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Une lecture stimulante que cet essai paru il y a quelques semaines : revenant sur la stratégie déployée par les gouvernements occidentaux face à l’épidémie de coronavirus, les auteurs nous invitent à prendre du recul par une mise en perspective des données et à se détacher de la litanie hypnotique, quotidienne et macabre de Jérôme Salomon. Et, ainsi, analyser le déroulement et les conséquences prévisibles de ce grand chambardement qu’est l’épidémie mondiale du Covid-19.

Loin de nier la réalité de cette maladie, il convient, disent-ils de lui redonner sa juste place : celle d’un virus inconnu dont le taux de létalité est de 0,05 %, dont la moyenne d’âge de ceux qui en sont morts est de 81 ans (soit la moyenne de l’espérance de vie française) et qu’il faut donc traiter comme un problème de santé publique, et non comme « une sorte de monstre réveillant nos peurs les plus profondes ». Faute de quoi, on fait de ce virus « un terroriste, c’est-à-dire un agent dont l’impact psychologique et sociétal dépasse de loin son impact physique » préviennent-ils, reprenant à leur compte les mots d’un médecin réanimateur de Toulouse.

En comparaison, rappellent-ils, la mortalité d’un virus comme Ebola est de 60 %. Neuf millions de personnes, dont la moitié d’enfants, meurent chaque année de la faim dans le monde, neuf millions du cancer, trois millions de bronco-pneumopathies diverses…

Le confinement ? L’application d’un remède archaïque, alors qu’il aurait fallu appliquer la méthode, bien connue des infectiologues, de diagnostiquer (ah, ces fameux tests qui nous ont tant fait défaut, au printemps dernier !), isoler et soigner. Et pour soigner, il n’aurait pas fallu ôter à la médecine de ville la liberté de prescrire, pas plus qu’il n’aurait fallu interdire l’usage de la chloroquine sur la foi d’une étude bidonnée du Lancet.

Un remède pire que le mal dont le but, bien plus que de contenir la maladie, fut de masquer et gérer, tant bien que mal, le risque d’engorgement des hôpitaux. Écrit avant la deuxième vague, il n’y a malheureusement rien à retirer à ce constat…

Le confinement, un remède pire que le mal ? Il a eu, en effet, des conséquences que l’on commence tout juste à identifier : croissance exponentielle de graves troubles psychiques au sein de la population, crise économique à venir. Or, les crises économiques s’accompagnent toujours d’une baisse de l’espérance de vie. Ce confinement a aussi révélé la faiblesse morale, la détresse métaphysique d’un Occident qui a permis que, dans les , les personnes âgées meurent seules, en silence, signant par leur disparition l’effacement de nos repères anthropologiques, de notre humanité, et l’avènement d’une barbarie nouvelle.

Au nom du principe de précaution.

Comment a-t-on pu prendre cette voie ? Les auteurs analysent tous les ressorts de la peur, « plus contagieuse que le virus ». C’est, disent-ils, la psychose qui a entraîné ce vent de panique : les gouvernants, et les nôtres en premier, quittant le domaine de la rationalité pour celui de l’émotion et, donc, de la surréaction, ont pris presque systématiquement les plus mauvaises décisions. Le bon sens était alors l’option la moins partagée du monde : « En raison de la mondialisation, des médias de masse, de la révolution numérique et des réseaux sociaux, c’est la première fois qu’une psychose s’est répandue dans l’Histoire. En 2020, nous avons assisté à une mondialisation de la psychose. »

Une fois enclenché le mécanisme de la peur, dans lequel les médias ont joué le rôle d’accélérateur de combustion, le monde entier s’est mis à dérailler, par une sorte d’étrange mimétisme, tant il est vrai, disent les auteurs, que « face à l’inconnu, l’Homme a tendance à régler son comportement sur celui des autres ».

Dès lors, dans une dernière tentative prométhéenne de maîtriser la mort, « un véritable totalitarisme sanitaire se met en place ».

6 janvier 2021

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