Paul-Marie Coûteaux : « Sur presque tous les sujets, Emmanuel Macron joue contre les intérêts de la France »

Nouveaux propos polémiques tenus par lors de son retour de Jérusalem. Le Président estime que la guerre d’Algérie peut avoir « le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ».

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Paul-Marie Coûteaux, qui s’insurge contre ce Président qui multiplie « les critiques acerbes contre son pays » et « les bourdes diplomatiques ».

La guerre d’Algérie serait comparable à la Shoah, selon les mots d’Emmanuel Macron à un journaliste du Figaro lors de son retour d’Israël. Ces mots ont été très mal accueillis. Selon vous, qu’a voulu dire le président de la République ?

Les mots étaient les suivants « La guerre d’Algérie peut avoir le même statut que ce qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». La phrase est absurde. Une guerre n’a pas de statut si ce n’est celui de guerre. Cela n’a pas de rapport avec la Shoah.

Il avait déjà tenu des propos similaires pendant sa campagne présidentielle. J’ai été sidéré d’ailleurs que cela n’ait pas empêché son élection. Si les Français étaient encore conscients d’eux-même et avaient un sens de la dignité nationale, ils n’auraient pas élu un personnage qui accuse la France d’un crime contre l’humanité comme il l’a fait en Algérie à propos de ladite guerre d’Algérie. Depuis lors, Emmanuel Macron multiplie les critiques souvent acerbes contre son pays. Ce n’est d’abord absolument pas la fonction d’un président de la République. Ensuite, il émet souvent ces critique lors de voyages à l’étranger. Il déprécie son pays devant des puissances étrangères. Il l’a fait en Hongrie, en Slovénie, au Danemark. On ne compte plus ses bourdes diplomatiques, car ce sont bien des bourdes. Cela stupéfait tout le monde. Elles font rire, sourire ou consternent – selon le degré d’affection de chacun pour la France – un très grand nombre de chancelleries à travers le monde.

C’est un amateur. Tout le monde se rend compte que le président de la République n’est pas à la hauteur de sa fonction et qu’il n’est pas, d’une certaine façon, normalement constitué. Il n’est en tout cas pas intellectuellement normalement constitué. Tout est erratique et il contrôle toute l’information. Ses ministres sont épuisés, car il donne des ordres et des contre-ordres.

 

On présente souvent le président de la République comme quelqu’un avec une pensée complexe, peut-être trop complexe…

Elle n’est pas complexe, c’est de la choucroute philosophique. Sylvain Fort était une plume très correcte. Il arrivait alors à sortir des discours à peu près cohérents qui avaient leur force. Ce n’était plus du tout le cas quand il s’est pris d’écrire ses discours par lui-même Je prendrais juste en exemple le discours devant le Congrès réuni à Versailles en 2017, peu après son élection. Je défie à quiconque de comprendre quoi que ce soit à ce discours qui avait duré une heure et demi. D’ailleurs les députés étaient consternés et avaient renoncé à comprendre. Personne n’avait pu en retenir quoi que ce soit. C’était un mélange de Derrida, de Paul Ricoeur et de quantité de philosophes qu’il a très mal ingurgités.

 

 

L’initiative démocrate aux États-Unis qui voudrait empêcher Trump de finir son mandat vous inspire-t-elle pour la France ?

 

Ce que je disais sur Macron en matière de politique étrangère vaut pour tous les sujets, y compris en politique intérieure. On peut à ce titre prendre l’exemple des retraites. En multipliant les présentations absconses de sa réforme, plus personne n’y comprend rien. Moi-même, et j’ai pourtant été élève à l’ENA, je ne comprends plus rien à la réforme des retraites. Aussi bien que je ne peux même plus dire si je suis pour ou contre. Mais c’est voulu. Les Français se disent que si c’est flou, il y a un loup. De ce fait, ils descendent dans la rue. Il a ainsi toute légitimité à privatiser tout ce qu’il peut, en particulier tous les services publics. Le projet macronien consiste à privatiser des aéroports au réseau ferroviaire et à peu près tout ce qui lui tombe sous la main. Cela vaut pour en matière industrielle.  Thomsom n’est pas la seule affaire, Latecoere en est une autre. Il a lui-même fait venir Latecoere en France. Il laisse le patrimoine industriel français à des capitaux américains. Ensuite, ils deviennent majoritaires et emportent le morceau.

Avec Macron, C’est la trahison nationale à tous les étages !

Pour revenir à votre question. Il n’y a cependant pas en France de mécanisme institutionnel aussi précis que l’impeachment américain. Il y a certes la comparution pour trahison devant la Haute Cour de justice, mais il faudrait une majorité. Et dans l’état de l’opposition servile que nous connaissons, la perspective est impossible…En France, l’impeachment, est plutôt populaire. Au lieu de manifester contre les retraites, il faut arriver à créer une coordination des forces nationales. Tout le monde est le bienvenu. Il faut manifester pour exiger la démission du président de la République. Nous sommes déjà dans une situation pré-insurrectionnelle. On en arrive à placer des drapeaux algériens sur les toits des lycées français. C’est d’ailleurs la conséquence de ce qu’il dit à propos de la Shoah. Si la France a commis un crime comparable à la Shoah en Algérie, les Algériens sont fondés à venir se venger ici. Il donne une légitimité à ceux qui veulent détruire la France.

On ne compte par ailleurs plus le nombre de fois où l’État  s’assoit sur plusieurs articles de la Constitution. Ce fut le cas de l’article 23 avec l’affaire Delevoye, mais on ne les compte plus.

Sur à peu près tous les sujets, Macron joue systématiquement contre les intérêts de la France. On a rarement atteint un tel point de corruption du pouvoir d’État.

 

 

 

 

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