Editoriaux - Santé - Sciences - Société - Tribune - 14 juin 2019

Non à la PMA sans père

Lors de son discours de politique générale, Édouard Philippe a confirmé la volonté de l’exécutif d’inscrire la PMA sans père au calendrier des réformes parlementaires dès la fin septembre. Pourtant, relancer un débat de société aujourd’hui n’aurait pour seul effet que de diviser, une fois de plus, les Français. Malgré ce que déclarent les soutiens du Président, il n’y a aucune urgence à vouloir priver des enfants de père.

Une division de la société : le président de la République ne réalise-t-il pas que la société française est déjà fracturée à la suite de la crise des gilets jaunes ? Ouvrir ces débats de société aurait pour conséquence de diviser les Français à un moment du quinquennat où Emmanuel Macron devrait plutôt tenter de les rassembler. Le Président n’avait-il pas dit qu’il s’engagerait pour l’ouverture de l’accès à la PMA une fois qu’il aurait établi un consensus au sein de la société ? Force est de constater que ce consensus n’existe pas.

Emmanuel Macron devrait apprendre qu’un président de la République gouverne pour le peuple français dans sa globalité et pas pour des minorités.

Une réforme non prioritaire : alors que le grand débat national s’est achevé, n’y a-t-il pas des réformes plus urgentes ? Les Français attendent une augmentation de leur pouvoir d’achat, une réforme des systèmes de retraite, une réforme des institutions et davantage de sécurité. Le gouvernement ferait bien de s’atteler à toutes ces réformes en premier lieu. N’en déplaise à Stanislas Guerini, la loi « PMA sans père » n’est une priorité que pour seulement 1 % des Français (sondage IFOP).

Un projet plein de dangers : ce projet de loi comporte également de nombreuses dérives qu’il est important de dénoncer avant qu’il ne soit voté. En effet, c’est au nom d’une prétendue égalité devant un prétendu droit à l’enfant qu’une minorité réclame l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Demain, qui empêchera les hommes, au nom de cette même égalité, de réclamer la légalisation de la GPA ? Ceux qui, hier, promettaient que la PMA ne serait pas ouverte aux couples de femmes et femmes seules seront les premiers à défendre la GPA en France. Ce projet de loi est donc la première marche vers la GPA.

Ouvrir la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, c’est également priver sciemment un enfant de son père. Aujourd’hui, l’État accepte délibérément de laisser des enfants orphelins de père, contrairement à ses engagements auprès de la Convention internationale des droits de l’enfant. Emmanuel Macron est donc responsable de la destruction de la filiation biologique. Bientôt, nous arriverons dans le « meilleur des mondes » (Aldous Huxley) où les enfants ne seront plus que des éprouvettes sans père ni mère. Un désir d’enfant, aussi légitime soit-il, ne justifie pas que l’on ampute cet enfant d’une partie de sa filiation.

La loi « PMA sans père » détourne, enfin, la médecine de son but thérapeutique. Désormais, la médecine servira à combler les désirs de chacun, allant même contre la nature.

Compte tenu de ces conséquences dramatiques et du contexte national, l’exécutif devrait renoncer à ce projet de loi pour protéger les enfants. S’il persiste, Emmanuel Macron prend le risque de se retrouver avec une nouvelle mobilisation sociale dans la rue.

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