Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 26 juillet 2018

Marine Le Pen : “Cette commission est une vaste opération visant à tout prix à empêcher l’émergence de la vérité”

Jeudi matin, Marine Le Pen a décidé de quitter la commission parlementaire de l’Assemblée nationale pour aller assister à celle du Sénat. Réaction au micro de Boulevard Voltaire de la présidente du Rassemblement national et députée du Pas-de-Calais, au cinquième jour de la tenue de cette commission de l’Assemblée nationale, présidée par une députée de la majorité. “Circulez, il n’y a rien à voir !”



Les députés Républicains viennent d’annoncer leur retrait provisoire de la commission parlementaire. Vous-même l’aviez quittée pour assister à celle du sénat.
On a l’impression que cette commission tourne un peu à la mascarade au final.

Au bout de cinq jours, la commission nous explique : « circulez, il n’y a plus rien à voir ». Elle a refusé toute une série d’auditions demandées par l’opposition. Elles étaient pourtant tout à fait justifiées, tellement justifiées d’ailleurs qu’elles seront conduites au sénat. J’ai appris que monsieur Castaner allait être entendu mardi prochain par le sénat.
Déjà dès le départ, le simple fait que le président d’En Marche soit maître d’oeuvre du fonctionnement de cette commission avait déjà de quoi nous inquiéter. Cette commission d’enquête portait en effet en partie sur l’Élysée et sur la République En Marche. Un des salariés du parti présent avec monsieur Benalla, a commis des violences avec monsieur Benalla et avait cette particularité d’être armé alors qu’il ne détient pas d’autorisation de port d’armes.
Le pire étant toujours sûr avec En Marche, ça a tourné exactement comme nous le pensions, c’est-à-dire une vaste opération visant à empêcher à tout prix l’émergence de la vérité.


Cette affaire aura au moins permis à Emmanuel Macron d’unifier le pays puisqu’on vous a vu aux côtés de la députée Danielle Obono pour une séquence qui a fait le tour des réseaux sociaux. Assumez-vous de porter le même message que la France Insoumise ?

J’assume totalement. En l’espèce, il ne s’agit pas ici de France Insoumise, de Rassemblement national, des Républicains, de socialistes ou d’UDI. Ces partis ont certes des divergences extrêmement profondes. C’est d’ailleurs le processus démocratique. Cela s’appelle le pluralisme.
Mais il s’agit de députés. Ces députés constituent un pouvoir à qui la constitution confie la mission de contrôle du gouvernement. Par conséquent, les députés d’opposition, malgré leurs divergences politiques, sont tout à fait imprégnés de cette mission. Ils souhaitaient véritablement aller au bout de cette commission d’enquête, dans des conditions rigoureuses et normales, pour que les Français soient tout à fait informés et puissent se faire une opinion sur l’affaire dont nous sommes saisis.
En Marche a exprimé par son comportement non seulement un mépris absolument total du processus démocratique, mais également un désintérêt affiché pour la vérité.


Vous avez vu les déclarations d’Emmanuel Macron disant qu’il était le seul responsable de cette affaire. Il a incité, on ne sait qui, à venir le chercher.
Auriez-vous voulu voir Emmanuel Macron lui-même en commission ?

Je suis respectueuse des institutions. Je pense que le président de la République n’a pas à répondre. Par conséquent, on s’étonne de cette déclaration. Ou alors il s’agit de gesticulations qu’on peut trouver chez des petits garçons et des petites filles qui vont au zoo et provoquent le tigre alors qu’ils sont derrière une grosse vitre épaisse sachant pertinemment qu’il ne peut strictement rien leur arriver. On peut l’accepter chez des petits garçons et des petites filles, mais on ne le conçoit pas d’un président de la République.


Le tigre serait les députés ou le peuple français ?

Je ne sais pas très bien. La représentation nationale et les pouvoirs que la constitution accorde à la représentation nationale.


Tout travail parlementaire, dans l’état actuel des choses, semble bloqué.

Ce n’est pas vrai. Rien n’est bloqué. Nous sommes actuellement en pleine seconde lecture du projet de loi Asile et immigration.
Il est toutefois évident que cette séquence a révélé chez En Marche un visage qui n’était pas celui de la campagne présidentielle. Que ce soit la bienveillance, la transparence, la République exemplaire…, un an après, il n’en reste plus rien !

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