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Il n'est pas fréquent de signer son premier roman à vingt ans. Il est encore moins fréquent que ce roman soit maîtrisé, fluide, élégant et même émouvant. Si l'on ajoute, à ces rares talents, le choix qu'a fait Léonie Touvet (raconter, à hauteur d'homme, les guerres de Vendée vues par quatre jeunes gens), on comprend que l'on se trouve devant une excellente surprise et, puisque le contexte s'y prête, devant une lecture jeunesse de premier choix pour les vacances d'été.

En octobre 1793, Sylvain et Louise Gabauriaux, deux orphelins dont les parents, paysans, ont été assassinés, rejoignent l'armée vendéenne pour les venger. Emportés par le choc des batailles qui se succèdent, les deux héros découvrent de l'intérieur la dureté et la cruauté de la guerre, au moment de la tristement célèbre virée de Galerne. Avec l'Armée catholique et royale, dans les chemins creux de ce « grand quart nord-ouest », comme dit la météo, qui constituera la Vendée militaire, ils grandiront d'un coup, bien sûr, mais élèveront également leur âme et découvriront les choix de l'âge adulte. Dans le sillage de La Rochejaquelein, le jeune Tristan de Clécy commence à regarder la douce Louise avec des yeux plus insistants, tandis que Sylvain, jusque-là séducteur inconséquent, se désole de n'avoir que sa jeunesse dissolue à offrir à la délicate Rosalie, qui renouvelle la figure, romanesque et pathétique, de l'infirmière de guerre.

On n'en dira pas davantage, car ce livre doit se lire au grand galop et bénéficier de l'effet de surprise. Il suffira de convenir que la jeunesse de Léonie Touvet lui donne de l'enthousiasme, de la pureté sans naïveté, de l'idéalisme sans déconnexion. Elle apporte à l'Histoire vendéenne, qui est l'un des poncifs de notre famille politique, quelque chose de vraiment neuf qui évoque l'esprit des Signe de piste que certains connurent dans les années 60 et 70. Autour de la figure de Louise, véritable héroïne de cette fresque, on voit se dérouler la grande Histoire et se jouer des choix intimes. Avec un seul impératif : celui de demeurer, vaille que vaille, utrique fidelis, fidèle aux deux, à Dieu et au roi.

Utrique fidelis est à recommander dès 14 ans et sans limite d'âge. Salvator signe ici une belle collaboration qui, avec autant de simplicité que de fougue, renouvelle le genre du roman d'aventures et ressuscite, une fois encore, l'Histoire toujours jeune de la Vendée, dont le seul tort fut d'être fidèle à ce qu'elle était, et de son horrible rencontre avec la République.

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09 juillet 2023 à 18:50

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4 commentaires

  1. N’oubliez pas non plus les deux ouvrages de Reynald SECHER: « Vendée, du génocide au mémoricide » et « La Vendée-Vengé, le génocide franco-français » et vous comprendrez ce que veut dire l’expression: « les valeurs de la république » !

    Autre « pépite » sur les valeurs de la république,: « Une chouannerie flamande au temps de l’Empire (1813-1814) » de Paul Fauchille (à commander à la BNF)

  2. Ouvrir une cagnotte pour offrir, à Noël, ce livre aux cloportes LFI qui siêgent à l’Assemblée. Pari pas gagné car la lecture est un exercice exigeant et pour ces gens-là la culture historique un trou noir.

  3. Dans mon souvenir le spectacle du Puy du Fou commence par ce premier drapeau blanc , »DIEU et le ROI  » et ce fut pour moi un choc, la clé de compréhension de l’Histoire qui m’était racontée .la guerre de Vendée est bien une guerre de religions entre des Vendéens catholiques et royalistes et des républicains prétendant adorer la déesse Raison . L’histoire officielle nous est vendue par les vainqueurs de l’époque , cependant on est bien obligé de constater que la raison seule …déraisonne .

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