Que l’on soit évolutionniste ou créationniste, ou les deux si l’on considère ces deux hypothèses scientifiquement compossibles et théologiquement compatibles, un pacte tacite s’est instauré depuis cent mille ans entre l’espèce humaine et la nature. À condition de considérer l’Homme comme un animal doté d’un supplément de conscience et d’âme qui le distingue de ses co-vivants, vérité mise en cause à notre époque égarée entre un scientisme froid et une sensiblerie animaliste plus pauvre que l’animisme.

C’est cette vertigineuse épopée que retrace, notamment, le best-seller Sapiens, depuis les temps reculés où l’Homme, de chasseur cueilleur nomade, est devenu agriculteur sédentaire puis citadin dénaturé, en voie de robotisation et de lobotomisation transhumanistes. Sans y avoir beaucoup gagné en sagesse ni en bien-être. Or, la domestication des animaux a permis à l’Homme d’évoluer en libérant de la force de travail et de pensée dans un rapport naturel et mutuel d’utilité, de protection et d’affection. Sans elle, la mécanisation, qui a pris le relais il y a très peu de temps, n’aurait pas eu lieu. Ceci nous donne envers eux une responsabilité particulière

Peu d’animaux ont développé avec l’Homme une relation aussi forte que le chien, depuis qu’un loup isolé de sa meute et en quête de soins, il y a plus de dix mille ans, a osé s’approcher d’un campement humain. Au point d’acquérir de profondes modifications génétiques comme, par exemple, des muscles spécifiques qui lui permettent d’échanger des regards enamourés par la libération mutuelle d’hormone ocytocine, phénomène identique à celui qui a lieu entre une mère et son nourrisson. C’est ce qui donne un caractère particulier et symbolique à la relation homme-chien.

Depuis, l’histoire commune s’est modifiée et les fonctions attribuées aux multiples races canines, utiles et non utiles, se sont diversifiées. La belle chanson de Serge Lama  « C’est mon ami et c’est mon maître », adressée à son mentor Marcel Gobineau, pourrait aussi bien s’appliquer au chien sans diminuer l’Homme, comme le suggère l’expression équivoque « maître-chien ».

Nelson Mandela disait que le traitement par l’Homme des animaux domestiques est un indicateur du degré de civilisation. Or, pour ceux qui n’ont pas hérité de la bêtise et de la méchanceté de certains bipèdes à leur contact, les chiens font habituellement preuve d’intelligence et d’affection, de loyauté et d’un dévouement qu’on retrouve peu dans des sociétés humaines urbanisées en rupture avec la nature. Le banquier Antoine Bernheim disait que « la reconnaissance est une maladie du chien non transmissible à l’Homme » pour pointer l’ingratitude qui règne dans le monde politique.

Cela vaut a fortiori dans les sociétés sous-développées en voie forcée d’urbanisation, comme en . On avait, ici, évoqué le chien Hunter, témoin vivant de l’effet positif de l’homéopathie car peu suspect de sensibilité à l’effet placebo. Hélas, Hunter vient de mourir d’empoisonnement volontaire par de lâches bipèdes qui se condamnent eux-mêmes à leur procès en inhumanité. Si le chien reste un animal, l’Homme se mue parfois en bête. Mais l’aventure doit se poursuivre pour que le chien continue à aider l’Homme à s’humaniser.

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