À 48 heures de l’ouverture des marchés de Noël en Alsace, Olivier Véran a annoncé, dans sa conférence de presse du 25 novembre, que le passe sanitaire y serait obligatoire. Une mesure de coercition hors-sol décidée à Paris, dans les bureaux des ministères : en pratique, dans la vraie vie, est-elle réellement applicable ?

Une habitante de Strasbourg, si célèbre pour son marché de Noël féerique, avec laquelle nous nous sommes entretenue nous raconte sa joie de pouvoir renouer avec une des plus belles traditions alsaciennes, mais aussi sa perplexité devant une décision impossible à appliquer : il y a quatorze sites de marchés de Noël disséminés dans toute la ville. Les riverains seront-ils obligés de présenter un passe sanitaire pour… rentrer chez eux ? Concrètement, comment et où établir des points de contrôle de ce passe, dont l’obligation priverait, de facto, de nombreux enfants de ces joyeuses traditions locales ? Selon nos confrères de France 3 Grand Est, l’organisation mise en place avant les contraintes supplémentaires annoncées par Olivier Véran reste en place : une zone ceinte de barrières sera dédiée à la restauration et soumise au passe, avec interdiction (encore une !) de manger en dehors de cette zone précise. Le masque sera obligatoire partout. Des marchés de Noël aussi strictement encadrés se privent, certes, d'une part de rêverie, d’insouciance, de féerie. Mais « c’est ça ou rien ! », selon les autorités. Quand on sait que les commerçants font 50 % de leur chiffre d’affaires de l’année pendant les 5 ou 6 semaines que dure le marché de Noël, le choix n’en était pas vraiment un.

À Colmar, sur le même modèle, une tente de restauration collective a été prévue en catastrophe pour maintenir la tenue du marché de Noël et regrouper ainsi l’activité de restauration : seul cet endroit sera soumis au passe. Sur Facebook, le maire LR Éric Strautmann évaluait à 80.000 euros le coût de la mise en place de contrôles du passe et comptait demander l’aide de l’État pour cette nouvelle obligation. « Il faut savoir, nous dit une Colmarienne, que 500.000 visiteurs sont attendus à Colmar » (contre un million habituellement). L’enjeu économique est de taille et, selon Le Figaro, le marché de Colmar, « le préféré des gourmets », se tient sur au moins six places différentes.

D’autres marchés, comme ceux de Kaysersberg ou de Turkheim, seraient soumis intégralement au passe sanitaire. À Turkheim se joue, chaque jour de l’Avent, une charmante et traditionnelle scénographie : le Passeur de lanterne, accompagné d’enfants costumés, va chaque soir, à 17 heures, en procession lumineuse ouvrir une fenêtre du calendrier de l’Avent. Une voix raconte ensuite aux enfants l’histoire de l'image dévoilée. Transmission, tradition, esthétique, c’est l’esprit de Noël en Alsace et on comprend que parents et enfants accourent pour y participer ! Une tradition bousculée par les mesures anti-Covid.

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26 novembre 2021

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