Des États-Unis d’ nous était parvenue une mauvaise nouvelle : la décision de l’administration Joe Biden de tuer le sport féminin en permettant aux sportifs transsexuels mâle vers femelle de concourir dans la catégorie féminine. Mais là, bonne nouvelle : l’Arkansas a voté une loi interdisant de prescrire aux mineurs des thérapies hormonales ou des chirurgies de réassignation qui viseraient à mettre en conformité genre ressenti et sexe constaté.

Il faut présenter ces thérapies pour ce qu’elles sont : des maltraitances aux conséquences graves et parfois irréversibles. Incapables d’admettre que l’attente permet de fiabiliser un diagnostic et d’éviter des erreurs dommageables, la presse et les associations LGBTYUIOP (et plus, si affinités) y voient une offensive contre les personnes transgenres et hurlent à la discrimination. Ils fourbissent leurs armes judiciaires pour invalider cette loi ; il y a toujours au moins un recours possible outre-Atlantique, tant que vous pouvez payer les honoraires de vos avocats.

Le problème de la dysphorie de genre précoce n’est pas neuf et pose la double question de la validité et de la sacralité de la parole de l’enfant. Cette parole est-elle sincère ou est-elle l’expression d’une fantasmagorie ? L’imagination des plus jeunes est féconde et une partie de l’éducation consiste à apprendre, parfois douloureusement, que le réel restreint drastiquement le champ d’application de cette imagination. Il est, en outre, probable que la présence accrue d’écrans dans la vie des plus jeunes retarde le discernement de ce qu’est le réel. Quant à la sacralité de la parole de l’enfant, il convient de repenser à ce documentaire diffusé sur Arte, en décembre 2020, et surtout à l’excellente lecture qu’en faisait Violaine des Courières pour Marianne. La vraie vie montre que des transgenres repentis ont vu leur vie bousillée par des thérapies et chirurgies trop hâtives, trop invasives et irréversibles. Le primum non nocere de certains médecins, c’est « en premier ne pas nuire » à leur intérêt de prescrire de longs et coûteux traitements.

Bien sûr, il convient de s’interroger sur l’origine de cette « épidémie » de dysphorie de genre précoce : est-elle favorisée par du mimétisme ? Par des pollutions du type perturbateur endocrinien ? Par un conditionnement social ? Je laisse à plus savant que moi le soin de répondre. Mais comme le soulignait l’American College of Pediatricians, puisque la dysphorie de genre est un désordre exclusivement mental et pas physiologique, la réponse thérapeutique devrait être exclusivement psychologique.

Nul doute que les militants vont continuer leur lutte pour imposer une transition de genre libre et gratuite pour tous ceux qui en feront la demande sans se soucier des conséquences. Ils continueront, en bon totalitaires qu’ils sont, à brandir l’argument émotionnel prompt à susciter la petite larme qui passe bien à l’écran. Le projet transhumaniste passe par la plasticité absolue de l’homme et l’abolition des déterminismes, des limites qui s’imposent à lui. Les croyants comme moi y verront le projet démoniaque de l’homme qui se croit l’égal de Dieu et cherche à rejouer la Création. Mais pas besoin de croire pour constater combien ce déni du réel est pervers. L’Arkansas montre un chemin de résistance, à chacun de suivre le sien. Pour finir, faites-vous plaisir avec cet extrait (prophétique) de La Vie de Brian, des Monty Python.

8 avril 2021

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