On nous le répète assez, demain ne sera plus jamais comme avant et l’heure est aux idées novatrices dans tous les domaines. BFM TV nous apprend, ainsi, que deux jeunes « ingénieures » en biologie se sont lancées dans une recherche à côté de laquelle celle du vaccin anti-Covid-19, de l’énergie gratuite et du mouvement perpétuel ne sont que broutille : l’élaboration d’un œuf vegan.

On ne le sait pas assez, mais les vegans ont un gros problème. Alors que des industriels avisés – exclusivement animés par le souci du bien-être animal, ça va sans dire – ont réussi à produire du boudin aux pommes à la poularde demi-deuil, des succédanés acceptables (pour les croyants) de presque toutes les saveurs et textures, ils se trouvent comme Christophe Colomb confronté à un térébrant problème d’œuf !

Car interrogés sur ce qui leur manque le plus, les végétaliens mettent presque tous en avant ce merveilleux don des poules, et donc d’élevages animaux.

Certes, l’œuf en poudre était déjà un immense progrès, puisqu’il permettait de satisfaire un fantasme universel – faire des omelettes sans casser des œufs – mais il était toujours issu de cette honteuse exploitation animale…

Un immense bond scientifique restait donc à faire pour produire un succédané vegan d’œuf cru en coquille, ce à quoi se sont attelées nos deux chercheuses.

S’inspirant des techniques de la cuisine moléculaire, elles ont déjà synthétisé à partir d’une dizaine d’ingrédients (sans gluten, on l’espère…), « un blanc liquide dans lequel se trouve un jaune sphérique qui se distingue du blanc ». Tout en admettant que, pour le goût, il y a encore des progrès à faire.

Mais c’est pour la coquille que les choses se gâtent vraiment. « Nous avions dans un premier temps envisagé de reproduire une forme de coquille d’œuf, mais nous avons réalisé qu’il allait être difficile de mettre au point un emballage de cette forme qui soit étanche afin de contenir notre produit liquide tout en excluant le plastique. » C’est vrai, à quoi rimerait d’être vegan si l’on n’est pas également écoresponsable ?

Pour l’instant, ces Géo Trouvetou femelles couvent leurs idées dans une alvéole de la Station F de , l’incubateur (ça tombe bien !) de start-up de Xavier Niel, et ont déjà levé 13.000 euros de financement participatif ; tant il est connu que les banques ne savent pas investir dans les vrais projets d’avenir… Alors, si cela vous tente de collaborer au projet « Merveillœufs » (dont le prix de revient au kilo voisinera probablement celui de la truffe blanche), c’est sur la plate-forme KissKissBankBank, du groupe La Banque postale.

Mais qu’il s’agisse des œufs ou des enfants, beaucoup penseront que la méthode naturelle de production restera encore longtemps la plus éprouvée, et surtout la plus savoureuse…

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