À Soissons, une nécropole antique livre le secret de ses tombes
À Soissons, l’archéologie révèle chaque jour un peu plus les contours d’une cité antique dont l’importance dépasse largement les vestiges encore visibles. Fondée à l’époque augustéenne, la ville, alors appelée Augusta Suessionum, s’étendait à son apogée sur environ 120 hectares. À l’écart de l’agglomération, sur la butte Saint-Jean, les habitants avaient alors installé un vaste espace consacré aux morts. De nouvelles fouilles archéologiques, menées en février 2026 par l’INRAP, ont permis d’en explorer la bordure occidentale et surtout de continuer à mieux comprendre les pratiques funéraires des premiers habitants de Soissons.
À Soissons (Aisne), les archéologues de l'Inrap ont mis au jour un prolongement d'une nécropole antique, en usage entre les Ier et IVe siècles.
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— Inrap (@Inrap) July 28, 2026
Une nécropole connue depuis le XIXe siècle
La nécropole de la butte Saint-Jean n’est pas une découverte récente. Son existence est attestée par des découvertes réalisées dès le début du XIXe siècle. Les recherches successives ont ensuite permis de comprendre que ces découvertes isolées appartenaient à un vaste ensemble funéraire installé au sud-ouest de la ville romaine. En 2006, un diagnostic archéologique a confirmé la présence de sépultures et de bûchers funéraires. Les archéologues observaient alors une concentration importante des tombes, certaines étant regroupées sur seulement 80 m². Ces découvertes confirmaient définitivement l’existence d’une vaste nécropole antique, dont une grande partie avait malheureusement été détruite par les importants terrassements militaires réalisés aux XVIe, XIXe et XXe siècles. Une fouille menée en 2008 sur environ 1 200 m² avait ensuite permis d’étudier plus précisément une partie de cette nécropole. Elle avait ainsi livré près de 300 structures funéraires, comprenant notamment 148 tombes d’enfants décédés en bas âge. Ces découvertes avaient déjà révélé la diversité des pratiques funéraires employées à Soissons durant l’Antiquité.
Ce que les fouilles de 2026 apportent
L’opération conduite par l’INRAP en février 2026 présentait un intérêt particulier puisqu’elle avait pour but d’étudier la bordure occidentale de la nécropole et d’en connaitre les limites. Six sépultures ont été alors mises au jour : trois appartenaient à des adultes, dont deux femmes, tandis que le sexe du troisième individu n’a pu être déterminé, et trois autres concernaient de très jeunes individus. Parmi eux se trouvaient un nourrisson âgé de moins de six mois, un fœtus âgé de 36 à 40 semaines et un autre individu périnatal.
La présence de très jeunes défunts n’est pas anodine dans cette nécropole. Elle rappelle la place particulière accordée aux nouveau-nés dans la société antique, mais aussi la diversité des manières dont leurs corps pouvaient être déposés. Les deux premiers enfants ont été inhumés dans des fosses proches l’une de l’autre. Le premier avait été recouvert de fragments d’amphores et accompagné d’une pierre en grès, matériau notamment utilisé pour la fabrication de certains sarcophages. Le second avait été installé entre deux tuiles formant un cercueil, avant d’être lui aussi recouvert de fragments d’amphores brisées.
Ce type d’inhumation, associant des tuiles et des fragments d’amphores pour protéger la dépouille, constitue une découverte particulièrement intéressante. Il n’avait encore jamais été observé dans le nord de la Gaule, même si des pratiques comparables sont connues sur plusieurs sites du centre et du sud de la Gaule. Des datations au carbone 14 ont par ailleurs permis d’attribuer ces différentes sépultures au courant du Ier siècle après Jésus Christ.
Des traces de crémations
Les inhumations ne constituent toutefois qu’une partie des vestiges découverts lors de cette opération. Un ensemble de quatre fosses contenant des rejets issus de crémations et probablement du curage de bûchers funéraires a également été documenté. Ces structures témoignent d’une autre pratique funéraire largement répandue dans le monde romain : le corps du défunt était brûlé sur un bûcher avant que les restes osseux et les éléments associés à la cérémonie ne soient déplacés ou déposés dans une sépulture. Certaines de ces fosses ont aussi livré des fragments d’amphores ainsi que plusieurs objets métalliques, notamment des fibules et des clous de chaussures. Tous ou une partie de ces objets portent les traces du passage dans le feu.
Ces nouvelles fouilles ne bouleversent alors pas nos connaissances sur ce cimetière ; elles viennent en préciser les usages et la chronologie. L’opération de 2026 apporte ainsi une nouvelle pièce au puzzle funéraire de la nécropole de l’antique Augusta Suessionum.
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Un commentaire
A-t-on prévenu le locataire de l’Élysée que la France avait une histoire ?
A-t-on prévenu melenchon, que la France et les Français étaient debout bien avant les africains ?