Le CAC 40 remonte à la verticale à 5.198, ce vendredi 5 juin, soit 40 % de hausse depuis le plus bas de 3.755 du mois de mars et 20 % de hausse depuis le début du déconfinement, et une baisse qui n’est plus que de 14 % depuis début janvier 2020. Wall Street se sent également pousser des ailes avec un NASDAQ en progression de 12 % depuis le début de l’année et un S&P 500 au plus haut. Le recul de la pandémie, conjugué à la folle création monétaire des banques centrales et aux relances budgétaires gouvernementales dans le monde, galvanise les boursiers, avec une hausse spectaculaire de Renault de 47 % en un mois, de 40 % pour Airbus, de 38 % pour la BNP, de 30 % environ pour les foncières Klépierre et Unibail-Rodamco. Les investisseurs parient sur une reprise en V.

Mais les seuls véritables événements nouveaux positifs, c’est le recul de la pandémie et la seconde vague de contamination qui paraît peu probable. Ce sont aussi les 2,5 millions d’emplois qui ont été créés en mai, aux États-Unis, alors que les analystes attendaient 8,5 millions d’emplois détruits. Le taux de chômage est retombé à 13,3 % en mai, aux États-Unis, alors que des économistes pessimistes le voyaient frôler les 20 %.

Les fondements macroéconomiques, eux, sont toujours aussi fragiles avec une impossibilité absolue de pouvoir faire marche arrière en matière de création monétaire, de pouvoir augmenter un jour les taux d’intérêt, de pouvoir rembourser un jour les dettes monstrueuses des États. La fuite en avant continue bel et bien, et sans les énormes liquidités qui ont été créées par les banques centrales, cette hausse artificielle n’aurait jamais eu lieu.

La a montré que, faisant fi complètement du jugement de la Cour de Karlsruhe, elle était prête à tout pour soutenir l’économie. Ce n’est plus une augmentation de la masse monétaire, mais le déluge ! Le bazooka de 750 milliards du programme d’achat urgence pandémique (PEPP) annoncé en mars va être relevé, alors que ces 750 milliards s’ajoutaient déjà aux 300 milliards d’un autre programme prévu sur l’année. Rien qu’en avril et mai 2020, 234 milliards d’euros ont été créés. La BCE ne respecte plus aucune règle de proportionnalité (part d’un État à son capital pour chaque émission d’un pays et 33 % de limite maximum de la dette d’un pays membre). La BCE a racheté la totalité des emprunts émis par l’ pour plus de 50 milliards d’euros.

Comme les 750 milliards, à ce rythme, seront épuisés en octobre, la magicienne Lagarde envisage un nouveau paquet de 600 milliards d’euros. Le bateau ivre « BCE » continue sa folle marche en avant tout droit dans le mur avec, à la clé, la perte de confiance dans l’euro, nouvelle monnaie de singe, style Zimbabwe et Venezuela. Le montant de l’actif du bilan de la BCE sera passé de 2.000 milliards d’euros, début 2015, à 6.500 milliards d’euros, fin 2020, soit, à peu de choses près, le montant actuel de l’actif en augmentation tout aussi rapide de la Fed américaine (environ 7.000 milliards de dollars). La BCE détient, aujourd’hui, le quart des dettes publiques de la zone euro, sans espoir de remboursement.

De plus, les taux d’intérêt n’ont plus le droit d’augmenter, sous peine d’explosion du système. Et l’on apprenait, ce vendredi, que le PEPP serait encore augmenté de 500 milliards d’euros en septembre, soit, en tout, un PEPP de 1.850 milliards d’euros ! Peu importe les traités puisque la Cour européenne sanctifie la fuite en avant ! La BCE crée, en fait, près de 6 milliards d’euros par jour, en rachetant des dettes très souvent pourries à l’encan !

Quant au plan de relance de l’Union européenne de 750 milliards début 2021, on ne sait toujours pas comment il sera remboursé. Par des impôts nouveaux européens, par des emprunts des pays membres ? Alors que 746.000 personnes ont grossi les rangs des inactifs, au mois d’avril, en Italie, ce pays est le grand gagnant de la politique actuelle de la BCE, mais il faut savoir que c’est, en fait, la Banque d’Italie qui rachète les obligations de la dette italienne. La BCE ne fait que consolider les rachats de leurs propres dettes par les banques centrales de chaque pays membre, jusqu’à ce qu’un jour, tout explose avec dévaluation des monnaies nationales, retour à la monnaie commune et abandon de la monnaie unique…

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