Planning familial : des baisses de subventions qui sonnent comme la fin d’une ère

En Gironde, l'ARS a supprimé les financements de l'association faute de « résultats probants ».
Wikimedia Commons
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« Toutes les baisses de financements sont des choix politiques », affirmait, en mars dernier, dans les colonnes de Libération, la présidente nationale du Planning familial, Sarah Durocher.

La patronne de l’association prédisait peut-être là la suppression, au début du mois de juin, des quelque 3.000 euros annuels de subventions autrefois alloués par la municipalité de Carpentras à l’antenne du Vaucluse. Hervé de Lépinau, récemment élu maire sous l’étiquette RN, avait alors motivé sa décision en rappelant que le principe de neutralité était régulièrement bafoué par la structure, connue pour avoir à de nombreuses reprises appelé à faire barrage au Rassemblement national et à voter pour le Nouveau Front populaire, notamment en faveur du député triple fiché S Raphaël Arnault.

Mais en Gironde, c’est un tout autre reproche qui semble avoir été adressé à l’association, qui se présente comme « le plus grand réseau associatif et militant à offrir des services de santé sexuelle en France » et un acteur incontournable de « l’éducation populaire ». Derrière les cris d’alarme largement relayés par une presse acquise à sa cause, c’est en réalité faute d’avoir convaincu l’agence régionale de santé (ARS) sur ses résultats que l’antenne a vu disparaître 160.000 euros de financements, soit un tiers de son budget.

Une efficacité contestée

Une décision que les membres, sans doute trop habitués à voir leur travail encensé de toute part, ont du mal à comprendre. « Cela fait soixante-dix ans qu’on éduque, qu’on fait de la prévention, qu’on accompagne. Et on nous dit que tout ce qu’on fait ne sert à rien ! », s’est ainsi indigné, auprès de Mediapart, un membre du conseil d’administration.

C’est en tout cas ce que semble croire l’ARS. Comme le rapporte Le Monde, l’agence estime avoir laissé au Planning familial le temps nécessaire pour démontrer l’efficacité de ses actions de prévention. Or, après plusieurs années de financement, les résultats avancés n’auraient pas été jugés suffisamment « probants » pour justifier le maintien de l’aide publique.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les relations entre l’association qui promeut « l'autodétermination » de genre auprès des enfants et l’agence régionale de santé se tendent. En 2024, déjà, l’ARS avait envisagé de réduire de moitié ses subventions, sur fond notamment de désaccords sur certaines méthodes employées en milieu scolaire. L’association avait fait des pieds et des mains en mobilisant politiques et militants pour obtenir gain de cause et, sous la pression, l’ARS avait cédé. Cette fois, la décision a été maintenue.

Des tensions récurrentes avec les financeurs publics

L’année dernière, dans les Pays de la Loire, la région a décidé d’amputer de 66.170 euros le budget du Planning familial en invoquant une « priorisation du service public ». En somme, l’association n’a pas su se montrer indispensable et la collectivité a décidé d’utiliser plus sagement l’argent du contribuable dans son vaste plan d’économies. Et de fait, seuls des cours d’éducation sexuelle ont pâti de cette amputation budgétaire.

Plus délicat, en revanche, les questions liées au respect du principe de neutralité ont conduit l’antenne du Calvados à se heurter à un refus de financement de la Caisse d’allocations familiales (CAF), après deux premières diminutions de 5.000 euros en 2023 puis 4.000 euros en 2024.

Face aux réserves exprimées, la CAF a finalement opposé un rappel au règlement, rappelant l’interdiction de toute forme de prosélytisme et l’exigence de neutralité des actions financées. Or, tout comme d’autres associations qui se sont vu sucrer leurs subventions par la CAF, le Planning familial du Calvados avait bien « signé une tribune pour s’opposer à l’extrême droite lors des législatives de 2024 ».

Une remise en cause durable

Décisions arbitraires ou respect du contribuable et simple application de la loi qui refuse les financements publics aux associations partisanes ? La présidente pourra toujours qualifier ces décisions de « politiques », comme le répètent les bénévoles à chaque baisse de financements. Mais la vérité, plus prosaïque, est plutôt que le Planning familial (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) ne convainc plus et que la légitimité dont il se prévaut depuis 70 ans commence peu à peu à se faire très relative, même aux yeux des institutions publiques…

Vos commentaires

39 commentaires

  1. 70 ans qu’ils forment, qu’ils éduquent etc…. ..on voit le résultat. Si il y a subvention, cela doit etre contrôlé , a savoir où passe l’argent. La ?

  2. Si on cherche bien, il y a d’autres associations que l on ne devrait plus financer. L ère devrait être aux économies. Mais J ai bien peur que ce que l on économise d un côté, on le dépense de l autre dans l inutile.

