Les gilets jaunes dindons de la farce : ce sont les policiers qui tirent leur épingle du jeu !

Après les cinq journées de manifestations intensives des gilets jaunes des mois de novembre et décembre 2018, les policiers ont obtenu une hausse de leur salaire en moyenne de 120 à 150 euros nets par mois. Deux associations de gendarmes, dont le journal L’Essor, relèvent que lorsque le ministère de l’Intérieur annonce la mobilisation exceptionnelle de 89.000 personnels pour l’acte IV des gilets jaunes, le 8 décembre, il s’agit de 65.000 gendarmes et de 24.000 policiers. L’association Gendarmes et citoyens précise, pour sa part, dans un communiqué publié lundi 10 décembre sur son site, que “quand la gendarmerie mobilise 65 % de ses effectifs, la police engage moins de 20 % des siens.

On peut lire également, dans L’Essor, que cette forte mobilisation de l’arme a été rendue possible par le statut militaire des gendarmes qui leur impose des sujétions exceptionnelles. Le rôle majeur de la gendarmerie dans cette situation qualifiée d’insurrectionnelle ne va pas passer inaperçue. Il y a deux ans, en pleine guerre des polices, l’intersyndicale Unsa-Police/SCPN raillait un “acteur mineur du champ de la sécurité : la gendarmerie nationale” ! Elle interroge également les choix stratégiques du quinquennat : sur les 10.000 recrutements prévus dans les forces de sécurité, 7.500 ont été attribués à la police et 2.500 aux gendarmes.

Pour revenir à l’acte IV des gilets jaunes, Gendarmes et citoyens estime que, “a minima, on pouvait s’attendre à ce que la police suspende également les indisponibilités de ses personnels dans une situation aussi grave. Ce ne fut pas le cas.” Pire, constate l’association, “en province, des policiers, sur ordre, ont fermé les grilles de leur commissariat, abandonnant le soin de gérer les manifestations aux gendarmes, dépêchés en urgence pour assurer le maintien de l’ordre sur un territoire dont ils sont exclus habituellement”. Côté police, explique Gendarmes et citoyens, “les repos de la sûreté urbaine n’ont en aucun cas été suspendus, mais reportés sur la base du volontariat”. “Trois quarts, environ, des fonctionnaires de police ont donc fait ce choix de ne pas se porter volontaires”, regrette l’association, qui ajoute que “les maires des communes qui ont connu des débordements gravissimes seront ravis de l’apprendre”.

Je partage l’ensemble des constatations évoquées ci-dessus, que j’ai vécues à plusieurs reprises durant ma carrière. En particulier, s’il est normal que les gendarmes, à statut militaire, soient entièrement disponibles pour sauver la République, il n’est pas normal qu’ils doivent remplacer les policiers lorsqu’ils font défaut dans leur zone de compétence. Constatons simplement que ce sont les policiers qui viennent d’obtenir une substantielle augmentation de salaire. Je n’imagine pas qu’il n’en soit pas de même pour les gendarmes, sinon c’est l’explosion assurée comme en 2000, après les annonces indiciaires et statutaires de Jospin en faveur des policiers. Cela mérite même une question écrite ou orale au gouvernement.

Les gilets jaunes sont les dindons de la farce, avec 100 euros d’augmentation pour la moitié seulement des salaires au niveau du SMIC, alors que ce sont les policiers qui tirent leur épingle du jeu, avec une augmentation de salaire de 120 à 150 euros, le comble de l’injustice ! Je me risque à prédire que la grogne va reprendre de plus belle.

Quant à la reconnaissance de la disponibilité des militaires et leur niveau de salaire ? Le néant !

À lire aussi

Président Macron, Omar el-Béchir ne doit pas échapper à la justice internationale

Omar el-Béchir fait toujours l'objet de deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internation…