Editoriaux - Histoire - Politique - 2 avril 2019

Le plus jeune gouvernement que la France ait eu depuis des lustres : record à battre…

Emmanuel Macron assistait, ce 2 avril, à la messe célébrée à la mémoire de Georges Pompidou en l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris. C’est, en effet, le 2 avril 1974, il y a 45 ans, que mourait le deuxième président de la Ve République. Le 15 juin prochain, on célébrera aussi le cinquantième anniversaire de son élection. Une année Pompidou, en quelque sorte.

D’ailleurs, on apprend par Le HuffPost que le Président aurait préfacé le livre Dans l’intimité du pouvoir. La présidence de Georges Pompidou, coécrit par Christine Manigand et Vivien Richard et qui sortira le 23 mai prochain. Emmanuel Macron, qui y va de ses œillades à droite, aurait tort de se gêner. On ne manquera pas de trouver des points communs entre Pompidou et Macron. Certains s’y étaient, du reste, essayés à l’approche de la campagne présidentielle. Ainsi, en avril 2016, Patrice Duhamel, sur BFM TV, estimait que Macron était une sorte de synthèse de Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing. L’Obs titrait, en août de la même année : « Macron, le nouveau Pompidou ! » La banque Rothschild, évidemment. Normale Sup, que Pompidou avait réussie et Macron ratée. Le fait de n’avoir jamais été élu avant d’avoir accédé aux plus hautes fonctions. Ce qui est faux, car Pompidou fut conseiller municipal de Cajarc, et surtout député du Cantal, élu en 1967 et réélu en 1968. Trois ans plus tard, et après des mois de chienlit, la comparaison entre Macron et Pompidou semble déraison !

Aujourd’hui, nous avons, paraît-il – on s’en fait gloire -, le plus jeune gouvernement depuis 1962. 48 ans. Au printemps 1962, la moyenne d’âge du premier gouvernement Pompidou, sous la présidence de De Gaulle, alors âgé de 72 ans, était inférieure à 48 ans. Donc, le record reste à battre et on attend avec impatience le prochain remaniement. La prochaine fois, il suffira de virer un « vieux », par exemple Le Drian, de faire la sortie des écoles ou d’aller chercher le jeune vieux Jean François-Poncet et on aura pété le score !

Tiens, au fait, mais qui étaient donc les ministres de Pompidou, à l’époque ? On ne va pas tous les passer en revue, juste quelques noms, comme ça. Au poste occupé aujourd’hui par Franck Riester, ancien concessionnaire automobile : André Malraux. À celui détenu par Florence Parly, ancienne dirigeante à la SNCF : Pierre Messmer, compagnon de la Libération, ancien officier de Légion, héros de Bir Hakeim. On va en rester là pour aujourd’hui…

Le porte-parolat du gouvernement n’existait pas encore. Il fallut attendre 1969 (tout juste 50 ans) et l’accession de Pompidou à la présidence, l’arrivée de Chaban-Delmas, beau parleur, à Matignon pour que soit créé ce poste. Le premier fut Léo Hamon, ancien résistant, avocat à 22 ans, docteur en droit à 24. Pas une tête de rigolo, le Léo. C’est lui qui commenta, sur le ton compassé de circonstance et d’époque, le 10 novembre 1970, la séance du Conseil des ministres. Une séance qui fut « brève et entièrement consacrée au grand deuil qui nous étreint tous ». De Gaulle venait de mourir. Pas du genre à dire « le keum is dead ! », celui qui faisait le « job » en ces temps lointains. Oui mais, me direz-vous, à cette époque, on n’avait pas encore inventé la diversité, l’ascenseur social et tout ça. Il est vrai que Léo Hamon était né Lew Goldenberg (en ce temps-là, on n’avait pas encore des débats interminables et minables sur la francisation des noms et prénoms…), de parents exilés polonais. Il est vrai que Sibeth Ndiaye, née au Sénégal, n’est fille que d’un ancien député et conseiller du président sénégalais, que sa mère ne fut que présidente du Conseil constitutionnel de son pays.

En tout cas, on dira que les peuples ont toujours sans doute les dirigeants qu’ils méritent.

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