ne se pose pas pour moi en 2027: si Dieu me prête vie, bien qu’inscrit au LR depuis longtemps et sympathisant de Bruno RETAILLEAU, je voterai vraisemblablement RN. Parce que je ne vois pas d’autre solution raisonnable.
c’est bien vous devenez lucide
Et si vous vous attachiez à juger des actes et des résultats ? Vous ne faites que vous interroger sur les maquillages que portent ces comédiens le temps d’une représentation théâtrale.
Bruno Retailleau est un homme respectable mais sa faute stratégique fut de croire qu’il était possible de faire quelque chose avec les macronistes en restant accroché au char brinqueballant des LR qui ne sont plus rien.
Mensonges, mensonges et mensonges… à très bonne école avec macron son guide suprême. « Parce que c’est son projet », être kalif à la place du kalif.