Les principaux – bien que pas les seuls – responsables de ce chiffre angoissant* sont les macronistes !

Edgar Faure, un des hommes les plus intelligents de la IVe République, contractait sans trop d’hésitations des alliances diverses pour former un gouvernement. C’est la proportionnelle qui le poussait à ce genre de gymnastique. Une fois à gauche, une autre à droite…

On le qualifiait de « girouette ». Il répondait : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent qui la fait tourner. »

Si LREM avait, par nécessité, noué des alliances, on ne le lui reprocherait donc pas. Mais ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées.

En 2017, des femmes et des hommes politiques venus de la gauche et de la droite ont purement et simplement fait allégeance au seigneur qu’ils s’étaient choisi. Et Macron, du haut de son pouvoir, les a adoubés. Ils sont devenus ses obligés et ses vassaux.

Quand ils étaient encore membres du PS ou des Républicains, on pouvait encore les créditer d’avoir des idées politiques. En se soumettant à Macron, qui n’en avait aucune, ils ont abdiqué leurs convictions.

Comment s’étonner, alors, de voir monter chez les Français, qui en était déjà convaincus bien avant Macron, le sentiment que les politiques ne cherchaient que des postes ? La défiance et le dégoût furent au rendez-vous.

Une fois arrivés au pouvoir, les macronistes de toutes origines se sont comportés comme des nouveaux riches. Étalage de leur pouvoir, arrogance à tous les étages. Pourquoi en aurait-il été autrement, car ils n’avaient de compte à rendre qu’à leur chef. Les vrais riches savent ce qu’est la discrétion. Les nouveaux s’exhibent, s’affichent et s’en enorgueillissent.

Il n’y a chez LREM, soyons juste, pas plus de corrompus que lors des présidences précédentes. Quelques scandales retentissants ont, en effet, émaillé les règnes de Hollande, de Sarkozy et de Chirac. Mais ce qui accable les macronistes, c’est que, comme tous les nouveaux riches, ils ne connaissent pas le mot « décence ».

Si ce mot avait, pour eux, fait sens, jamais François de Rugy ne se serait goinfré de homards. Il n’avait pourtant rien commis de délictueux. Juste qu’il se croyait tout permis : son comportement était tout bonnement indécent.

Les derniers épisodes de la saga macroniste sont du même tonneau. Comment a-t-on pu choisir, pour s’occuper des retraites, un homme, Jean Paul Delevoye, lié aux compagnies d’assurance ? Comment a-t-on pu désigner Jacques Maire, détenteur de plus de 300.000 euros d’actions chez Axa, comme rapporteur de la commission parlementaire sur les retraites ?

Là non plus, rien de délictueux : l’arrogance aveugle des nouveaux riches. Le pire, peut-être, pour la démocratie, c’est le lamentable défilés des LREM, ex-Républicains, venus faire amende honorable pour leurs péchés passés : hostilité à la PMA et au mariage pour tous.

Avant de se soumettre à Macron, ils avaient des convictions. Et soudain, ils n’en ont plus.

On ne s’étonnera pas que les Français en soient dégoûtés et écœurés. Il ne faudra pas, non plus, être surpris si un démagogue dégagiste, de gauche ou de droite, accède à la fonction suprême.

*Ce sondage du CEVIPOF date de l’année dernière. Les choses n’ont pas dû s’arranger depuis.

29 février 2020

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