« L’école n’a pas besoin de gestionnaires, elle a besoin de chefs » : ce que veulent les Français, selon un sondage IFOP
Quel enjeu plus décisif pour une nation que celui de l’éducation de ses enfants ? À l’aube de l’élection présidentielle de 2027, la Fondation pour l’école s’est saisie de ce sujet fondamental, dont l’acuité grandit à mesure que le niveau des élèves décline.
Dans une société qui a perdu nombre de ses repères et où la figure d’autorité n’impose plus le respect, cette dernière question demeure, dans le contexte éducatif, l’une des principales préoccupations des Français, selon un sondage IFOP réalisé pour la fondation.
Jérôme Fourquet résume les principaux enseignements de notre sondage sur "Ce que veulent les Français pour l'école".
Retrouvez sur note site l'ensemble des chiffres de l'@IfopOpinion ➡️ https://t.co/TbyqrSyxKg https://t.co/zx7wZhhi4B
— Michel Valadier (@MichelValadier) May 5, 2026
Plus d’autonomie pour une autorité respectée
Ainsi, 84 % d’entre eux souhaitent un renforcement du rôle et des pouvoirs du chef d’établissement, en matière de discipline, d’organisation des enseignements et de gestion des équipes. Tout autant de sondés plébiscitent également l'idée qu'il dispose d’un pouvoir de recrutement sur les équipes pédagogiques, détaillait, le 4 avril, Jérôme Fourquet, venu présenter ces résultats au Sénat devant des parlementaires et des acteurs du secteur.
Une demande d’autonomie qui transcende, d'ailleurs, les clivages traditionnels entre enseignement public et privé : si 92 % des parents d'élèves du privé y souscrivent, ceux du public les rejoignent massivement, à 81 %.
« L'école n'a pas besoin de gestionnaires, elle a besoin de chefs », résumait Michel Valadier, directeur général de la Fondation pour l'école, pour pointer l'écart béant entre les attentes des familles et une gouvernance scolaire encore largement corsetée par la centralisation administrative.
Car si l'autorité ne se décrète pas, elle se construit d'abord dans la cohérence entre l'école et la famille. Plus des trois quarts des Français (77 %) appellent de leurs vœux un renforcement de la communication entre établissements et parents, convaincus qu'une telle alliance consoliderait l'autorité des acteurs éducatifs tout en améliorant l'acquisition des savoirs.
À l’occasion d’une table ronde animée par la journaliste Aziliz Le Corre, Laurence Bernard, maire du Pecq (Yvelines) pendant douze ans et jusqu’aux dernières municipales, insistait sur cette nécessaire marge de manœuvre accordée aux chefs d'établissement, seule à même de tisser ce lien de confiance avec les familles.
Ce cercle vertueux, Marie-des-Neiges Guillotel, présidente de la Fédération des parents d'élèves des écoles indépendantes, en décrivait la mécanique : l'autonomie suppose l'adhésion des parents au projet éducatif, laquelle induit le respect du cadre transmis aux enfants. Lorsque les familles s'investissent et reconnaissent l'autorité de l'institution, les enfants le perçoivent ; l'écoute entre parents et professeurs s'en trouve renforcée, et les apprentissages avec elle.
La diversité pédagogique pour répondre aux besoins des enfants
Encore faut-il que cette diversité pédagogique puisse s'épanouir. Le responsable développement de la fondation, Augustin Yvan, plaidait en ce sens pour la liberté de développer des approches adaptées aux contextes et aux élèves, tout en valorisant « la force de la règle commune qui s'applique à tous ». Preuve que liberté et exigence ne s'excluent pas. David Vauthrin, président du groupe scolaire Tarcisius-Trinité, appelait, quant à lui, à une « normalisation des différents choix pédagogiques » : traiter à égalité les écoles sous contrat et hors contrat, ainsi que les familles qui les choisissent, plutôt que de les autarciser.
L’argument de l’inégalité, souvent invoqué contre l’autonomie, est démenti par les faits, comme l’illustre Augustin Yvan, ancien responsable pédagogique du réseau Espérance Banlieues. Les projets éducatifs exigeants des écoles associatives attirent nombre de familles issues de milieux populaires, qui y trouvent ce que l'institution peine parfois à leur offrir : une autorité assumée, des pédagogies diversifiées ou encore des effectifs à taille humaine. Autant de leviers pour vaincre les difficultés scolaires de leurs enfants et, selon le mot d'Augustin Yvan, « contrer les ghettos scolaires par l'hétérosocialité ».
