Steven Spielberg et George Lucas prévoient un krach financier à Hollywood
En juin 2013, déjà, à l’occasion d’un entretien accordé au magazine professionnel The Hollywood Reporter, Steven Spielberg et George Lucas, alors les deux hommes les plus puissants d’Hollywood, s’inquiétaient de l’inflation des budgets, des cachets accordés aux stars et de l’inflation généralisée menaçant cette industrie. Dans le même temps, ils alertaient sur la pauvreté des scénarios, ce qui était paradoxal, pour deux cinéastes venus du Nouvel Hollywood de la fin des années soixante ; lorsqu’ils privilégiaient une politique de l’auteur calquée sur celle de la Nouvelle Vague française, à rebours de celle des producteurs ayant fait pluie et beau temps sur la Cité des anges. Paradoxal, oui, sachant qu’après des œuvres modestes mais ambitieuses, Le Duel de Spielberg, le THX 1138 de Lucas, sortis en 1971, il y a Les Dents de la mer et La Guerre des étoiles, deux séries B qui vont faire exploser le box-office.
Cent à deux cents millions de dollars par film
Hollywood oublie donc le film « adulte » pour privilégier celui des « adolescents », autrement plus captif et, surtout, plus malléable. C’est également l’arrivée des produits dérivés et les jouets de La Guerre des étoiles rapportent presque autant que le film. Pour tout arranger, les deux hommes deviennent les producteurs de leurs propres œuvres. Ou de l'art de désormais maudire les effets dont ils furent naguère les causes. Toujours selon le magazine The Hollywood Reporter, ils affirment ainsi : « Le principal souci est l’uniformisation croissante des films afin de satisfaire les attentes d’un public aussi large que possible. Résultat : les réalisateurs n’osent plus prendre de risques. Et lorsqu’ils veulent sortir de la mécanique des longs-métrages consensuels, ils sont freinés dans leur élan par les studios de cinéma, surtout lorsque ces derniers ont un plan marketing de plusieurs dizaines de millions de dollars. » Et les mêmes d’ajouter : « Le plus gros risque de l’industrie, qui aboutira inévitablement à une explosion – ou un gigantesque effondrement. Il y aura une explosion et trois ou quatre ou même une demi-douzaine de films à très gros budget vont s’écrouler et cela va conduire à un changement de paradigme. »
En ligne de mire, il y a évidemment les films de super-héros, programmés pour être vus par la planète entière. Mais pour plaire à tout ce vaste monde, il convient aussi de ne déplaire à personne, de ne pas froisser les chrétiens et les musulmans, les juifs et les bouddhistes, de ne heurter ni les Blancs ni les Noirs, les Jaunes et les métis. Pas question, non plus, de stigmatiser les femmes, les homosexuels, les végétariens, les travestis, les adeptes du monokini et du burkini. Du coup, la soupe s’en retrouve fatalement sans goût ni gouasse. Le pire est que tout cela coûte des fortunes. De cent millions à deux cents millions de dollars par film, budget à généralement multiplier par deux pour frais de promotion. Il faut donc en vendre, des tickets, pour rentabiliser de tels projets.
À ce sujet, on prête cette phrase à Roger Corman, légendaire producteur indépendant avec quelque quatre cents films au compteur : « Rien qu’avec le budget cocaïne du Top Gun (1986) de Tony Scott, j’aurais pu produire au moins cinq films ! »
Les acteurs de Ken et Barbie font des caprices…
Et puis, il y a les exigences des acteurs, pas toujours raisonnables. Ainsi apprend-on que le second volet de Barbie™, inspiré du fameux jouet Mattel, serait au bord de ne pas être tourné. L’affaire n’est pas anodine, le premier volet, sorti en 2023, ayant rapporté la coquette somme d’un milliard et demi de dollars. Mais comme les deux interprètes, Margot Robbie (Barbie) et Ryan Gosling (Ken), n’ont pas signé pour une suite limitant à l’avance leurs cachets, les voilà qui se montrent plus que gourmands, ce dernier n’exigeant pas moins de vingt millions de dollars pour incarner à nouveau le nigaud en chef. Les prétentions financières de sa partenaire sont inconnues à ce jour, mais gageons qu’elles doivent être à peine moins modestes. Résultat ? Les studios Warner ne sont pas sûrs de pouvoir commencer le film, la société Mattel leur ayant imposé une date butoir.
