Nous aurions pu nous attendre à lire qu’ils étaient offusqués par le discours antisioniste du Labour ou le discours carrément antisémite de bien des militants, ce « socialisme des imbéciles » – expression du social-démocrate August Bebel -, comme nous le rappelait Alexis Lacroix, du Figaro. Nous aurions pu lire qu’ils se réjouissaient que s’apprête à faire voter une loi anti-BDS (Boycott, Disvestment and Sanctions). Lire qu’ils se moquaient du discours complotiste qui voit la main du Likoud dans la victoire de Boris Johnson salué par Benyamin Netanyahou comme un ami d’Israël.

Nous aurions pu nous attendre à de l’inquiétude lors de l’attentat du Black Friday, le 29 novembre, une attaque terroriste islamique à l’arme blanche survenue sur le pont de Londres, dans le centre de la capitale, faisant deux morts et trois blessés, et alors qu’on dit que ce sont toujours eux les premières victimes des attentats islamistes.

Mais ce que révèle metro.co.uk, c’est que « des musulmans britanniques ont commencé à quitter le par crainte pour leur “sécurité personnelle” maintenant que Boris Johnson est Premier ministre pour cinq ans. Parmi eux se trouve le directeur d’une organisation caritative musulmane, qui fournit des colis alimentaires aux pauvres de Manchester. Manzoor Ali a dit : “J’ai peur pour ma sécurité personnelle, je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants”. »

Peu importe qu’un assaillant ait sévi, le 11 octobre, dans le centre commercial d’Arndale, à Manchester, faisant cinq blessés, que le pont de Londres ait déjà été le théâtre d’un attentat au camion bélier faisant plusieurs morts, également revendiqué par l’État islamique. Les déclarations de Manzoor Ali surviennent, poursuit Metro, après que le Premier ministre a été accusé d’« islamophobie et de racisme » à la suite d’un vieil article de 2005 où, après les attentats islamistes faisant 56 morts et 784 blessés, il affirmait « naturel », pour le public, d’avoir peur de l’islam. On reproche également à Boris Johnson d’avoir comparé les femmes musulmanes aux « boîtes aux lettres et aux braqueurs de banque » dans un article du Telegraph, l’an dernier, mais celui-ci rétorque que ces propos ont été sortis de leur contexte et soutient que les femmes musulmanes peuvent porter ce qu’elles aiment.

Pendant ce temps-là, Red Ken (Ken Livingstone, ancien député et maire de Londres), suspendu par le Parti travailliste en 2016 et qui a démissionné l’année dernière à cause de commentaires sur Hitler et le sionisme, impute la défaite des travaillistes au « vote juif ». « Socialisme des imbéciles », écrivions-nous. Pour « justifier » l’écrasante défaite du Parti travailliste et des anti-Brexit, , « en roue libre », souligne Valeurs actuelles, « [a] pointé du doigt » Jeremy Corbyn, avant de s’en prendre à « la grossière accusation d’antisémitisme » dont Corbyn a été victime de la part du « grand rabbin d’Angleterre » et des « divers réseaux d’influence du Likoud, un parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël ». « Au lieu de riposter, Corbyn a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. » À la fin de son réquisitoire, le chef de La France insoumise se dresse même contre… « les ukases arrogantes des communautaristes du CRIF ». Hallucinant.

Manque plus que Renaud réincarné en chien pissant sur Mme Thatcher en guise de réverbère, sur fond de Big Ben qui sonne « Femme je t’aime, na na na », immonde chanson politiquement correcte. Boris ne vient-il pas de se faire élire en tant que Premier ministre sortant, chef des Tories, avec un score digne de Margaret Thatcher lors de son troisième mandat ?

À lire aussi

Les Anglais reprennent le contrôle, en dépit de la mauvaise foi de l’Union européenne

Le Premier ministre Boris Johnson espère réaliser, grâce au Brexit, sa vision d'une « Glob…