Reste l'obstacle financier. Aujourd'hui, 82 % des Français estiment que seuls les plus aisés peuvent véritablement choisir l'établissement qui convient à leurs enfants. Dès lors, 66 % des personnes interrogées se prononcent en faveur d'un système d'aide permettant de financer la scolarité de son enfant, quel que soit l'établissement choisi. Une aspiration qui rejoint celle, plus large, des 64 % de Français convaincus que la diversification des types d'écoles ferait reculer l'échec scolaire. La liberté éducative ne saurait demeurer le privilège de quelques-uns : c'est à cette condition qu'elle deviendra un levier d'égalité.
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52 commentaires
Les enseignants ce plaignent mais ce sont eux et leurs syndicats gauchistes qui ont détruit l’école de la France qui faisait l’admiration du monde entier . Ils en sont les premières victimes avec nos enfants qui sont crétinisés .
C’est tout à fait cela. Depuis il est interdit d’interdire…
Depuis Jules FERRY de la gauche Républicaine rien n’a changé ou presque, l’école est un bastion de gauche, les pauvres essayent d’enseigner au mieux quand même mais lorsque dans certaines classes vous avez des élèves arrivants qui ne parlent pas le français le niveau des classes baissent et tous les élèves en pâtisse
Les programmes ne sont pas décidés par le corps enseignant
Vous avez totalement raison !!J’ai connu ,à cause de mon âge ,l’école des années 1954 avec à 14 ans un certificat d’études qui vous donnait suffisamment de bases pour démarrer dans la vie !!! Mais la discipline et le travail rigoureux étaient en permanence appliqués et pas discutés !! Mais c’était avant
Il y a ce que les parents veulent : une meilleure école, plus de discipline etc et ce qu’ils votent : gauchiste qui leur apportera tout le contraire : laisser aller, égalitarisme à outrance, sexualisation des programmes (EVARS) etc etc …. A un moment donné il va falloir faire les bons choix
Les français commencent à se réveiller de la torpeur qu’ils ont fabriqué. Ils veulent le bon en votant pour le mauvais. Ca c’est la France!
c’est des maso décérébrés
Comment reconstruire un enseignement qui a été détruit systématiquement et avec méthodes par le PS… Entre autre ?
Tout arrêter ?
Tout remettre à zéro ?
Et tout recommencer sans les dernières idées wokistes !
La tâche s’avère immense !
La destruction a commencé en mai 68, on en constate les énormes dégâts au XXIème siècle. Je ne vois pas effectivement comment reconstruire cet enseignement, cela prendrait des décennies, et demanderait une volonté générale des dirigeants et enseignants qui ne changeront pas d’idéologie du jour au lendemain. Seule une baguette magique pourrait faire changer les choses, j’en ai bien peur…
Pour beaucoup d’entre nous qui avons vécu l’école publique des années 50 on se souviens encore ces instituteurs en blouse grises nous raconter la guerre de 14 mais quel dévouement !
A présent quant ils sont pas très politisés de gauche leur tolérance est infinie avec quelques inconvénients, on imagine mal un professeur se déclarer de droite, il n’aurait pas beaucoup d’avenir.
On peux voir comme preuve le rectorat et quelques collègues qui ont carrément lâchés Samuel Pati, quelle tristesse.
J’ai effectivement longtemps caché soigneusement mes idées de droite alors que j’étais dans l’enseignement privé catholique gangrené aussi par le gauchisme . Les profs du privé pour beaucoup y vont pas confort et non par conviction et donc ils gangrènent le système ….
Enseignant-chercheur à l’université, en France et à l’étranger durant 40 ans je suis en désaccord absolu avec la phrase dangereuse : « l’école n’a pas besoin de gestionnaires, elle a besoin de chefs ». Ayant été contraint (merci Jospin) d’accueillir des bacheliers de plus en plus mauvais je dis que l’école a, avant tout, besoin de se voir fixer sa philosophie éducative et de mettre fin au « socialo-pédagogisme ». Relire le discours de Condorcet (mort en 93 sous la Terreur de l’extrême gauche) sur l’instruction publique. L »école doit former : 1) à la citoyenneté 2) au raisonnement (sémantique, logique, dialectique, rhétorique, grammaire ) Car si tous auront toujours besoin d’arithmétique, seule une infime minorité aura besoin (peut être), dans sa vie adulte, des maths abstraites, rebutantes et inhibitrices. Mais tous auront toute leur vie besoin de savoir réfléchir.