  3. Pour ce qui est de la diffudion du wokisme le planning familial atteint, voire dépasse, tous les objectifs qu’il s’assigne. Pour ce qui est du reste ça n’est pas prioritaire. Quand va-t-on faire le grand ménage des subventions allouées aux associations mais aussi dans les réductions d’impôts liées aux dons qui leurs sont faits ?

  4. Les gauchistes passent leur temps à couper la branche sur laquelle ils sont assis, puis un jour tombent et expriment leur mécontentement. Il faut leur dire aussi que la France n’est pas assez riche pour financer la terre entière donc un moment il faut choisir entre aider ses voisins ou aider le pékinois à l’autre bout du monde. Ils ne peuvent pas pratiquer la culture du partage pour après se plaindre d’être pauvre!

    • Quand bien même si la France en avait les moyens.
      Il y a aucune raison pour aider les Pékinois ou autres pays étrangers.
      Préférence nationale.
      Les pays africains aident ils la France ?

  5. Quand vous savez que cet organisme de tarés prône qu’un homme peut-être « enceint ». Autant dire aussi que les vers de terre peuvent voler. On est un pays complètement à la ramasse. Supprimer toutes les subventions à ces tocards.

  6. Il faut remettre le régime des subventions d’où qu’elles viennent a plat et ne les donner qu’a celles qui mettent en valeur le patrimoine historiques, culinaire, les traditions toutes les autres doivent uniquement ce débrouiller avec les cotisations de leurs membres.
    Au cas ou une institutions de l’état passerait outre (mairie, conseil départemental….) elle ce verrait automatiquement amputer des donations de l’état ; l’argent des français n’est là pour engraisser des fainéants et autres suceurs de subvention a des fin personnel.

    • Le budget du planning familial devrait être proportionnel au nombre de naissance.
      De même la rémunération du ministère de l’emploi inversement proportionnelle à celle du taux de chômage….

  7. Il est grand temps qu’on supprime ce genre de structures totalement inefficaces, sauf à dire qu’un homme peut être enceint. Il reste bien des associations à ne plus subventionner et donc de faire des économies. Inutile de leur acheter un bâton pour nous battre.

  8. Ce machin qui prétend que les hommes peuvent être enceint ne sert a rien .les cours de biologie a l’école et les dispensaires médicaux, les pharmaciens donne la pilule .
    Tout les jeunes savent les moyens de contraception.
    Les pubs tv se font sur les préservatifs

  9. Censé conseiller en matière de contraception pour limiter les avortements, le planning familial a échoué au delà du pensable vu le nombre d’avortements. C’est la même chose pour les MST ou la vaccination contre le papillomavirus pour protéger des cancers, le planning est un échec incroyable.

  10. Cet article est fait avec « une pudeur de gazelle » qui caractérise la non volonté de voir à quel point toute cette arnaque financière guidée par une idéologie à minima « woke » ! …
    La décadence s’est mise « en marche » bien avant mai 2017 mais « ça » s’est propagé de façon exponentielle à tous les secteurs ! …
    La putréfaction est totale partout où l’on prend « le temps » de regarder ! …

  11. Sarah Durocher a entièrement raison: les baisses de financement résultent de choix politique. Des choix que certains maires, souvent RN, commencent à faire. Et, vu l’ampleur de la dette qui pèse sur les français, dette que Macron a fait exploser, de tels choix s’imposeront de plus en plus aux élus des collectivités. Je n’ai pas de boule de cristal et suis incapable de lire, mais je suis persuadé, qu’après mai 2027, si les élections ont eut lieu, l’UE, le FMI, la BCE se pencheront sur le cas de la France pour tenter d’imposer un scénario à la « grec »… Et là, les dotations de l’Etat aux collectivités seront forcément rognées ce qui aura un impact négatif sur les budgets des collectivités. Les conséquences seront lourdes et multiples, notamment dans la « distribution » de subvention. Les maires RN et autres qui ont commencé coupé dans certaines subventions ont anticipé ce mouvement. Cela dit, que Sarah Durocher ait conscience ou non des lourdes hypothèques qui pèsent sur les finances françaises, elle a raison de se faire du mouron. la fête est sur le point de se finir… Les fémino gauchistes à qui il restera de la petite monnaie pourront se cotiser et combler le manque de ressource du Planning dit familial! Ce qui nous pend au nez impactera tout le monde et le plus lourdement ceux qui tirent d’ores et déjà le diable par la queue pour boucler leur mois! Pour un nombre sans cesse croissant, ce ne sont plus les fins de mois qui sont difficiles, mais les 30 derniers jours! Coluche, mort an 1986, blaguait ce sujet. 9 années de régime macroniste ont accéléré ce mouvement!

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