« Madame Transat » : Monique Barbut, symbole d’un pouvoir à la dérive

En télétravail au cœur de la crise, le ministre de la Transition écologique semble se préoccuper des incendies comme de son premier transat.
@wikicommons
@wikicommons

« Tout va très bien, Madame la Marquise. » La France est un brasier géant, mais Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a les doigts de pied en éventail dans sa villa de bord de mer à Sainte-Maxime (Var). À une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau, au cœur de l’arrière-pays, à Pontevès et Cotignac, la forêt de Provence se transforme en géhenne pendant que les habitants traversent, dans l’effroi et un sentiment d’abandon le plus total, l’épreuve du feu. En Gironde, l’épouvante et le désarroi se mêlent à l’angoisse alors qu’un incendie d’une violence inédite dévaste plus de 40.000 hectares et anéantit près de 250 habitations.

Mais Madame le ministre boude. Quelques jours auparavant, remontée comme un coucou, Monique Barbut avait annoncé sa démission à la suite de l’adoption à l’Assemblée, le 21 juillet, de la loi d’urgence agricole et de la réintroduction de certains pesticides ; « le recul environnemental de trop », avait-elle justifié. Mais Emmanuel Macron, ne l’entendant pas de cette oreille, a convaincu - disons, plutôt, contraint - son ministre à rester en poste. Le président de la République, qui a résisté au Covid-19, aux gilets jaunes et à la crise de la dissolution, ne conçoit pas une démission pour une telle broutille – semble-t-il.

Alors, le 22 juillet, après le Conseil des ministres, Monique Barbut, d’après une information du Canard enchaîné, confirmée par RTL, a filé à l’anglaise se mettre au vert dans sa villa provençale, en télétravail. C’est donc en visio que le ministre a suivi la crise des incendies, sans daigner pointer le bout de son nez auprès de la population dont les maisons partaient en fumée.

Macronisme hors-sol

« Assiste-t-on à un effacement du ministère de l’Écologie en pleine crise des incendies monstres ? », s’interroge l’ancien ministre écolo, François de Rugy, qui s’indigne sur les plateaux : « J’ai connu des crises : Gilets jaunes, marée noire au large de la Corse. Cela ne me serait pas venu à l’idée de partir dans une maison de vacances ! » Ce n’est pas pour rien que Monique Barbut aurait hérité du doux surnom de « Madame Transat ». Un sobriquet qui proviendrait directement des fonctionnaires de son propre ministère. Incroyable symbole de la désinvolture de nos gouvernants et du mépris qu’elle engendre. Terrible symptôme d’un macronisme hors-sol, donneur de leçons en tout genre, mais déconnecté du pays réel.

Si tant est qu'il restait une once de crédibilité à Madame Barbut, celle-ci s'est définitivement évaporée alors que la perte de confiance vis-à-vis des élites poursuit son impitoyable ascension. Parce que Monique Barbut, qui semble se préoccuper des incendies comme de son premier transat, est une mordue des propos lénifiants et décalés. En pleine canicule de juin, le ministre de la Biodiversité se disait « horrifiée par les gens qui disent "mais il n’y a qu’à mettre la clim partout" ». « Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ?, poursuivait l'ancienne présidente de l'ONG WWF France. Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien. Ce n’est pas une adaptation au changement climatique. »

Écologie punitive

Car celle qui a commencé sa carrière en 1981 à l’Agence française de développement (AFD) et qui se prévaut de ne pas être une politique de carrière, déroule son dogme écologiste au mépris du bon sens, oubliant, comme l’a brillamment décrit Étienne Lombard dans les colonnes de BV, que le Code de l’environnement est un « machin » administratif de plus qui se superpose au Code forestier et contraint toutes les mesures préconisées par les spécialistes de la forêt pour lutter préventivement contre les incendies (retrait de l’excès de bois mort, ouverture de cloisonnement de routes forestières, coupes sanitaires et d’arbres en dépérissement, débroussaillement, création de zones tampon). Un ministre qui s’alarme « des dégâts sur la faune sauvage » mais n’a pas un mot pour les pompiers qui, pour certains, paient de leur vie la lutte contre les incendies ; un ministre qui a beau jeu de prôner un « futur plan d’investissement pour la forêt française » sur le cercueil des souches encore fumantes. Face au désert des cendres, les Français n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Soyons honnête, Monique Barbut n’est que la face émergée de l’iceberg. Ses comparses écologistes sont tout autant familiers des inepties de l’écologie punitive. « 20 % de la production de fruits et légumes a été liquidée en France à cause des canicules », s’alarmait, par exemple, le 29 juillet, la secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, quand les mêmes écologistes mènent une lutte acharnée contre les bassines de rétention d’eau.

Et dire que les Français ne sont bons qu'à polémiquer. Gageons qu'en avril 2027, Madame Transat ne sera pas contrainte au télétravail. Mais au chômage.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

84 commentaires

  1. En France, des patients malades, loin d’être pris en charge par la raison ou le bon sens, sont livrés à eux-mêmes et délirent publiquement,alimentés par le moulin à vent de l’idéologie. On voit même des écologiques aussi peu naturels que des paranoiaques obsessionnels. Faire une cure dans un ministère ne garantit aucunement le retour à la santé. Si la tête est brûlée ou l’esprit en capilotade, impossible d’espérer la guérison. Même au sommet de l’Etat, entouré de courtisans cireurs, on n’est pas à l’abri de la déraison. Le seul remède reste l’élection. La tête, mise dans le caca, est proprement révélée à elle-même.