Je vous rassure tous les français qui ont réussi (personnes issues de l’immigration aussi) veulent mettre leurs enfants dans le privé! Dès le primaire, l’éducation nationale est une poubelle pour les enfants sauf bien sûr dans les communes où le mètre carré est très élitiste. L’argent normalement on l’a avec le travail, la rigueur, les valeurs, l’intelligence, ou aussi par héritage mais ils transmettent aussi les valeurs donc tout est retranscrit aux enfants. Faire le tri par l’argent est la meilleure solution à notre époque!
Il y a même eu un ministre de l’EN qui avait ses enfants dans une école privée (il me semble!…)
TOUTES les dérives auraient dues être stoppées NET dès lors qu’il y a la décapitation de MONSIEUR SAMUEL PATY ! …
QUI aurait pu croire qu’en FRANCE, il y aurait TANT de meurtres et autres assassinats dans les établissements scolaires ? …
ET que font quoi « les dirigeants » ? … Ils instaurent un programme « EVARS » ! …
La décadence est belle et bien « en marche » ! …
Pas faux
Ne pas hésiter à demander conseils à Mme Coffinier ( Anne).
Il ne faut quand même pas oublier que le corps enseignant a longtemps été socialiste. L éducation nationale en paye la facture.
Les programmes ne sont pas décidés par le corps enseignant
Je sais que tout le monde s’intéresse à l’élève violent qui n’a pas son matériel, qui refuse d’apprendre, qui empêche le déroulement normal des cours. Mais quelqu’un s’intéressera t-il un jour à l’élève qui pourrait progresser si le ou la prof ne passait pas son temps à (essayer) de faire de la discipline au lieu de pouvoir faire le métier pour lequel il ou elle a été formé ?
Ce sont les élèves qui ont un minimum de bonne volonté qui devraient être la priorité de l’enseignement public. Laissons tomber l’idéologie gauchiste faussement égalitaire, rétablissons les classes de niveau et des filières spécifiques pour ceux qui n’ont rien à faire à l’école.
« si l’autorité ne se décrète pas, elle se construit d’abord dans la cohérence entre l’école et la famille »
Non. L’autorité s’inspire d’abord.
Ensuite seulement vient » la cohérence entre … »ou pas . Mais il n’y a pas à faire de concessions d’abord, c’est aux familles de souscrire au projet éducatif ou de partir.
Encore faut-il avoir des chefs d’établissement qui soient soutenus par les Inspections Académiques. Encore faut-il avoir des chefs d’éablissement qui soient autre chose que des « progressistes-de-campagne ».
( Vous faut-y un dessin ?)
… et encore faut-il des parents qui se comportent en citoyens et non en « consommateurs » d’enseignements pour leurs « rejetons » ; ce comportement citoyen dont M. Fourquet constate qu’il a largement disparu.
Tout n’est pas la faute des chefs d’établissements, lesquels, au passage, ne sont pas tous des « progressistes-de-campagne » ; ce serait trop facile.
Un pays!Un état!Une Nation!Un chef!
Du patriotisme!
c’est simple non?.
Et se déssiller, c’est si compliqué?
Virer ceux qui ont décidés que l’éducation était du ressort de l’état, d’accord, revenons à l’instruction publique…
Monsieur Fourquet est un excellent expert en sondages, car il ne confond pas probabilités et statistiques et il ne se met au service d’aucune propagande, qu’elle soit de gauche ou qu’elle n’en soit pas.
C’est lui qui met le doigt sur les propres turpitudes de nos compatriotes, qu’ils s’appellent Nicolas, celui qui paye paraît-il, ou les gens de la rue les uns et les autres qui, par leur hébétude, leur manque de volontarisme et leur mentalité de consommateurs sont D’ ABORD à l’origine des instabilités sociales dont ils se plaignent sans raison (après tout, ils ont laissé faire).
J’avais lu en 2022, son étude sur le comportement actuel des électeurs d’aujourd’hui à l’aune des présidentielles qui venaient d’avoir lieu, lui ayant permis de faire ce constat accablant.
Gageons qu’ il ait fait preuve d’une lucidité comparable pour évoquer la situation de l’enseignement aujourd’hui.