« L’électrification des usages » de S. Lecornu a un prix: c’est Nicolas qui le paie

Entre contraintes et subventions, c’est encore une écologie punitive et paupérisante qui nous est infligée.
Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Capture d'écran RTL.
Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Capture d'écran RTL.

Le 10 avril dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu présentait un « plan d’électrification des usages » faisant suite à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), imposée aux forceps et au mépris de la procédure parlementaire.

Cette électrification est censée répondre à trois grands objectifs : le renforcement de notre indépendance énergétique, la réduction durable des dépenses d’énergie des ménages (entreprises et services publics) ainsi qu’une contribution à la réindustrialisation. En réalité, nous sommes ici dans un nouvel épisode de la saga du « Pacte vert » européen, que la France applique avec un désarmant scrupule.

Elle vise à transformer l’apport énergétique, c’est-à-dire d’opérer une bascule des énergies fossiles (pétrole et gaz) vers le tout électrique, et ce, dans deux domaines : le logement et le transport. Dans la grande tradition de l’écologie punitive, bien ancrée chez nos gouvernants, la méthode utilisée est un mélange « à la soviétique » de subventions et de contraintes, de carotte et de bâton. Et il n’est pas inutile de rappeler à ce stade que, comme il est d’usage dans notre République, le coup de bâton est gratuit et la carotte est financée par Nicolas.

Qui paie les pompes à chaleur ?

Dans le logement, pour lequel l’achat d'une chaudière au fioul est déjà interdit, le plan d’électrification va plus loin, puisqu'à partir de fin 2026, « il ne sera plus possible d’installer des chaudières à gaz dans les constructions neuves ». Ce bâton s’accompagnant d’une carotte, puisque « les aides publiques destinées aux particuliers accompagneront davantage le remplacement des chaudières au gaz et au fioul par des pompes à chaleur ». Cette politique s’appliquera aussi au logement social, avec pour objectif que « deux millions de logements sociaux devront sortir du gaz d’ici à 2050 ». Là, c’est financé par la Caisse des dépôts et consignations, donc à 73 % par l’épargne de Nicolas.

Concernant les transports, le gouvernement s’est fixé pour objectif que « deux voitures neuves sur trois soient électriques, d’ici 2030 ». Alors que les Français, particuliers et professionnels, attendent de l’État qu’il réduise la voilure des taxes sur les carburants pour passer le cap difficile de la crise du pétrole, le gouvernement veut au contraire les faire passer à marche forcée à la voiture électrique. Interrogé sur la question le 21 avril, sur RTL, le ministre de l'Économie Roland Lescure a confirmé la mise en place d’un nouveau « leasing social » devant permettre le financement de 50.000 véhicules électriques (chiffre modeste, en regard d’un parc total d’environ 40 millions de voitures). Cette mesure, financée elle aussi par l’impôt de Nicolas, s’accompagnera de la mise en place de « 1,2 million de places de parking électrifiées dans les copropriétés, d'ici 2035 », qui seront, elles aussi, financées par l'épargne de Nicolas.

Roland Lescure en roue libre

En roue libre, Roland Lescure estime le moment historique. « Je pense que l'année 2026, quand on regardera avec du recul, sera l'année où la France a pris le virage du tout électrique », estime-t-il. « Et on en sera fiers, comme on peut être fiers, aujourd'hui, du virage du tout nucléaire qui a été pris dans les années 1970. » Pas moins…

