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Editoriaux - Le débat - 19 décembre 2017

La liberté d’expression menacée à l’Assemblée nationale

J’organise, le 17 janvier prochain, un colloque parlementaire sur le transhumanisme à l’Assemblée nationale. En somme, je fais mon travail de parlementaire en préparant les “États généraux de la bioéthique” et les résultats de la “Mission d’étude sur l’intelligence artificielle”.

Je sais ce sujet sensible : en France, confraternités et idéologues veulent bâillonner tous les renégats de la foi progressiste. Ici, point d’avocat ; qui ne fait pas de l’éradication de la fragilité et de la licence la plus complète un idéal doit être vilipendé !

Je ne m’attendais, néanmoins, pas à ce que les rédactions dénoncent cette journée. Le règlement de l’Assemblée permet à chaque député de travailler et donc d’inviter qui il le souhaite.

Ajoutons, d’ailleurs, que si les interlocuteurs des commissions et des ministres étaient plus variés, nous n’aurions pas besoin de dépasser des heures de travail à instaurer un peu de pluralité dans le débat.

Plus grave, une collègue, méconnaissant la courtoisie parlementaire la plus élémentaire, a exigé l’annulation de cette réunion. Présidente de la “Délégation à l’égalité femmes-hommes” et “devin”, elle ose prétendre que ce colloque serait en réalité factieux et même qu’il relèverait du délit d’entrave. Cette fermeture d’esprit est très inquiétante alors que le parti unique en marche est à la manœuvre pour réformer le règlement de l’Assemblée et les lois bioéthiques.

Dans leurs esprits, la liberté d’expression n’existe que pour les zélateurs du progressisme éperdus et le travail parlementaire n’a d’autre rôle que de valider la pensée unique.

Cette majorité à la dérive est inquiétante : ficelée par une charte de fonctionnement rigoriste, elle veut censurer ses derniers opposants.

Je compte bien continuer à les indisposer : après tout, les Vauclusiens m’ont élue pour ça !

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