Editoriaux - Politique - 10 juin 2019

Municipales : et si les 25.000 communes de France qui ont dit non à Macron élisaient un maire MVMF ?

Les municipales sont, traditionnellement, une élection difficile pour le Rassemblement national, qui manque d’implantation. Par ailleurs, la lecture des résultats est toujours compliquée et un Président habile comme le nôtre et capable de transformer son revers des européennes en victoire médiatique n’aura aucun souci à monter en épingle la victoire de ses affidés ou ralliés de la veille dans les grandes villes. D’autant plus que, dans la très grande majorité des petites villes ou villages de France, les listes et les maires sont sans étiquette. La signification politique des municipales peut être, ainsi, facilement faussée et la carte de 2020 se colorer artificiellement en rose Macron. Ce serait dommage car elle aura des conséquences sur la fin du quinquennat et sur 2022.

Or, élection après élection, cette France invisible, périphérique, des petites villes et des villages, place le Rassemblement national en tête. Rappelons les chiffres : 78 départements et 25.000 communes, lors des européennes, il y a quinze jours. Il serait dommage que cette réalité, pour le plus grand bonheur d’Emmanuel Macron, reste invisible. Mais on sait, aussi, combien il est difficile, dans un village ou une petite ville, d’apparaître encarté. La sagesse conseille le SE (sans étiquette).

Et si, pour ces municipales de 2020, cette France oubliée se rappelait au souvenir des grandes villes, des urbains et des bobos qui décident pour elle ? Par exemple, en adoptant une étiquette MVMF : mon village (ou ma ville) ma France ? Histoire de dire qu’il faudra compter avec elle. Car tenir à son village, à sa petite ville, s’engager pour elle et ses habitants, c’est, humblement, tenir aussi à « une certaine idée de la France », de ses paysages, de son patrimoine, de sa culture. C’est refuser la mondialisation et la financiarisation. C’est choisir la proximité et le bon sens. L’ici plutôt que le partout et le nulle part.

À l’heure où les grands partis d’avant se sont effondrés et où celui du Président a pour ambition d’occuper tout l’espace, il serait bon que la France « des territoires », comme ils disent, se mobilise et se rende visible. La carte électorale en serait changée. La France s’en trouverait mieux. Et notre Président moins insolent.

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