Le chat parti, les souris dansent… Il n’aura fallu que quelques jours pour confirmer ce que nous disons depuis des mois : chassé de la Maison-Blanche, c’est un véritable boulevard qui s’ouvre devant la Chine communiste et ses ambitions mondiales. À peine trois jours après la cérémonie d’investiture de Biden, a tenu à fêter l’événement en marquant son territoire, via ses avions militaires. Ce sont, en effet, huit bombardiers nucléaires et quatre avions de qui ont pénétré le ciel taïwanais, ce week-end, provoquant la mise en alerte des missiles de taïwanais.

Événement inhabituel, surtout par l’importance de l’escadrille envoyée pour survoler ce bout de Chine rebelle au communisme de Pékin : Xi a vraiment voulu marquer les esprits, et montrer sa détermination. Pour mémoire, l’île de Taïwan fut la base de repli des nationalistes chinois fuyant le maoïsme, elle est revendiquée depuis 1949 par la populaire de Chine, qui ne reconnaît pas son indépendance. Les États-Unis se sont toujours posés en garants de la souveraineté de l’île, et face à la menace grandissante d’une Chine de plus en plus impérialiste, Trump avait su calmer les ardeurs de Pékin. Oui, mais voilà, Biden est désormais à la Maison-Blanche; Xi le sait, il n’aura pas en face de lui cet adversaire irrésolu, fantasque, imprévisible et inquiétant qu’était Trump. Il pourra composer avec Biden, grand bourgeois de la côte est, plus diplomate, plus policé, plus prévisible, probablement révulsé à l’idée de jouer au matamore, à bander ses muscles comme un vulgaire droitard va-t-en-guerre.

Oui, mais voilà, face à des Xi, mais encore des Kim ou des ayatollahs, qui ne raisonnent qu’en termes de rapport de force, difficile de faire autrement que de montrer ses crocs. Ce que Trump savait faire à merveille, avec, en plus, ce grain de folie qui avait le don d’en effrayer plus d’un. Trump avait mis la sous l’éteignoir, les ayatollahs de Téhéran en panique. Il avait rameuté tous les pays arabes sunnites et leur avait forcé la main pour reconnaître l’État d’Israël. Contrairement au discours ressassé sur tous les grands médias, ces quatre ans de mandat se sont soldés par de retentissants succès diplomatiques, comme aucun autre président américain depuis Reagan n’en avait enregistré. Aucun commentateur n’a souligné les satisfecit et cris de soulagement de Pyongyang, de Téhéran, de Pékin de voir partir le grand méchant Trump : on le faisait passer pour un fou dangereux, sans voir qu’il jouait au fou pour « terroriser les terroristes », technique de géostratégie bien connue mais que peu osent et savent appliquer à bon escient.

Les mêmes commentateurs se lamenteront bien vite des menaces que ces pays font peser sur la paix, oubliant qu’eux-mêmes auront grandement contribué au retour en grâce des dictateurs belliqueux en fustigeant sans répit Trump, le seul ennemi qui savait les tenir en respect.

27 janvier 2021

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