Éric Dupond-Moretti a raison : les extrémistes du féminisme, comme ceux de l’écologie, doivent être combattus et il ne faut pas avoir peur d’eux.

La cause féministe si belle et juste dans son principe – l’égalité des droits dans tous les secteurs de la vie, familiale, professionnelle et sociale – est totalement dévoyée par une idéologie qui voudrait instaurer une guerre civile entre les sexes et laisser croire que « l’homme serait la haine de la femme ».

Derrière ces dérives qui oscillent entre ridicule et grandiloquence, il y a des démagogies encore plus éclairantes que d’autres.

Je regarde de moins en moins le parce que j’ai été défrisé par des exploits que j’applaudissais et qui étaient dus au dopage. Et maintenant, on veut me priver des ravissantes hôtesses en maillot de bain qui, à chaque étape, gratifiaient le vainqueur qu’elles encadraient et embrassaient.

Ce sera même pire : on gardera une hôtesse, mais il y aura aussi un hôte. Un homme, une femme sur le podium. Une parité grotesque. Jusqu’où l’angoisse de manquer le train stupide d’une évolution que notre faiblesse rend irrésistible conduira-t-elle nos élites dans quelque domaine que ce soit !

Ainsi, aujourd’hui, de telles scènes unisexes seraient insupportables parce qu’elles dégraderaient l’image de la femme ?

Quelle étrange manière de se plier au féminisme militant en décidant à la place de ces jeunes femmes de leur exhibition ou non sans s’interroger une seconde sur leur condition, leur quotidien et leur désir ! Aurait-il été aberrant de les laisser arbitrer en faveur ou non de leur gracieuse présence ?

 

Quel subtil mépris, masqué par un progressisme moutonnier, de les percevoir obligatoirement, les unes et les autres, sans rien connaître de leurs tréfonds et de leur existence, tels des poupées sans esprit, des corps sans humanité, des comportements sans allure ? Comment qualifier ce féminisme totalitaire incapable d’accepter la liberté des êtres, la richesse des personnalités et se plaisant à confondre, pour humilier, l’apparence avec la profondeur, sinon comme l’emprise dévastatrice d’un combat de mauvais aloi, jamais questionné dans ses outrances, sur une société tétanisée par la peur de mal penser, mal juger et mal agir ?

Au risque d’amplifier les leçons d’une éradication que les organisateurs du Tour de France, jamais en retard d’un conformisme perçu comme dominant, ont voulue pour mettre cette course d’hommes dans le vent d’aujourd’hui, je vois bien plus dans cette suppression qui va affecter négativement chaque étape.

J’ose le terme : cette gratuité, cette joliesse, ces esthétiques, ces sourires étaient, au sens propre, insupportables dans un monde qui ne se supporte plus qu’en affichant son sérieux, sa gravité et sa bonne conscience. Derrière ces aigreurs que l’idéologie, l’extrémisme prétendaient sublimer – quelle épouvantable représentation du sexe féminin diffusent ces jouets soumis à l’emprise virile, ces fausses élégances, ces déplorables beautés, ces tenues équivoques ! -, cherchons bien.

Il n’est pas tolérable, pour un monde imparfait, pour des luttes se piquant d’être exemplaires, pour des collectifs passionnés, parfois passionnants mais dénués de toute envie, voire de possibilité de plaire, de valider une superficialité agréable, d’applaudir à des anatomies irréprochables, de légitimer des grâces inspirées par la seule volonté de présenter de soi la plus belle image qui soit. Le féminisme serait une cause trop sérieuse pour la laisser se noyer dans le futile, l’inutile et le léger !

On aboutit à ce paradoxe que pour militer pour l’honneur et la dignité des femmes, on en enlève une sur deux pour la remplacer par un homme dont la présence ridiculisera la virilité et dégradera la féminité dans ce qu’elle doit avoir d’unique.

Ils sont devenus fous !

Cachons donc ces hôtesses que notre humanisme bêlant ne saurait plus accepter, que notre lâcheté est condamnée à trouver détestables !

Il faut, dans l’urgence et sans jamais céder, combattre les ayatollahs d’un féminisme délirant en devenant nous-mêmes les ayatollahs du bon sens, les défenseurs de ce qui a le droit de ne pas se justifier.

Extrait de : Justice au Singulier

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