Le gouvernement de Boris Johnson a envoyé des soldats pour fortifier la frontière polonaise et a tancé Vladimir Poutine pour son rôle présumé dans la crise des migrants en Biélorussie, alors même que la France laisse des migrants affluer en Grande-Bretagne.

« Une petite équipe de membres des forces armées du Royaume-Uni a été déployée à la suite d’un accord avec le gouvernement polonais afin d’examiner comment nous pouvons fournir un soutien technique pour faire face à la situation actuelle à la frontière de la Biélorussie », a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense de la Grande-Bretagne, en référence aux tentatives croissantes de la plupart des migrants du Moyen-Orient organisés par les forces biélorusses pour franchir la frontière orientale de l’Union européenne.

On entend que les Polonais auraient refusé l’aide de Frontex, mais l’aide du régime de Bruxelles, celui de l’abandon national, consistait, dans un premier temps, à envoyer des ONG qui auraient fixé des camps de migrants à la frontière et négocier à l’usure leurs passages pour des motifs humanitaires.

Liz Truss, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement dans l’administration Johnson, a ensuite rédigé un long article pour le Telegraph contre le chef biélorusse Alexandre Loukachenko et Poutine, son supposé marionnettiste, les accusant d’avoir « soigneusement élaboré la crise afin de détourner l’attention de la litanie d’actes odieux et de violations des droits de l’homme que le régime a déjà commis ».

« Nous ne sommes pas seulement aux côtés de la Pologne qui subit le poids de cette crise honteuse des migrants, mais aussi des autres pays du Visegrád 4 – la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque – et de nos amis des pays baltes et de l’Ukraine », a insisté Mme Truss.

« Cette rhétorique britannique, s’étonne le journaliste Jack Montgomery, dans Breitbart London Europe, intervient alors que les frontières de la Grande-Bretagne sont violées à plusieurs reprises parfois par plus d’un millier de migrants illégaux par jour dans la Manche, la France d’Emmanuel Macron ayant apparemment peu d’intérêt à arrêter plus qu’un nombre symbolique de leurs bateaux. »

Des membres du gouvernement britannique se sont plaints au Telegraph que le gouvernement français – qui a reçu des dizaines de millions de livres sterling du contribuable britannique pour arrêter les bateaux opérant à partir de leurs côtes – avait « failli à son devoir ». « Le gouvernement français semble avoir cédé un territoire souverain à des passeurs criminels. Cet échec abject sera relevé dans les termes les plus forts possibles auprès de Gerald Darmanin. » Mais imagine-t-on Pasqua ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin ? Quelle autorité peut avoir un Darmanin « sinistrisé », passé de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, affublé d’un garde des Sceaux immigrationniste – Dupond-Moretti – face à la sémillante conservatrice Priti Patel, admiratrice de Thatcher, membre des Tories, fidèle de Boris depuis le début, surnommée sa dame de fer ?

Malgré les nouvelles instructions du gouvernement les autorisant à renvoyer les migrants par bateau en mer au lieu de les escorter vers la Grande-Bretagne, ce « n’est pas près de se produire », s’indigne, pessimiste, le jeune journaliste Jack Montgomery. « Contrairement aux Polonais, les forces frontalières britanniques ont montré peu d’appétit pour le blocage de l’immigration illégale. » Pire encore : Paul Lincoln, ancien chef de la Border Force, lâche : « Nous sommes tous des êtres humains, nous sommes tous des mammifères, nous sommes tous des roches, des plantes, des rivières. Les sales frontières sont un tel casse-pieds » (Bloody borders are just such a pain in the bloody ass). Mais les Britanniques peuvent compter sur Mme Patel et sur le Premier ministre Boris Johnson qui, eux aussi, ont lu ces lignes.

16 novembre 2021

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