Cinéma - Editoriaux - Politique - Société - Table - 16 mai 2013

Les seins nus des Femen cachent mal leur conformisme !

Après leur précédente sortie peu gratifiante, les Femen ont remis le couvert dimanche dernier en narguant d’un balcon parisien l’effigie d’une France traditionnelle devant ses fils venus lui rendre hommage.

Et on les présente comme des rebelles, celles qui bravent parfois les lois de la République pour défendre les droits des femmes ! Mais à qui et à quoi servent réellement ces Ukrainiennes aux seins nus qui séduisent l’ensemble d’une classe médiatique relayant systématiquement, et avec éloges, leurs aventures ?

De toute évidence, ces mises en scène (toujours bien contrôlées) font des Femen les dindes militantes d’une société du spectacle qui agite ses pantins pour mieux véhiculer l’idéologie de la marchandisation du corps humain.

L’idéologie post-soixante-huitarde de leurs aînées avait déjà transformé l’image somptueuse de la femme alors charmante et distinguée – se définissant plus louve que gibier – en simple objet de publicité. Cette liberté tant réclamée s’est traduite au final par la possibilité d’abuser de leurs jolies formes pulpeuses pour mieux vendre un shampooing, une voiture ou un navet cinématographique.

En se positionnant comme apôtres du féminisme, les Femen, comme leurs mères idéologiques, ont tué la féminité. Voulant inéluctablement remplacer le charme de la pudeur par la vulgarité de l’exhibition, elles sont devenues les idiotes utiles d’un capitalisme apatride faisant de leurs outils de séduction un business comme un autre.

Hier, elles défilaient pour la libération sexuelle, aujourd’hui elles paradent nues pour mieux pouvoir louer leur ventre. Cette manipulation machiavélique, souillant la dignité humaine davantage qu’elle ne la flatte, nous renvoie directement à cette citation de Jünger: « L’esclavage prend de graves proportions lorsqu’on lui accorde de ressembler à la liberté. »

J’aurais pu, c’est vrai, manifester un brin de respect si leurs activités urbaines suscitaient quelque soit peu d’héroïsme. Mais la Femen n’est pas joueuse. Elle préfère se balader à poil dans une église vide plutôt que dans une synagogue un jour de sabbat. Elle joue à narguer des patriotes du toit d’un immeuble en prônant un message confus plutôt que de défiler contre la lapidation des femmes en pays musulman lors d’un congrès de l’UOIF. Décidément, le courage des uns s’arrête là où commence celui des autres.

Alors qu’une image subversive leur colle à la peau, combien y a-t-il eu de procès pour celles qui prétendent lutter contre l’ordre réactionnaire en France ? Il est également intéressant de comparer le traitement de faveur qui leur est octroyé par le gouvernement avec celui des opposants au mariage pour tous, victimes d’arrestations pour le simple port d’un sweat-shirt ou encore celui de ces jeunes de Génération Identitaire placés sous contrôle judiciaire pour le simple fait d’être monté sur le toit du chantier d’une mosquée en construction.

La véritable résistance politique se mesurant généralement au degré de répression qu’elle engendre, il est maintenant facile de comprendre de quel côté de la barricade les Femen se positionnent…

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