Qu’on se le dise, Olivier Véran est un ministre malheureux. Et, à en croire Le Parisien de ce 12 juin, il entend que cela se sache : « Je suis passé de journées composées à 200 % par du Covid à des journées composées à 100 % par du Covid. » Osera-t-on lui faire remarquer que pour un ministre de la officiant en pleine pandémie, c’est bien le moindre des efforts à accomplir ? Oui.

Et cette pauvre petite chose meurtrie de se lamenter de n’avoir que quelques heures à lui, consacrées à la boxe une fois par semaine et au piano. Sortez les mouchoirs : « Quand j’ai dix minutes à perdre, je travaille les Consolations de Franz Liszt. » Perdre du temps à jouer du Liszt ? Béotien… On espère au moins qu’il a le temps de se changer avant de taquiner le clavier, parce que dégringoler des arpèges avec des gants de boxe n’est pas forcément à la portée du premier pianiste venu, même le grand Keith Jarrett.

À sa décharge, on dira qu’Olivier Véran a été propulsé à ce poste afin de remplacer son prédécesseur, Agnès Buzyn, elle-même catapultée aux élections parisiennes pour cause d’empêchement d’un , pris la main dans le sac – ou le slip, pour être plus précis. Pourtant, résume un proche de l’Élysée, cité par Le Parisien : « La l’a révélé, il s’est révélé dans la crise. » C’est beau.

Il est vrai que l’épisode sanitaire a permis au principal intéressé de montrer son véritable visage : une modestie naturelle, une gentillesse innée doublée d’une bienveillance de chaque instant. Enfin, c’est façon de causer.

Un autre « proche », toujours selon les mêmes sources, se montre pourtant moins enthousiaste : « Olivier Véran joue sa survie… » Il lui faut donc se réinventer. Et comme c’est généralement dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, le voilà donc parti en guerre contre , faisant ainsi assaut d’héroïsme, d’abnégation et, surtout, d’originalité.

Déjà, en mars dernier, il accuse la présidente du Rassemblement national de « s’opposer systématiquement à tout, avec cynisme et lâcheté ». Là, entre un uppercut en pleine face et trois trilles au piano exécutées avec des gants à deux doigts, il a dû confondre avec le chanteur Francis Lalanne. Car s’il y en a bien eu une à ne pas s’être trop opposée à la politique gouvernementale, ce, à rebours d’une partie de son électorat présumé en refusant de sombrer dans le complotisme – on veut nous vacciner de force, on nous met tous en prison, tandis que la tyrannie sanitaire est –, c’est bien elle.

Et le même de récidiver, ce dimanche dernier, en une envolée pour le moins énigmatique, permettant de constater que même ces drogues données pour « douces » sont susceptibles de causer des ravages insoupçonnés. Attachez bien vos ceintures, éteignez vos cigarettes car le décollage est imminent : « Les alliés objectifs de madame Le Pen, partout dans le monde, ont été des alliés objectifs de la diffusion du virus. » C’est cela, oui… comme disait Thierry Lhermitte dans Le père Noël est une ordure.

Que Marine Le Pen ait rencontré dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2017, quoi de plus logique pour une prétendante à la magistrature suprême ? Mais il n’aura pas échappé au docteur Véran que les Russes ne sont pour rien dans la diffusion du Covid, à moins de croire (et c’est peut-être le cas) que le patron du Kremlin ne soit un reptilien de l’espèce à chapka.

Quant aux Chinois, est-ce à croire qu’ils auraient sciemment diffusé ce virus ? Notre ministre en proie au spleen devrait lire autre chose que les mémoires de Jean-Marie Bigard avant de s’endormir. Ce, d’autant plus que Marine Le Pen n’a pas été, à ce que l’on sache, officiellement invitée à Pékin.

Remarquez qu’à ce train, elle pourrait bien y aller l’année prochaine, dans un avion présidentiel. Quitte à se réinventer, Olivier Véran pourra toujours se proposer pour lui porter ses bagages.

14 juin 2021

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