Accueil Santé Coronavirus Le coronavirus, ou la preuve de la fracture culturelle entre l’Europe et l’Asie ? 

Le coronavirus, ou la preuve de la fracture culturelle entre l’Europe et l’Asie ? 

Depuis le début de l’hécatombe que provoque le coronavirus en Europe (à ce jour, 450 morts en France, plus de 1.000 en Espagne, mais surtout plus de 4.000 en Italie !), la droite nationale ne cesse de se positionner en faveur d’une fermeture systématique des frontières en cas de sanitaire. En effet, le mal est fait quand celle-ci intervient trop tard. Car les voies de l’idéologie étant impénétrables, les leaders politiques de l’Europe auront brillé par leur obsession d’un monde sans frontières. Pire encore dans la mesure où les Asiatiques ont réagi de façon bien plus efficace face à la propagation du Covid-19. C’est ce que remarquent, curieusement, des journalistes de médias mondialistes tels que Le Monde et Le Point : respectivement, Brice Pedroletti qui a relevé que « le dénigrement du masque en Europe suscite la consternation en Asie », le 21 mars, puis Jérémy André qui s’est demandé [Coronavirus :] « comment les Tigres asiatiques ont dompté l’épidémie », le 17 mars.

À l’image de la Corée du Sud, de Taïwan, de Hong Kong et de Singapour, puis surtout du Japon (30 morts uniquement !), le dépistage massif et la fermeture immédiate des portes du territoire auront été, d’ores et déjà, les meilleures armes pour juguler la dissémination d’un virus pourtant aussi létal que la grippe (2 à 3 %, selon les données officielles), même s’il est nettement plus contagieux. Et notons que la Chine, qui est à l’origine de cette pandémie à travers la ville de Wuhan (depuis le 30 décembre), a mis rapidement beaucoup de ses métropoles en coupe réglée, comme Pékin. Résultat : le pic épidémique est passé, bien que le nombre de décès reste substantiel (en dessous de 4.000). Quant à la France, celle-ci a atteint le seuil de 12.000 cas. Pour autant, et eu égard à la multiplication des décès en Italie, le confinement généralisé qu’ont décidé la plupart des États européens (sauf la Suède, par exemple) ne marche pas, si ce n’est à long terme, autrement dit pas en deçà de six semaines.

Parce qu’il s’agit, in fine, non pas d’une crise sanitaire mais ni plus ni moins d’une crise logistique, cette dernière incarnant tragiquement la perte de souveraineté : survivant sous la tutelle de l’Union européenne, l’Italie est un État totalement décentralisé, qui manque de moyens matériels pour soigner le plus de patients possible (masques, appareils de réanimation, solutions hydroalcooliques, médicaments, etc.), et ce, un peu comme la France dont le Président n’arrive pas à asseoir une quelconque autorité en la matière, face aux populations des banlieues en particulier… À l’évidence, le confinement est culturel ou n’est pas.

Seulement, ne croyons pas que le souverainisme et le militarisme, ceux de la Chine ou de la Corée du Sud, constituent des marqueurs consubstantiels à l’Asie. Parce que ces peuples s’inscrivent dans la mondialisation, sans toutefois renoncer à leur identité nationale. Sans doute pour le meilleur et pour le pire… Le philosophe Alain, né en 1868 et disparu en 1951, et donc pétri de culture martiale et catholique à la fois, avait écrit, dans ses Propos sur les pouvoirs : « La cité fut militaire avant d’être économique. » C’est davantage dans l’approche de la maladie, voire de la mort, que les Orientaux et les Occidentaux se séparent, ceci se résumant par ce qu’avait dit le vieux sage chinois Laozi : « Tous les hommes désirent uniquement se délivrer de la mort ; ils ne savent pas se délivrer de la vie. »

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