  2. Elle résume à elle seule l’incompétence de certains de nos ministres. Macron ne s’entoure que de telles personnes qui sont à sa botte.

    • Elle a sans doute reçu l’ordre de se taire face aux caméras, et c’est tant mieux. :-))
      Une autre à qui on devrait demander la même chose, une certaine Brocas. Ces deux là font la paire ! C’est vrai qu’il est préférable de laisser s’exprimer, de façon claire et précise, les gens de métier, les gens de terrain qui savent de quoi ils parlent.

  3. Une mesure d’urgence de salubrité publique,: la suppression du ministère de la transition écologique.
    Quant à Monique Barbut, je préférais franchement Marcel Barbu, candidat à la présidentielle de 1965, il disait moins d’âneries (pour rester poli).

  4. A 70 ans, ors du prochain remaniement elke aura gagné 4 000€ de plus de retraire à vie par mous. Alors oui, pourquoi se générer. Macron et Lecornu viennent de lui offrir 1 millions l( salaire + retraite à vie+ chauffeur et voitures) franchement à 79 ans qui ne préférerait pas passer l été au bord de sa piscine sans risque de licenciement.

  5. A la dérive, à la dérive. Comme vous y allez, ne me dites pas que la piscine de sa villa est tellement étendue que Mme Barbut peut y faire du dériveur. C’est un petit bateau, certes, mais quand même.

  6. En 2003, le ministre de la santé de l’époque, M. Mattei, dut démissionner suite à une intervention qu’il avait faite en polo depuis son lieu de villégiature. En ira t’il de même pour Mme Barbut ? A priori, non car on sait ce qu’il est advenu de sa velléité récente de démission. O tempora, o morts !

  7. 1 kg de melon nécessite 150 litres d’eau pour sa croissance. C’est 100 litres pour un kg de tomates en grandes cultures avec irrigation contrôlée et le double au moins dans un potager domestique avec un arrosage artisanal. 1 kg de pommes de terre a besoin de 250 litres d’eau.
    Ces chiffres comprennent eau de pluie et eau d’arrosage. Quand la pluie manque comme actuellement, il faut irriguer, c’est pour cela qu’il faut des réserves comme les bassines qu’on remplit en hiver quand les nappes sont pleines et que les cours d’eau débordent.

  8. On attendait barbut a lege cap ferret avec une bassine d eau pour exprimer sa solidarité Elle doit sûrement avoir sur place des copains de tv ou autres acteurs écologistes anti “extreme droite”

  9. le probleme n est meme pas qu elle soit dans sa villa, qu est ce que ça changerait qu elle soit sur place, personne ne l’attend et n’ a besoin d’elle, le probleme est comment mettre autant de gens incompétants à des postes importants ?

  10. La faute en est essentiellement à la magistrature qui non seulement ne punit pas mais relâche des pyromanes assassins avec du sursis, il faudrait quand même s’en prendre aux vrais coupables plutôt que de leur trouver un bouc émissaire, trop facile.

  11. Madame Barbut incarne la macronie dans toute sa splendeur : mépris, arrogance et incompétence.
    J’espère au moins qu’elle n’est pas incommodée par les fumées des incendies et que l’eau de sa piscine n’a pas été polluée par les poussières.

  12. Combien de mesure ECOLO sont en fait des contre-sens manifestes contre l écologie et la protection de la nature. Le procès de ces gens devrait etre fait pour atteinte à l intérêt général voire atteinte à la sûreté de l etat, à l économie que sais-je. Ils diront: je ne savais pas je n étais pas au courant. Pourtant ils sont bien payés pour ça. Responsable mais pas coupable. Vite un tribunal populaire pour ces gens!

  13. Son ministère sert a rien , elle est journaliste de formation.
    Y connait strictement rien en écologie.
    On ferait mieux de supprimer ce ministère.
    Et de mettre des gens compétents a l’agriculture.
    Il y a des agronomes et ingénieurs en climatologie et aménagement du territoire.
    Quand on veut la parité, il y a pas forcément les compétences

    • Elle n’a effectivement aucune formation scientifique.
      Elle est diplômée en pseudo sciences économiques ce qui en a fait une parfaite présidente du très riche et très puissant WWF France, formidable machine à capter du fric en faisant pleurer dans les chaumières.

  14. Des carriéristes et des opportunistes sans dignité. C’est pour ça qu’ils les recrutent. La médiocratie à la française nous renvoie à l’état du tiers-monde. Français, arrêtez la bien-pensance, arrêtez de vous plaindre sur les retraites, les salaires, les incendies faute de canadair, arrêtez la pleurniche. Vous allez voter et dans cet acte vous consolider le système. La France gonfle le torse mais elle est nue. La population est devenue obéissante (injection) moutonnière (Ukraine, Iran, réchauffisme…) et lâche (acceptation des mesures liberticides, de la censure…). Je ne vois pas d’issue. Déjà 60 000 jeunes marocains en 24 heures à Ceuta ? Eux au moins, ils ont bien compris ce que nous sommes devenus. Ils ont raison d’en profiter. La vie ne tolère pas la faiblesse. Les faibles disparaissent.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois