Editoriaux - Société - 12 juin 2019

PMA pour toutes et bébés à participation multiple…

C’est, assure-t-on, une question cruciale, un « enjeu sociétal » de première importance. D’ailleurs, c’était promis-juré-craché par terre, la révision de la loi de bioéthique allait enfin ouvrir la voie à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutES avant que l’année ne s’achève.

Je redis bien toutES et je mets les capitales à dessein, car dans notre société transgenre sans genres et très égalitariste, il s’agit d’autoriser aux femmes ce que, promis-juré-craché par terre, on n’offrira jamais aux hommes.

Vous y croyez ? Moi non plus. Mais passons…

Donc, à l’heure où j’écris, on attend fébrilement la déclaration de politique générale du Premier ministre Édouard Philippe. Il devrait, en principe, annoncer l’inscription de la fameuse révision de la loi de bioéthique à l’agenda parlementaire. La chose devrait être présentée au dernier Conseil des ministres précédant les vacances d’été et, donc, passer devant le Parlement à l’automne… à moins que ce ne soit aux calendes grecques.

Ben oui, il paraît que ce n’est pas tout à fait le consensus dans La République en marche. Il faut dire que le projet prévoit non seulement l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, mais surtout son complet remboursement par la Sécurité sociale. Qui est en train de replonger dans le rouge… Si bien que se fait jour une crainte sournoise dans les rangs du gouvernement : et si la France, qui fut très jaune ces derniers mois, n’avait pas envie de payer la fabrication artificielle des enfants alors qu’elle n’a pas les moyens de se payer des dents ou des lunettes ?

Politiquement hasardeux, voire dangereux… Si bien, rapporte Le Canard enchaîné, que les ministres Castaner et Le Drian auraient demandé à ce que le débat parlementaire soit reporté après les municipales. Nous saurons, ce soir, la décision du Premier ministre.

En attendant ce grand moment, je tenais à vous communiquer les dernières avancées dans la fabrication de ces nouveaux bébés, en quelque sorte « société anonyme à participation multiple ». C’est Jean-François Bouvet qui nous détaille la chose dans Le Point.

On connaissait déjà le don d’ovocyte, mais on a encore franchi un pas, celui d’« une autre révolution radicale en forme de dissociation : la possibilité de segmenter un projet d’enfant en le répartissant entre des partenaires multiples. Dernière étape de ce big bang procréatif : la naissance, en Grèce, le 9 avril, d’un bébé dont l’ADN est issu de trois parents différents. » Concrètement, on prend « l’ovocyte dont on conserve les mitochondries, mais que l’on prive de ses chromosomes pour y introduire ceux extraits de l’ovocyte de la future mère. C’est donc, alors, un ovocyte composite, formé à partir de ceux de deux femmes, qui sera fécondé par le sperme du père lors de la fécondation in vitro (FIV). »

Nous voilà donc, au mieux, avec deux mères pour un bébé. Lequel pourra, éventuellement, être porté par une troisième… Le premier bébé de cette facture a été fabriqué au Mexique par une équipe du New Hope Fertility Center de New York. Pourquoi au Mexique ? « Parce que “there are no rules”, il n’y a pas de règles, reconnaissait le Dr John Zhang », apprenti sorcier en chef. Pour le petit Grec né en avril, « il s’agissait uniquement dans ce cas de pallier une infertilité chez une femme de 32 ans dont les ovocytes ne semblaient pas de qualité suffisante ». Soit « un pas de plus vers la fragmentation du projet d’enfant, portant à six le nombre de partenaires potentiels : donneur de sperme, donneuse d’ovocytes, donneuse de mitochondries, mère porteuse et parents “intentionnels” ».

Elle est pas belle, la vie ?

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