Il aura suffi que Trump prononce son intention d’inscrire les « antifas » sur la liste des organisations terroristes pour que le tout-Hollywood, qui finançait avec fierté lesdits combattants de la lutte sociale, se mette à trembler sur son trône d’or. Qui sait, le FBI pourrait frapper à leur porte ?

Il y a quelque chose de pathétique dans la vie politique américaine, voire de surréaliste.
Trump, demi-Robin des bois, s’était fait avoir comme un bleu dès sa prise de fonction. Toutes les révélations d’aujourd’hui sur le « Spygate » ou le « Flynngate » montrent, en effet, de façon consternante que Trump aurait pu immédiatement tuer dans l’œuf le coup d’État semi-légal monté contre lui. Il lui suffisait de rendre publiques toutes les informations aujourd’hui révélées qui non seulement le blanchissent, lui, Flynn, et ses équipes, mais démontrent la nocivité vicieuse, « nixonienne », de l’administration partante. Il en avait le pouvoir. Il ne l’a pas fait. Probablement parce qu’il n’avait pas encore pris le contrôle du parti républicain.

Quant lesdits faux frères républicains, ils vivent désormais dans la crainte d’être éclaboussés par le « Spygate », car bon nombre d’entre eux, proches du sénateur McCain, voulaient faire tomber le nouveau président. Depuis, inlassablement, Trump a tissé sa toile, veillant à renouveler par des primaires internes les futurs candidats au Congrès, plaçant ses fidèles à des postes clés, ce qui lui permet de mieux contrôler son véhicule, selon Le Parisien. Mais le ménage est encore loin d’être fait, en particulier en ce qui concerne sa famille, derniers reliquats de son équipe « télé-réalité » qui lui ont donné des conseils jusqu’ici déplorables.

Pour ce qui est des démocrates, l’on pourrait dire qu’ils se divisent entre la branche gérontocratique de l’übercapitalisme caritatif (Pelosi, Schumer) et les jeunes, c’est-à-dire la « section non armée » des antifas (le clan Ocasio-Cortez). Les gérontocrates ont mis en place Biden, faute de mieux. Ils l’ont fait lorsqu’ils ont pu être sûrs de pouvoir compter sur la crise du coronavirus, qui provoqua une contraction de l’économie d’un tiers, fabriquant 30 millions de chômeurs. Dès lors, il ne s’agissait plus que de procéder à un « référendum » sur Trump, privé de son atout majeur : l’économie.

Il suffisait, en fait, de terrifier médiatiquement la population sur la mortalité du virus, d’intimider les gouverneurs des États démocrates, pour retarder la réouverture de l’économie jusqu’à ce que la nouvelle administration Biden capitalise sur les injections massives de cash au bénéfice des citoyens, en les privant de dépenser « l’argent Trump » avant l’élection de novembre. Il fallait aussi monter un dossier pour présenter Trump comme un monstre qui aurait des millions de morts sur la conscience s’il parvenait à se faire réélire.

Mais voilà que la « faction militaire » des antifas vient détruire ce plan, effrayant les bourgeois autant que les populations minoritaires « intégrées ». Et ce, au moment où Trump a consolidé sa base, rouvre l’économie en dépit des experts, promeut le sabre autant que la religion.

Fallait-il donc conclure que les Russes sont derrière les fauteurs de troubles ? C’est ce qu’a fait, sur CNN, Susan Rice, l’ancienne conseillère à la sécurité nationale d’Obama, et probable future coéquipière de Biden. Amusant.

À lire aussi

États-Unis : un vrai débat pour de faux vice-présidents

Pour Trump, la logique serait de mener une double campagne : Pence s’occupant des bourgeoi…