Les Républicains au Cirque d’hiver pour se trouver une ligne idéologique claire

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Ce 17 juin ont été lancés au Cirque d’hiver - les mauvaises langues diront que le lieu est propice pour un parti habitué, ces dernières années, aux pirouettes politiciennes – « les États généraux de la droite pour la France », un parcours de six mois pour donner un nouveau souffle à un parti en nette perte de vitesse. Pour cet événement, étaient présents les grands pontes du parti et quelques figures médiatiques comme le sociologue Mathieu Bock-Côté, l’écrivain Éric Naulleau ou encore le politologue Dominique Reynié.

Autour de ce rassemblement, plusieurs enjeux se dessinent, dont un, crucial : tracer une ligne politique claire pour l’horizon 2027. Après le cataclysme de la présidentielle, la nouvelle direction du parti tente de redresser la barre et cherche à trouver une issue politique aux divisions internes. La quête pour regagner en crédibilité va être longue. Certains électeurs ont été déçus que les parlementaires LR aient agi, dernièrement, en force d'appoint de la majorité présidentielle. Ainsi, Rémi, un adhérent encarté depuis plus de trente ans, espère beaucoup de ces états généraux. « Ça me rappelle les grandes réunions du RPR. » Et de poursuivre : « Le vote pour la retraite à 64 ans par certains élus de droite m’a véritablement atteint. J’aurais aimé une attitude moins politicienne, à l’instar de Pradié qui souhaitait défaire ce gouvernement et écouter les 70 % de Français qui ne voulaient pas de cette réforme. » Pratique politicienne ou pas, les LR ont surtout plaidé la cohérence idéologique, position qui semble avoir un goût amer pour certains soutiens.

Quelle ligne pour 2027 ?

En préambule, Éric Ciotti martèle : « [Je ne veux pas] me résigner à voir notre famille politique jouer les seconds rôles ou les supplétifs des uns ou des autres. » Et d’ajouter : « La seule place qui vaille pour nous, c’est la première. La seule boussole qui doit nous guider, c’est l’intérêt de la France. » Phrase qu’on croit avoir entendu mille et une fois mais qui touche encore le cœur d’un Cirque d’hiver comble.

Peu de temps après les premières tables rondes, une conseillère de Paris se laisse aller à la confidence : « Je me demande bien qui ira en 2027… Laurent Wauquiez est pressenti mais il traîne des casseroles, je ne suis pas certaine que cela plaise au plus grand nombre. Quant à Retailleau, j’aime ses idées, mais je ne crois pas que ce soit celui qui les incarne le mieux et qui réponde le plus aux attentes des Français. » Et David Lisnard ? « Bonne question, s’il est aimé de nos adhérents, David est détesté au sein même du parti, il est perçu comme un loup solitaire. » La question a encore du chemin à faire, mais le sujet des primaires est dans la tête de beaucoup. Un adhérent de l’Oise, ouvertement « fan de Ciotti » et très enthousiaste d’être présent, déplore « un système voulu par Sarkozy ». « Ça crée des divisions inutiles », insiste le militant.

Des États généraux ou un Grand Débat des valeurs ?

Les affiches de promotion de l’événement font étrangement penser au Grand Débat organisé par Valeurs actuelles : avec le portait des intervenants sur fond bleu marine et rouge, les similitudes sont troublantes. Une identité visuelle tout à fait assumée par un collaborateur d’élu, qui nous confie : « L’identité visuelle est en effet proche de celle du Grand Débat des valeurs qu’avait organisé Valeurs actuelles [en avril dernier, NDLR]. » Et de préciser : « Le but de ces États généraux est de bien faire comprendre aux militants et soutiens de notre parti que les discussions sont ouvertes, que nous ne cherchons plus à imposer une ligne à nos militants. » Ne sachant plus très bien où elle va, la droite de gouvernement s’en remet aux adhérents restés fidèles. Cette première journée de discussion a aussi été celle de l’annonce du lancement d'un site participatif. Le collaborateur indique : « Éric Ciotti a promis un référendum interne, nous voulons renouer avec une pratique gaullienne de l’exercice politique. C’est d’ailleurs pour cela que nous lançons notre plate-forme françaisesfrançais.org, pour entendre la parole de tous. » Énième tour de passe-passe ou véritable volonté de renouer avec le gaullisme historique ? L’avenir le dira. Prochaine étape périlleuse : les élections européennes.

Julien Tellier
Julien Tellier
Journaliste stagiaire à BV

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Le cirque d’hiver ça leur va bien : des clowns, des prestidigitateurs, des funambules, des transformistes, des fauves. Seul Monsieur Loyal manque à l’appel .

  2. Comment peut on rester dans le même Parti Politique pendant 2 ou 3 décennies, surtout les Républicains, de l’UMP devenu L R et qui a tant menti au plus haut niveau à ses adhérents, à commencer par le Référendum de 2005 non appliqué, suivi par le Traité de Lisbonne ? ! Actuellement L R est un attelage assez hétéroclite qui n’est pas la Droite. Ils ont même remplacés à la dernière minute leurs députés présents à la Commission au sujet de la Réforme Retraite. Votez Renaissance ou L R c’est pareil…UMP ou LR avant les élections sont très forts, c’est après qu’ils se couchent ou ne font que le minima…Reconquête est la Droite…. »les yeux fixés sur la ligne des Vosges » ou La France d’abord.

  3. « Ne sachant plus très bien où elle va, la droite de gouvernement s’en remet aux adhérents restés fidèles. ». Cette seule remarque prouve que les dirigeants de ce parti n’ont aucune vision. Ce sont des profiteurs, prêts à toutes les compromissions pour obtenir un maroquin. Ils participent du flou pour que ce soit toujours le même, choisi par l’oligarchie, qui triomphe.

  4. On se demande comment il existe encore des gens qui se revendiquent LR , de surcroit se disent de droite . Une bonne fois pour toutes , ce parti se situe au centre droit et tout ce beau monde se retrouve au cirque d’hiver , ils ne sont pas dépaysés ce sont des clowns .

  5. Berlusconi au moins avait choisi l’alliance avec Fratelli d’Italia et la Lega pour continuer à être à droite. Mais tant que Sarkozy tirera LR dans le camp Macron, LR continuera son naufrage.

  6. Cela me rappelle la chanson de Louis Cheddid : « Nous sommes des clowns, sous le grand chapiteau »…

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