Mais au-delà des effets d’annonce, que penser de ce plan ? Pour l’expert en énergie Philippe Charlez, qui réagit sur BV, « Roland Lescure confond le temps long et le temps court. Dire que 2026 sera le virage, non, puisqu’il faudrait par exemple au moins 15 ou 20 ans pour passer au tout voiture électrique. » Quant à « comparer le virage électrique des usages avec celui du nucléaire, c’est exagéré, même si, dans les deux cas, l’objectif est de se passer des énergies fossiles. D’abord, il faut rappeler qu’entre la décision prise par de Gaulle et Pompidou (plan Messmer) de construire un parc nucléaire civil et son achèvement, il s’est passé 25 ans. » Mais il y a aussi, entre les deux, une différence de nature, « puisque pour construire son parc nucléaire, l’État s’est adressé à EDF. Et EDF, c’est l’État. Il suffisait donc de dire aux dirigeants d’EDF, "nous vous ordonnons de créer ce parc". Et ce n’est pas du tout pareil, de dire aux Français "monsieur le citoyen, je vous ordonne de passer de votre voiture thermique à votre voiture électrique et de votre chaudière au fioul à la pompe à chaleur". »

Électrifier, mais à quel prix ?

Pourtant, confie à BV le spécialiste de l’énergie Fabien Bouglé, « l'électrification des usages a commencé avec le plan Messmer. Contrairement à ce que veut imposer aujourd’hui l’écologie punitive à coups de contraintes et de subventions, on avait alors créé les conditions d’un usage de l’électricité élargi et à moindre coût. » En réalité, Sébastien Lecornu et Roland Lescure « inventent le fil à couper le beurre », estime Fabien Bouglé. « On ne les a pas attendus pour électrifier les usages. Aujourd’hui, après avoir surendetté le pays, ils veulent nous imposer une électrification immédiate de tous les usages, alors que le prix de l’électricité est bien trop cher. Électrifier ? Oui, mais à quel prix ? » À quoi bon, dans ce cas, un plan d’électrification des usages ? « Tout cela, c'est du baratin pour faire croire que nous avons besoin de plus d’électricité, afin de justifier la continuation du programme d’énergies intermittentes que l’on veut nous imposer via la PPE3. »

Pénalisant pour le particulier, le tarif de l’électricité l’est tout autant pour les professionnels, voire parfois plus, encore, pour certains. Se pose alors, s’agissant d’électrification des usages, la question de la réindustrialisation de la France, laquelle ne se décrète pas par la contrainte…

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23/04/2026 à 10:25.

Vos commentaires

62 commentaires

  1. Et quand l’électricité aura été augmentée de 300% par les taxes on reviendra au gazole et au fuel même à 3 euros le litre non ?

  2. Si l’on remplaçait toutes les autos thermiques par des électriques, toutes les chaudières fuel / gaz par des pompes à chaleur, etc., quels seraient les besoins en production électrique ? Combien faudrait-il de centrales nucléaires en plus ? Combien de temps faudrait-il pour installer ces nouvelles centrales ? (je ne compte pas les gadgets écolos solaires ou à vent, c’est du vent).
    Est-ce que la production électrique nécessaire, réelle donc, pourrait être opérationnelle dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans ? Quelqu’un pourrait-il nous calculer ça ? Merci.

  3. le lobbying écologiste fonctionne bien en France, et dire que des personnes vont tomber dans leurs propagandes

  4. Le communisme, c’est le pouvoir des soviets et l’électrification des campagnes ! (Lénine)
    L’européisme, c’est le pouvoir de Bruxelles et l’électrification des bagnoles (Turêverbere)

  5. L’Etat a pris l’habitude de taxer de manière considérable l’essence. C’est devenu un élément majeur des recettes publiques. Remplacer l’essence par l’électricité va évidemment forcer l’Etat à augmenter les taxes sur l’électricité. Avis aux consommateurs.

  6. Le « tout électrique » ne peut que produire une forte augmentation des prix. Avec quoi fait on des milliardaires sinon en rackettant les peuples ? L’objectif de nos gouvernants est très clair. S’ils souhaitaient notre indépendance énergétique ils mettraient en œuvre l’exploitation de nos propres ressources. Ex: nous avons parait il une énorme réserve d’hydrogène.

  7. A considérer que le « presquetout » électrique à long terme soit viable, pour y parvenir, c’est par plusieurs dizaines d’années, 2 au minimum, qu’il faut compter. Or nous sommes dans l’urgence. Monsieur Lecornu & Co n’a que quelques mois à politiquement survivre, mais il nous demande et ordonne ses solutions pour nous y conformer illico. C’est inepte , inapte et totalement irréaliste, voire même surréaliste. De plus il fait mine d’oublier que pour charger des batteries qui n’existent pas encore, il nous faudra quand même produire beaucoup d’électricité. Le nucléaire nous permettra peut-être de passer le cap. Monsieur Lecornu, non.

  8. Je suis assez révolté. Scandalisé même. C’est en 1975 ( ces années là ) qu’il fallait envisager l’avenir. Cela s’appelait naguère un Plan ( qui a permis le TGV, Airbus, la fusée Ariane, les centrales nucléaires, les armes de défense de dissuasion etc ). Aujourd’hui, on pilote « à vue » ( comme piloter un Airbus à vue, par le hublot…). Ceci explique cela. On tente de régler un problème lorsque cela devient très difficile. Sans parler de la désindustrialisation, bref… / De plus, l’électricité est hors de prix à cause des indéxations. Idem avec le pétrole. Très peu de notre pétrole passe par Ormuz ( Norvège, Algérie, Azerbaïdjan etc ). Mais le pétrole est côté internationalement… ( pas bête pour certains, cette globalisation ).

  9. Pour le moment, il faut baisser le prix du pétrole au lieu de donner des chèques pour acheter de l’essence. C’est une nouvelle méthode de « con-finement » en réduisant les déplacements. Tout électrique…Les Chinois n’attendent que ça…Ils sont en train d’envahir tous les marchés. En faisant l’autruche, nous allons encore nous faire plumer…

  10. Le PPE3 est une ineptie, malheureusement nous vivons dans le monde de l’argent roi, où les lobbyistes règnent en maîtres, politiques et médias sont bien évidemment corrompus nous baignons dans le mensonge et la malhonnêteté et bon nombre de nos concitoyens tout aussi pleutres se laissent berner par la propagande, le pire c’est que ça marche et les protagonistes de cette mascarade boivent du petit lait.

  11. Il serait utile de rappeler que le gouvernement espagnol de Mr Sanchez ( socialiste) fut obligé de reconnaitre à voix basse que l’ effondrement du réseau électrique ( Espagne/Portugal) en avril fut lié à un afflux massif d’ électricité photovoltaïque et éolienne. Enfin, pourquoi ne pas augmenter notre production de gaz « biomasse » et le réinjecter dans le réseau. Moins polluant à la combustion, stockable, apport financier aux agriculteurs et transport « court » en camion entre production et stockage donc écologiquement compatible. De plus, il appartiendrait aux constructeurs automobiles de parfaire les moteurs thermiques pour rouler au biogaz. Les gazogènes existaient pendant la 2° guerre mondiale, bon nombre de bus de ville roulent au Gaz Naturel de Ville. C’ est donc réalisable. La région occitanie encourageait ( il y a peu ) la recherche sur l’ hydrogène vert. Quand on a de cesse de nous bassiner avec indépendance et souveraineté….On a les ingrédients . Faisons monter la mayonnaise…Mais avec un gouvernement pro européiste, notre souveraineté s’ apparente à une dangereuse soumission. Je me délecterai d’ articles à ce sujet, notamment Mr Bougié et /ou Mr Charlez. Les contradicteurs avertis m’ informent toujours plus qu’ils ne me blessent si j’ énonce des choses fausses.

  12. Ils veulent le tout électrique pour vous rendre dépendants et tous vous taxer allègrement. L’état fait des choix uniquement pour vous voler et le pire c’est que le suffrage universel direct est en vigueur en France.

  13. J’attends de voir toutes ces voitures branchées sur les parkings des cités, avec les  »festivités » multiples qu’elles subissent. Pauvres pompiers !

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