Mixité en politique : l’obsession victimaire de Yaël Braun-Pivet

Selon l’élue macroniste, la France gagnerait à être davantage dirigée par des femmes.
Capture d'écran 
Yaël Braun-Pivet.
Capture d'écran Yaël Braun-Pivet.

Le macronisme finissant est une agonie lente, pénible et qui ne laisse aux Français aucun répit. Alors que le pays est au bord de l’abîme, ses élites dissertent sur des sujets abscons, à mille lieues des préoccupations populaires. Yaël Braun-Pivet en est un bon exemple. Après avoir tweeté, ces derniers jours, sur des sujets prioritaires comme le Concours national de la meilleure baguette tradition, la répression des homosexuels au Sénégal et l’ouverture tant attendue des fleuristes le 1er Mai, la présidente de l'Assemblée nationale a jugé nécessaire de relancer le vieux débat sur la parité en politique. « Le pays serait mieux dirigé s'il était dirigé en mixité, a-t-elle ainsi affirmé, ce mercredi 20 mai, sur France Inter. La population française est composée de 50 % de femmes et 50 % d’hommes, approximativement. Quand on voit ceux qui prennent les décisions dans notre pays, c’est quasiment 100 % d’hommes. Eh bien ça, ça ne va pas… »

N’en déplaise à l’élue centriste, ce qu’elle présente comme un juste « combat d’égalité » n’est pas du goût de certaines femmes. De nombreuses internautes lui ont ainsi répondu sur X et ont remis les pendules à l’heure. « L’important devrait uniquement être la compétence », a ainsi tweeté une Française prénommée Véronique. « Le pays serait mieux dirigé s’il était dirigé en intelligence », a abondé Anne. « Ce que les Français demandent, ce sont des gens intègres, impartiaux et qui œuvrent pour le bien des Français et de la France, et peu importe homme ou femme », a encore rétorqué Sylvie.

Le « club de machos »

Ce n’est pas la première fois que Yaël Braun-Pivet tient ce discours aussi genré que revanchard. Le 14 avril dernier, elle s’était rendue dans les studios de RTL et avait déroulé exactement la même rhétorique. « Notre pays demeure composé de 50 % de femmes. Ce que je voudrais, c’est qu’on puisse se réunir ensemble en mixité, qu’on travaille à un projet pour la France », avait alors déclaré la quinquagénaire. Sans doute désireuse de s’offrir un petit buzz, elle était allée plus loin et avait renvoyé Édouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin ou encore Bruno Retailleau à un prétendu « club des machos ». « Le spectacle que je vois, ce club des machos qui se déclarent quasiment quotidiennement, je pense que ce n'est pas la bonne façon de faire […] Il ne vous aura pas échappé que les équipes, aujourd'hui, sont exclusivement masculines », avait-elle poursuivi en toute impunité.

On ignore si « les équipes » dont parle Mme Braun-Pivet sont réellement « exclusivement masculines », mais il est certain que la « mixité » qu’elle appelle de ses vœux n’a jamais été autant respectée, au sein de nos institutions représentatives. Et il se trouve qu’à mesure que les règles de parité ont été imposées partout aux forceps ces dernières années, la situation globale de la France n’a cessé de s’aggraver. De là à y voir un lien de cause à effet… Notons simplement que par le passé, l’absence totale de mixité dans les cercles de pouvoir n’a nullement empêché notre pays de connaître croissance et succès.

La sororité à géométrie variable

Si Yaël Braun-Pivet était cohérente avec elle-même, elle devrait applaudir l’aile droite de son Assemblée. Nul « club des machos », de ce côté de l’Hémicycle. Voyez comment Marine Le Pen a dirigé sans conteste son parti pendant dix ans et reste, encore aujourd’hui, la candidate naturelle du RN. À la présidence d’Identité Libertés, Marion Maréchal en impose tout autant. Et chez Reconquête, Éric Zemmour partage désormais l’affiche avec Sarah Knafo, propulsée avec brio sur le devant de la scène médiatique et électorale depuis un peu plus d’un an.

