Où l’on voit que le wokisme est un puits sans fond : la chanteuse Adele accusée de transphobie !

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Au train d’enfer où la bêtise woke se répand, il va devenir très dangereux de s’avouer satisfait de son propre sort : cela risque de blesser les insatisfaits chroniques qui pourraient en demander raison.

C’est, en gros, ce qui arrive à la chanteuse Adele, artiste qui collectionne les récompenses et les ventes record depuis ses débuts. Les chiffres donnent le tournis : des albums vendus par centaines de millions, 147 récompenses, 15 Grammy Awards, une des plus grosses fortunes d’Angleterre… Et puis, un jour, la chanteuse s’efface. Divorce, malaise existentiel… Elle réapparaît en novembre dernier avec un nouvel album (30) et une nouvelle silhouette qui déchaînent les passions.

La chanteuse aux rondeurs est devenue sylphide. C’est ainsi qu’elle est apparue, mardi, à la cérémonie des Brit Awards, dans une superbe robe fourreau de velours noir, les épaules sortant d’une mousseline arachnéenne, ses cheveux blonds coulant en cascade comme au temps du glamour hollywoodien.

Précisons que ces Brit Awards 2022 étaient la première cérémonie « non sexiste » de remise de prix musicaux, les artistes masculins et féminins y concourant dans les mêmes catégories. Or, voilà qu’Adele, victorieuse, venant sur la scène de l’O2 Arena recevoir son trophée d’Artiste de l’année, fait cette déclaration scandaleuse : « Je comprends pourquoi le nom de ce prix a changé, mais j’adore être une femme et être une artiste féminine – vraiment ! Je suis vraiment fière de nous, je le suis vraiment, vraiment. »

Horreur! Le monde s’effondre, les illusions aussi car ce « nous », vous l’avez compris, ce sont les femmes, les porteuses d’utérus, les « en capacité de faire un enfant ». C’est une discrimination, une revendication à tendance « sororitaire », un sexisme affiché. Des téléspectateurs s’indignent : Adele ne serait-elle pas une TERF (pour trans-exclusionary radical feminist), c’est-à-dire une féministe qui exclut les droits des femmes transgenres de sa défense des droits des femmes ?

To be or not to be a woman, that is not the seule question : il y a aussi celle de la couleur. Et de l’accent.

Cette fois ça se passe de l’autre côté de l’Atlantique. La coupable s’appelle Awkwafina, de son vrai nom Nora Lum. C’est une rappeuse et comédienne américaine d'origine chinoise et sud-coréenne qui a grandi dans le Queens, à New York. Elle fait « du hip-hop alternatif et rap de la côte Est », nous dit-on. (Y aurait-il aussi un rap de la côte Ouest et un du Middle West ?)

Le crime d’Awkwafina est d’avoir usé, dans certains de ses rôles, du « blaccent » (pour black accent). Autrement dit, elle a parlé comme les Afro-Américains, et ça, voyez-vous, c’est une offense intolérable. « Alors qu’elle empruntait à la culture noire pour se faire un nom, [...] Nora Lum a interprété une série de stéréotypes raciaux pour être cool et avoir du poids, et grâce à cette posture, elle est passée de rappeuse virale sur Internet à actrice acclamée par la critique », a accusé un article publié de Vice en 2020.

Bref, rapporte Le HuffPost, Awkwafina est, depuis, harcelée sur Twitter. Elle vient donc de se retirer du gazouillis malsain avec ce message : « Je me retire de l’ongle incarné qu’est Twitter. Je ne me retire de rien d’autre [...] Je suis toujours disponible sur tous les autres réseaux sociaux qui ne vous disent pas de vous suicider ! »

Plus que l’accent, on reproche à la rappeuse de s’être appropriée l’AAVE, l’anglais vernaculaire afro-américain. À quoi elle répond que tout le monde, dans le hip-hop, utilise « librement l’AAVE ». Mais elle fait toutefois amende honorable en déclarant : « En tant que personne de couleur non noire, je maintiens le fait que je travaillerai toujours sans relâche pour comprendre l’histoire et le contexte des AAVE, ce qui est jugé approprié ou rétrograde pour le progrès de TOUT et de TOUS les groupes marginalisés. »

Pas sûr que cet acte de contrition soit suffisant…

Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Comment font-iels pour faire PiPi, les Non-Binair.e.s ? Si iels n’ont ni le [ 1 ] des petits garçons. ni le ) 0 ( des petites filles ????

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