De la plus grande métropole comme Toulouse à la plus petite sous-préfecture de la France périphérique comme Villeneuve-sur-Lot, les candidats LR aux municipales ont choisi d’être soutenus par LREM, le parti d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas un fantasme d’antimacroniste primaire, non, c’est Le Monde qui le dit :

« Rouen, Toulouse, Nice, Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Sète (Hérault), la liste des villes où les partis Les Républicains et La République en marche soutiendront, avec ou sans pincettes, le même candidat aux municipales s’allonge au fil des commissions d’investiture. »

Certains assument. D’autres sont un peu gênés. D’autres, enfin, nous expliquent, comme Stéphane Piednoir, sénateur LR chargé des arrangements de M. Béchu, maire d’Angers, ex-LR champion de ces larges arrangements, que « ceux qui voudraient que ce soit tout blanc ou tout noir oublient que la politique, c’est souvent gris ». Oui, et parfois très très gris…

Mais cette collusion pour le moins embarrassante ne sera pas sans conséquences.

À court terme, LR pourra, en mars prochain, pavoiser, si tout se passe comme prévu, et s’afficher comme la première force « des territoires », comme ils disent, en comptant les villes conservées grâce à ce cumul de soutiens. Mais LREM pourra en faire autant, puisqu’ils étaient sur le porte-bagages. Or, pour les municipales, dans les villages et les petites villes – vous savez, là où les gens ne votent pas comme il faut -, les maires sont le plus souvent sans étiquette. Donc Christophe Castaner pourra sereinement annoncer la victoire des LR et des LR soutenus par LREM. Une victoire des étiquettes, quoi. Et elles sont nombreuses à soutenir ces candidats illisibles, comme le rappelle Le Monde : « À Toulouse, , qui n’a demandé aucune investiture, a reçu toutes les accolades, ou presque : Soyons libres, Les Républicains, La République en marche, le Mouvement radical/social-libéral, Agir, l’UDI. Un rassemblement très, très large. »

Mais, à moyen terme, en acceptant ce soutien pour conserver leurs municipalités, les LR n’ont même pas vu qu’ils s’ôtaient toute crédibilité, toute chance de rebond pour les élections présidentielles de 2022. Allez, dès avril 2020, raconter aux Français que vous êtes dans l’opposition à quand c’est à lui que vous devez d’avoir conservé votre siège et que vous cogérez des villes avec LREM ! Certains, comme Julien Aubert, ont flairé le piège, en pointant le risque de satellisation.

Par ailleurs, en termes de ligne, les LR saison Jacob 2020 atteignent le dernier stade de l’illisibilité : là encore, c’est l’extension maximale de la zone grise ! D’ailleurs, l’illisibilité était en germe dans l’acronyme LREM. Illisible, invisible : ainsi va la droite LR en marche vers son destin.

En résumé, et pour le long terme, LR est en train de devenir le satellite d’un astre mort : le macronisme. La zone est devenue tellement grise qu’ils ne voient même pas le champ de ruines.

On attend toujours le BoJo français qui sautera sur le tractopelle pour déblayer les gravats.

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