Economie - Editoriaux - 14 juin 2019

Le temps de travail des Français comparé à celui de leurs voisins est… étonnant !

La réforme des retraites, annoncée par le Premier ministre, promet un allongement du temps du travail, et depuis les 35 heures, le sujet revient périodiquement sur la scène : trop peu pour beaucoup, encore trop pour d’autres.

D’un côté, certains font bien plus que leurs obligations, de l’autre, on se souvient de la plaisanterie sur les fonctionnaires lors de la réforme Aubry : « Va falloir y aller doucement : d’abord 31, puis 32… »

L’OCDE s’est élevée au-dessus des comptes individuels pour envisager le temps de travail global de la population générale d’un pays, nourrissons et grands vieillards compris. C’est intéressant, parce que ça contourne les paramètres spécifiques comme le travail des 15-20 ans, l’âge d’entrée dans la vie active, celui de la retraite, les retraités « actifs » à la française, etc., pour retenir le principal : la quantité de travail fournie annuellement par un pays, rapportée au nombre de ses habitants.

Avec ce mode de calcul, les Français font 635 heures, la moyenne de l’Union européenne étant de 752.

L’Espagne est à 697 heures par habitant, l’Allemagne à 722, le Royaume-Uni à 808, les États-Unis à 826, la Suisse à 943. Et la Corée à 1.048,5 ! Notez que même pour ces derniers, cela fait à peine trois heures par jour…

Ce qui semble miraculeux – et c’est vrai pour tous ces pays -, c’est de jouir d’un train de vie, somme toute, très correct en travaillant si peu : hommage à l’exceptionnelle productivité des pays développés !

Notre dernière place s’explique par le chômage, une durée hebdomadaire des plus courtes du monde et des retraites plus précoces. Ajoutons un système scolaire trop déconnecté des besoins réels des entreprises, dû en bonne partie à un choix idéologique. Ainsi, chaque Français qui travaille à temps plein en entretient deux autres, un qui ne travaille pas encore et un qui ne travaille plus.

Ce qui explique, évidemment, que malgré nos prélèvements sociaux et fiscaux record, il faille en plus recourir à l’emprunt.

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