Menu halal : à Soissons, des familles scandalisées par la « capitulation » du privé catholique

"Si même Saint Paul sert du halal !" : deux mères de famille racontent des incidents similaires dans le même établissement.
Wikimedia Commons
Wikimedia Commons

Au collège privé catholique Saint-Paul de Soissons, on se prépare déjà à la fin de l’année scolaire. Avant de se quitter pour les vacances d’été, l’équipe des professeurs d’EPS encadrant l’association sportive prévoit, le 17 juin, une journée « festive ». Au programme : randonnée d’environ 10 kilomètres le matin et activités sportives au collège l’après-midi. Mais au déjeuner, les enfants pourront choisir entre des saucisses et des merguez… halal. Ce « détail » jette une ombre sur l'initiative pour Marie, qui a confié son désarroi à Boulevard Voltaire.

Cette mère de famille, dont la fille est scolarisée depuis bientôt un an dans cet établissement catholique de l’Aisne, nous avoue être tombée de haut lorsqu’elle a reçu le courriel annonçant ce programme. Elle a exprimé auprès de la direction la « consternation » que lui inspire le fait de voir un établissement catholique proposer du halal dans ses menus : la réponse reçue, « laconique », ne l’a pas convaincue : « Nous veillerons, comme de coutume, à ce que chacun ait la liberté de déjeuner classiquement », lui a-t-on simplement précisé. De fait, le choix est laissé aux enfants entre une saucisse, donc du porc, et ces fameuses merguez halal.

Mais voilà : pas certaine qu’à douze ans, on « puisse faire la différence entre une merguez halal et une saucisse classique », Marie, qui se défend de toute « attaque contre les pratiquants de l’islam », dénonce un refus de s’adapter à l’art de vivre « à la française », qu’elle craint de voir progressivement disparaître. « C’est toujours plus, et on est obligés de tout accepter. »

Elle souligne « la capitulation des dirigeants des écoles catholiques, des évêques et des instances diocésaines qui ont la responsabilité de l’enseignement catholique français ».

Un refus de financer le culte musulman

Si ce n’est pas la première fois que les menus halal au sein du groupe scolaire dérangent certains parents d’élèves, leurs responsables, à en croire les témoignages recueillis, ne semblent pas avoir fait grand cas des protestations exprimées.

Marion nous raconte à son tour comment sa démarche avait été balayée d’un revers de manche lorsqu’elle s’était plainte que sa fille, scolarisée au lycée, se soit vu distribuer un sandwich halal à l’occasion d’une sortie scolaire l’année dernière, alors même qu'aucune annonce sur un tel menu n'avait été faite aux parents. Une erreur malencontreuse, s’était justifiée la direction, alors que l’adolescente assurait avoir constaté la même inscription « halal » sur plusieurs autres sandwichs de ses amis non musulmans.

L'épisode avait failli pousser Marion à retirer sa fille du lycée, tant l’idée de contribuer indirectement au financement du culte musulman via l’abattage rituel dont est issue la viande halal lui semblait inacceptable.

Car derrière le menu, l'enjeu de la participation à l’industrie du halal a de quoi déranger certains parents d'élèves. À chaque cérémonie d’abattage rituel, des organismes musulmans prélèvent une taxe de plusieurs centimes d’euro par kilo de viande, comme le relevait, en 2013, le député LR Yves Nicolin, à l’occasion d’une question au gouvernement. L’établissement scolaire a-t-il connaissance de ces procédures ? Sollicitée par Boulevard Voltaire, la direction nous a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas répondre à nos questions.

Toujours est-il que, pour Marion comme pour Marie, le fait que ce type de situations, qui se répètent discrètement dans de nombreuses écoles privées catholiques, ne choque que peu de gens « est déjà révélateur ».

Dans un sondage envoyé aux parents pour indiquer le choix du menu en prévision du 17 juin, la mention « halal » a tout simplement disparu, remarque Marie. « J’ai l’impression qu’on ne voit pas l’ouragan qui va arriver », s’inquiète-t-elle encore, craignant que les revendications religieuses aillent toujours plus loin.