Du coup, Steven Spielberg revient à la charge, ayant déclaré en avril dernier, à en croire Variety (autre magazine professionnel) : « Si nous ne produisons que des propriétés intellectuelles de marques connues, nous allons tomber en panne. Il n’y a rien de plus important que d’offrir au public des histoires visuelles, et elles peuvent prendre n’importe quelle forme, mais nous devons raconter davantage d’histoire originales. » Ce qui explique que celles-là se soient depuis longtemps déplacées du côté des séries télévisées, seul secteur à permettre un cinéma un peu moins décérébré.
L’exemple français…
Longtemps complexé par rapport à son concurrent américain, le cinéma français aurait peut-être aujourd’hui des leçons à lui donner. Bien sûr, il y a les ineptes pétitions anti-Vincent Bolloré, l’inflation des films auteurisants dont le tournage commence souvent avant même que le scénario ne soit achevé, mais il y a tellement de belles surprises. La dernière en date ? De la Comédie-Française, de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, succès inattendu de cet été et hommage à la maison de Molière. Voilà qui n’a pas dû coûter des fortunes, mais qui est un bonheur de chaque instant qui nous fait rire du début à la fin et même au milieu. Libération et Télérama ont détesté. Comme toujours, il y a des signes qui ne trompent pas. Surtout venant de ceux professant la haine du bonheur le plus souvent et celle d’être français sans jamais compter ses heures.
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5 commentaires
Certains pourront expliquer à Hollywood (ou Hollyweed) comment faire des films comme « Sacré Coeur » ou « Vaincre ou mourrir ».
Même le cinéma américain produit de la daube en boîte depuis des années, toujours les mêmes types de scénarios,il ne faut froisser personne, encore des super-héros à la noix,de la science-fiction bidon, des films à tendance « woke » , des histoires à dormir debout. Ce n’est certainement pas avec mon pognon qu’ils vont vendre des billets car je me suis aperçu que je n’ai certainement pas besoin du cinéma pour vivre. Ces films qui veulent faire rêver ont vraiment trop de décalage avec la réalité, pourtant nombre de films pourraient exploiter des vérités historiques pour avoir du succès et bien des personnages de l’histoire en France comme aux Etats-Unis dans ce cas précis ont eu des vies bien plus exaltantes que les fictions dont ils ont fait l’objet. Quant aux films français, je n’en parle même pas tellement ceux-ci snuls à gerber, propagandistes et politiquement orientés ( à gauche toute bien entendu) Je n’ai pas besoin qu’on me serve de la mauvaise soupe dans les salles obscures,je préfère autant celle que je me fais à la maison et en plus je fais des économies. Lire un bon bouquin est à mon sens bien mieux qu’être esclave de ces vendeurs de rêves en carton-pâte.
Je confirme et partage.
Je conseille les romans sur Audible quand on est au volant. J’ai réécouté tout Zola et Balzac accessibles sur Audible ces derniers mois.
C’est bien plus plaisant que la radio et sa débile propagande ou son rap.
HOLLYWOOD
Canal+ pourrait y financer quelques scénarios « intelligents pour compenser ses pertes des films bobos-bienpensants-diversitaires-etc. en France. A tout le moins, prendre quelques parts.
C’est vrai que les films au cinéma ne font plus envie! Les scénarios sont d’une pauvreté exceptionnelle au point où on se demande si ce ne sont pas des films pour attardés. A mon époque les films de Chuck Norris, Vandamme et consort étaient des films pour les décérébrés du bulbe mais maintenant il n’y a quasiment plus que ça. Les films comme The game, usual suspect, lord of war, sniper nous manquent. Maintenant c’est du Vaiana en film, blanche neige en film, des avengers simplifiés, du comte de Monte Cristo et 3 mousquetaires servis à toutes les sauces quand ce ne sont pas des films d’action méchants contre gentils. Les séries sont montées d’un cran et les films sont descendus, du coup le cinema ne vaut même plus les séries…