Les gens sont mesquins. Le prend l’avion, à l’issue d’un match de polo, pour rejoindre très vite ses deux gamins et sa petite femme. Celle-ci est restée « à la maison », un pavillon de banlieue de 1.700 m2, 16 salles de bains, à Santa Barbara, en Californie. Cette rencontre très chic, organisée dans le Colorado, était soumise à un protocole sanitaire très strict, lit-on, dans un journal people. Meghan est visiblement plus respectueuse du protocole sanitaire que de celui de Buckingham. Chacun son truc. Fermons la parenthèse qu’on n’avait d’ailleurs pas ouverte.

Et voilà donc que tout tombe sur ce pauvre Harry : ça se veut écolo, ça donne des leçons à la Terre entière sur le réchauffement climatique, sur la nécessité de pas faire trop de gosses, toujours rapport au réchauffement climatique, et ça se permet de prendre un jet privé pour seulement deux heures de vol. Peut pas prendre la bagnole comme tout le monde ? Certains sont même allés jusqu’à calculer combien cela avait généré de carbone : 10 tonnes ! N’ont vraiment rien d’autre à faire, franchement. En plus, il paraît (c’est le Sun et le Mail Online qui l’ont révélé) que l’aéronef était pratiquement vide alors qu’il peut transporter vingt passagers. D’autres ont même calculé combien coûtait son équipement. C’est sûr, un slip de bain, un bonnet et une paire de lunettes suffisent pour le water-polo. Le polo tout court, c’est plus cher. Mais plus chic.

« L’éco-guerrier », surnom que lui a donné le Sun, en prend pour son grade. Les gens sont mesquins et jaloux. D’abord, on passe presque sous silence que le prince a marqué deux buts durant ce match de polo, permettant ainsi à son équipe de gagner. Ce n’est pas rien, quand même. Mesquins, jaloux et injustes : on ne dit pas assez qu’à l’issue de cette sortie médiatisée, le prince a promis d’offrir 1,5 million de dollars à l’association Sentebale qu’il a cofondée en 2006, association qui a pour vocation de venir en aide aux enfants atteints du SIDA en Afrique. Il les trouvera où, ces 1,5 million de dollars ? Du produit de la vente de ses mémoires qui vont sortir en 2022. À 37 ans, c’est l’âge pour écrire ses mémoires. Le pensum n’est peut-être pas encore écrit mais le plan com’ doit être bien avancé, à l’heure qu’il est. Nul doute que ça va se vendre comme des petits pains, d’autant que c’est pour une œuvre.

Les gens sont mesquins. Surtout les Britanniques. Tom Quinn, « spécialiste de la royale » et auteur, en 2020, de Kensington Palace: An intimate mémoir from Queen Mary to Meghan Markle, n’y va pas avec le dos de la petite cuillère en vermeil : « Harry semble se considérer comme quelqu’un qui guide le reste du monde et que son propre comportement n’est pas important, c’est un énorme angle mort. » En gros et autrement dit : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Rien de nouveau sur la Terre, même réchauffée climatiquement.

21 août 2021

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