« Si dans une école qui s’appelle Saint-Paul, Saint-Rémy ou l’Enfant Jésus, on commence à manger halal, moi, j’ai raté une étape », lance-t-elle.

« Quelle différence avec le public ? »

Devant ces révélations, qui font écho au témoignage de l’une de leurs amies confrontée à la même situation dans l’école primaire du même ensemble éducatif, ces mères de famille ne cachent pas s’être posé, un temps, la question du public. Lorsque Marion avait dû, pour des raisons pratiques, y inscrire l’un de ses enfants, cette fois bien avertie, elle avait interrogé la direction sur la présence éventuelle de menus halal à la cantine. Réponse : « Non Madame, nous sommes laïcs. »

Pour celles qui avaient choisi l’enseignement privé catholique avant tout pour les valeurs qu’il était censé transmettre, la question devient aujourd’hui : « À quoi bon ? »

Vos commentaires

99 commentaires

  1. Ecole catholique : qu’est ce que les dirigeants de cet établissement n’ont pas compris ? Que des enfants musulmans y soient scolarisés ne pose pas problème, mais que leurs parents imposent de faire manger hallal à tout le monde, là on dépasse les bornes. Bientôt, au lieu de faire des cours de catéchisme il faudra y enseigner le coran. C’est de la SOUMISSION.

  2. Là c’est une question de religion , très logique pour une institution catholique.
    Mais ce qu’on oublie ou ne veut pas dire c’est le scandale sanitaire de cet abattage halal qui contamine la viande en E Coli responsable des gastro enterites pour nous qui consommons la viande saignante , pas ultra cuite comme en cuisine arabe et cacher.

  3. L’école catholique est parfaitement responsable, elle a fait entrer des enfants de musulmans affichés.
    Petit à petit, plus de prières, des absences à certains cours…

  4. Le hallal devrait être interdit car c’est une atteinte à la laïcité. Les marques annonçant fièrement hallal sur leurs emballages devraient être condamnées par la justice.

    • Laïcité et risque sanitaire….
      Quand va-t-on enfin leur balancer aux oreilles qu’ici on est en France !
      Supprimer cette dérogation à notre abattage avec étourdissement sans contamination.

  5. Un poisson pourri toujours par la tête. Drôle d’idée pour une école catholique de payer sa dîme à la mosquée pour chaque repas pris par des petits chrétiens. Quelle honte, combien d’ecclésiastiques trahissent leur mission.

  6. L’enseignement catholique se laisse donc séduire par l’appât du gain. Quitte à se suicider et contribuer à la mort du catholicisme. À quand les imams pour la prière du vendredi ?

  7. « la viande des sacrifices », comme dirait St Paul ! et qu’en dit- il ????
    néo convertis, comme je le signale dans des articles suivants, et, dans ces cas présent, une habitude à faire prendre, doucement, comme la casserole d’eau qui chauffe

  8. Prochaine étape: suppression de l’enseignement catholique, promotion de l’islam avec salle de prière et tout le toin-toin !

  9. La viande hallal N’EST PAS INTERDITE en Belgique : c’est une légende. (Vert100 – 25 mai -18h47 min.)

  10. Donc un établissement catholique consomme de la viande consacrée par une autre religion … étourdissant que des représentants catholiques alimentent les caisses de l’islam ( l’iman ne travaille pas gratuitement à l’abattoir !!!)
    Et je ne parle aucunement des conditions d’abattage des bêtes saignées à blanc …

    • en êtes vous sur ? quand on voit ce qui se passe là bas j’ai des doutes…et si tel est le cas, ça ne tiendra pas bien longtemps. c’est bien pire qu’ici, enfin pour le moment, notre tour viendra. j’ai adoré Bruxelle il y a 15 ans, j y suis retourné récemment, tout a changé et pas vraiment en bien, je n’y retournerai plus

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Que les familles des victimes parlent est très compliqué pour le gouvernement
Gabrielle Cluzel sur CNews
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois