Léguevin : la Justice refuse le terme « burkini » dans le règlement de la piscine
C’est, depuis quelques années, le marronnier incontournable de l’été : l’interdiction, ou non, des burkinis sur les plages et dans les piscines municipales. Si, à Grenoble, après des années de procédures, le tribunal administratif a tranché et confirmé l’interdiction de ces tenues dans les piscines de la ville, c’est, cette fois, à côté de Toulouse, à Léguevin, que le débat est relancé.
Un règlement trop explicite ?
Sur le site de la mairie de cette commune de moins de 10.000 habitants, le règlement de l’accès à la piscine municipale publié le 3 juin dernier est clair : « L’accès aux bassins est exclusivement autorisé aux personnes portant une tenue de bain spécifiquement conçue pour la baignade et près du corps », lit-on d’abord, avant que ne soit détaillées les tenues « exclusivement autorisé[es] : les slips de bain ; les boxers de bain moulants de type "shorty" ; les jammers de natation » et les tenues « strictement interdit[es] : les shorts de bain ; les bermudas ; les caleçons ; les boardshorts ; toute tenue ample ou flottante ; tout vêtement porté en dehors de l’espace de baignade ; les sous-vêtements portés sous les tenues de bain ; les combinaisons non justifiées par un motif médical ; les strings ; les tenues en monokini ; les burkinis ». Autrement dit, la mairie n’a pas déclaré la guerre spécifiquement aux burkinis, loin de là, mais a décidé de n’autoriser dans la piscine municipale que les tenues de bain près du corps et répondant à certains critères d’hygiène. C’est d’ailleurs ce qu’a répété le maire, Étienne Cardeilhac-Pugens, interrogé sur CNews : l’interdiction du burkini « pour [lui], c’était d’abord une question d’hygiène ». Frappé au coin du bon sens : si les hommes doivent laisser les shorts de bain façon parachute au vestiaire, pourquoi ces dames seraient-elles plus autorisées que ces messieurs à porter des vêtements couvrants et flottants ?
Des mesures d'hygiène égalitaires et élémentaires
Pourtant, ajouté à la fin du règlement, un « arrêté assure l'exécution immédiate de l'ordonnance rendue le 17 juillet 2026 par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse » et modifie les critères concernant les tenues autorisées ou non dans la piscine. Entre autres, la tenue doit « être ajustée au corps afin de permettre une parfaite liberté de mouvement et une intervention rapide des personnels de secours ; ne présenter aucune partie ample, flottante ou susceptible de flotter dans l'eau ; ne comporter ni superposition de vêtements, ni élément susceptible de gêner la pratique de la baignade, les opérations de surveillance ou les interventions de secours, permettre aux personnels chargés de la surveillance d'apprécier immédiatement la position du corps et les mouvements du baigneur ». D'ailleurs, « sont notamment regardées comme ne répondant pas à ces exigences : les tenues de ville ; les shorts, bermudas, boardshorts et vêtements assimilés ; les sous-vêtements; les strings et toute tenue ne garantissant pas une couverture suffisante compatible avec l'usage familial de l'établissement ; les tenues comportant une jupe, une tunique, des pans de tissu, une superposition de vêtements ou tout autre élément non ajusté au corps ; plus généralement, toute tenue qui, par sa coupe, sa conception ou ses caractéristiques, est susceptible de compromettre les exigences d'hygiène, de sécurité des usagers ou le bon fonctionnement du service public ». Autrement dit, le burkini n'est plus qu'implicitement interdit ...
« Burkini », le mot interdit ?
Sur CNews le maire explique, en effet, que cette interdiction explicite du burkini en a chatouillé certains, « sur le terrain de la polémique et sur le terrain de la religion ». Ainsi, explique-t-il, il y a fort à parier que ce soit la liste d’opposition « Léguevin en commun » qui ait voulu y voir une discrimination. Pour le maire, ces revendications sont communautaristes et il ne faut pas chercher plus loin : la liste d’opposition à sa majorité municipale est alliée avec LFI, « donc, on sait très bien le jeu qu’il y a derrière avec le vote communautariste ». Quant à la Ligue des droits de l’homme, qui s’est saisie de l’affaire et l’a portée devant le tribunal administratif, l’édile s’« interroge sur [ses] orientations politiques » mais est forcé aussi, comme beaucoup, de « constater leurs prises de position ». Dans son communiqué, la LDH justifie son action en expliquant que « dans la mesure où l’interdiction du maillot de bain de type "burkini" n’est justifiée par aucune considération tirée du bon fonctionnement du service public et qu’une telle interdiction caractérise une discrimination fondée sur la religion et le genre et qu’elle méconnaît la liberté de conscience, la LDH a formé, le 30 juin 2026, un recours en annulation contre cette interdiction, assorti d’un référé-suspension, devant le tribunal administratif de Toulouse ». À La Dépêche, Jean-François Mignard, président de la fédération de Haute-Garonne de la Ligue des droits de l'homme, explique que « des habitants de Léguevin [les] en ont alertés. [Ils ont] alors saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, qui [leur] a donné raison. Le fait de mentionner explicitement le « burkini », qui renvoie à un terme religieux, porte atteinte aux libertés individuelles et peut avoir un caractère discriminatoire. »
Hygiène et laïcité...
Ainsi, dans les faits, selon La Dépêche, le burkini reste interdit dans la piscine de Léguevin puisque « la mention explicite du terme "burkini" avait pour seul objectif de "donner aux agents et aux usagers des règles claires, fondées sur l'expérience du terrain, afin d'éviter toute interprétation subjective", dans le but de garantir "l'hygiène, la sécurité et le bon fonctionnement de l'établissement" ». Alors, même si le tribunal administratif de Toulouse a donné raison à la LDH et que le maire révèle à CNews ne pas vouloir faire appel pour éviter d'engager plus de frais pour la commune, les règles d'hygiène ne changent pas, l'édile redit sur CNews son attachement à la laïcité, trouve « très grave pour notre pays que d’amener justement des vêtements religieux au sein des espaces publics » et regrette de devoir faire face à « des extrémistes qui favorisent le communautarisme ». Il n'est pas le seul.
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83 commentaires
Si cela continue, certains maires arrêteront toit simplement de construire des piscines. En 2023 sous l effet de la canicule et restriction d’eau certaines piscines étaient carrément fermées. Demain elles ne rouvriront pas.
Lamentable et ridicule prosternation de la LDH devant l’islam, en totale contradiction avec ce que devrait être sa position. Honte à ces gauchistes qui font bon marché de leurs prétendues « convictions » qui n’en sont pas.
« et qu’une telle interdiction caractérise une discrimination fondée sur la religion et le genre », on avance… Même la LDH reconnait maintenant le lien entre la religion et la tenue vestimentaire… On se revoit à la rentrée…
le burkini dans les piscines municipales sera interdit tout simplement à cause de l’ hygiène les shorts les bermudas sont interdits donc je ne vois pas le BURKINI accordé et puis pourquoi pas une soutane .En revanche des créneaux à part pourraient être favorisés sans aucun public autour mais le plus grave c’ est que l’ islam dans notre France avance
Cher Pablo, ton idée est géniale ! Je propose qu’une personne qui s’y connaît en « iA » nous crée une photo truquée d’une piscine remplie exclusivement de clients en burkinis et en soutanes ! J’ai vraiment hâte de la voir (et d’autres aussi, j’en suis sûr). Merci beaucoup.
Très bonne idée , il faudrait faire la provocation en allant se baigner en soutane, et en habit de bonnes soeurs.
Sa réaction ne fait pas honneur à notre institution judicaire .
Dans le » Dictionnaire irrévérencieux de l’islam » de l’universitaire Agathe Arbier (Amazon, juillet 2026) on apprend l’origine historique des dessous qui ont motivé de tels choix imposés aux fatmas. Des dessous pas très propres… Mais on se marre au cours de cette lecture instructive.
Certes, pour des mesures d’hygiène égalitaires et élémentaires, que le burkini soit interdit dans les piscines me paraît une évidence.
Par contre, sur une plage, je ne vois pas pourquoi ce serait interdit.
Déjà, au début du siècle dernier, les femmes se baignaient avec des maillots ressemblant étrangement à cela (hormis la couleur).
Maintenant, comme on voit de tout sur les plages, je ne comprends pas.
j’avoue préférer voir une femme en burkini qu’un vieil homme ou qu’une vieille femme nudistes, dont les attributs pendent à peine retenus par une peau flasque.
Permettez-moi de vous faire remarquer que les naturistes ont leurs plages. Ils ne se mélangent pas aux autres baigneurs. Je ne comprends donc pas comment vous pouvez être offusquée par la vue des atteintes de l’âge sur leurs corps ? Alors qu’imposer des signes religieux jusque sur une plage est absolument inadmissible ! Pour ma part, je trouve les vêtements islamiques hideux.
Votre avis n’engage que vous.
Tout mon soutien à ces maires courageux !
Si je comprends bien on doit se cacher quand on est vieux . Comme dit Léa Elisabeth, les nudistes ont leur propre plage, ils ne gênent donc personne. Parcontre on n’ est pas obligé de se supporter les vêtements spcecifiquements islamistes.
Il faudrait pluôt plaindre ceux qui sont « obligés » de les porter pour obéir aux hommes !
Nous sommes en Europe donc on s’habille à l’Européenne! Une loi Nationale pour la tenue dans les piscines et plages .Si ils et elles sont dérangés libres à eux d’aller vivre dans des pays à leurs convenances ou bien il ne fallait quitter le leur !!
Est-il possible d’opposer le « burkini » au pas de kini du tout.
Les deux dans la même piscine seraient logiques.
C’est incroyable cette mauvaise foi et cette sempiternelle récupération politique : l’arrêté du maire était pourtant clair et ne visait pas que le burkini, qui n’était nommé qu’à la fin d’une longue liste de vêtements. Mais il a fallu que les élus LFI alertent la Ligue des Droits de l’Homme ! … Heureusement, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a donné raison au maire sur le fonds en se bornant à reformuler le texte, en expliquant la raison du style des vêtements de bain préconisés et interdits, sans prononcer le mot tabou « B…..i ». Tout est bien qui finit bien.
Pourtant très simple il suffit de refaire le règlement des piscines pour tout le territoire Français !
« « L’accès aux bassins est exclusivement autorisé aux personnes portant une tenue de bain spécifiquement exclusivement autorisé[es] : pour les Hommes les slips de bain ; les boxers de bain moulants de type « shorty » ; les jammers de natation » et pour les femmes seul autorisé le maillot de bain une pièce réglementaire les tenues autres que celles citées sont interdites pour des raisons d’hygiène et sécurité ! elles entraineront une expulsion immédiate de la piscine !
Pas plus compliqué que cela !
Si les musulmans ne sont pas en accord , ils peuvent toujours demander l’asile dans un des 57 pays musulmans !