Mais ces leaders politiques là ne plaisent guère aux tenantes d’une « mixité » sexuelle radicale. De la même manière qu’elles perdent leur statut de victimes lorsque leurs agresseurs sont des « racisés », les femmes perdent leur droit à la sororité lorsqu’elles sont de droite. On en a eu une nouvelle illustration, ce 19 mai, avec Élisabeth Borne. Invitée sur Sud Radio, l’ancien Premier ministre a estimé que ce serait « une bonne chose » que le prochain président de la République soit une femme… sauf s’il s’agit de Marine Le Pen ! La sororité oui, mais seulement entre femmes de gauche…

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

116 commentaires

  1. J’avoue ne pas comprendre ce problème de « parité ». Pour qu’il y ait autant de femmes que d’hommes en politique (ou dans d’autres domaines où on trouve une majorité d’hommes), encore faudrait-il que les femmes soient candidates à ces postes autant que les hommes. Or, il semblerait que moins de femmes que d’hommes aient envie de se fourrer dans ces paniers de crabe dans lesquels elles laisseraient leur santé et leur intégrité. On ne va pas les obliger quand même !

  2. Une femme comme YBP à la tête de l’état, non merci. Je lui rappelle que Marine Le Pen est une femme, mais elle manque peut être de féminité à ses yeux. C’est un mépris total pour les femmes que d’obliger à une parité.

  3. OK madame, je propose Marine le Pen ! Ah bon, vous n’êtes pas d’accord ? MLP n’est donc pas une femme selon vous ?
    Foutage de gueule… cette macronarde est bien dans la ligne de macron ; j’ai raison et vous la fermez !

  4. Les femmes étant les égales des hommes , l’obligation de la mixité est une mesure démagogique ,discriminatoire envers les femmes et sous-entendant qu’elles ne seraient pas capables d’accéder à des postes importants par leur seule valeur .

  5. Clin d’œil à OSS 117 : C’est vrai qu’en politique on n’a pas besoin de porter quelque chose de lourd, mais on peut en traîner une sacrée couche.

  6. Donc finalement Jordan devrait s’effacer devant Marine pour que la France soit davantage gagnante ?

  7. Oui , il y a des exemples célèbres, Ségolène , Hidalgo, etc..
    En fait c’est une intrigante aux dents longues…je la verrai bien ambassadrices des pôles ou présidente de l’amitié fracorusse

  8. Sur le plan politique – et avec mon très mauvais esprit, bien connu – je constate que (mise à part la merveilleuse Jeanne, qui d’ailleurs ne dirigeait pas vraiment la France) Isabeau de Bavière, n’a pas été une franche réussite, pas plus que ne le seront la Médicis, la Maintenon, la Pompadour et Marie Antoinette…et désormais la Braun-Pivet ou la Brigiffle

  9. J’espère qu’elle va présenter et mesure ainsi sa cote d’amour avec le peuple de France, je ne serais pas surpris qu’elle fasse « encore mieux » qu’Anne Hidalgo.

  10. Cette femme parle trop aux médias !
    Surtout pour ne débiter la propagande du macronisme.
    On n’a jamais vu un président de l’assemblée nationale s’exprimer dans les médias presque quotidiennement !

  11. Tiens, Miss Gnan gnan a encore sorti une anerie, après le gardiennage de ses poules par les Crs et sa sortie sur l’héritage, cela commence à faire beaucoup….. À fuera.

  12. Cher Jean Kast, j’ai relevé une petite erreur dans votre article, excellent au demeurant. Yael Braun Pivet n’est pas centriste, mais socialo !!! Dans les années 2000, alors qu’elle habitait à Tokyo, l’une des villes les plus chères du monde, elle n’a rien de trouver de plus intelligent à faire que d’adhérer au PS !
    Il est vrai que maintenant elle réside au Vésinet, banlieue particulièrement défavorisée comme chacun sait. Cette gauche caviar est méphitique.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois