La gestion politique de nos banlieues est, depuis des années, un enfer pavé de barres HLM et de bonnes intentions. La crise du coronavirus et le confinement, son corollaire, ne dérogeront pas à cette règle. Le conseil départemental des Yvelines a voté, vendredi dernier, aux Mureaux, une subvention à hauteur de 2,6 millions d’euros en faveur des 31 quartiers prioritaires.

« Ces quartiers populaires des Yvelines sont peuplés par des habitants originaires de pays étrangers et qui ont pour habitude de retourner chez eux l’été pour y passer leurs vacances. Cette année, en raison de la fermeture des frontières avec le Maroc, l’Algérie et le Sénégal, ce sera impossible », précise le président du département, Pierre Bédier (LR). « On va se trouver avec des enfants et des adolescents désœuvrés et quand c’est comme ça, ils ont souvent la tête aux bêtises. »

Nos jeunes de banlieue, issus majoritairement d’, ont donc comme habitude, l’été, de retourner au bled plutôt que de parcourir les châteaux de la Loire et, fermeture de frontières oblige, il va falloir que le contribuable yvelinois mette la main à la poche pour leur offrir des stages de cirque, à défaut de quoi ils viendront faire le leur, à la barbe de nos policiers.

Pierre Bédier confirme, piteusement défaitiste : « Traditionnellement, les quartiers sont très calmes après les départs en vacances du 14 juillet. Mais cette année, il y aura moins de départs. Nous sommes en charge des jeunes dans les quartiers difficiles. Notre objectif est d’anticiper et de prévenir les problèmes. Et on sait bien qu’on y rencontre les phénomènes classiques de ces jeunes qui jouent aux cow-boys et aux Indiens avec la police et les pompiers. Il vaut mieux être dans l’anticipation en proposant des alternatives. »

Depuis des années, l’anticipation politique consiste uniquement à gaver nos banlieues de subventions, symbole de démission politique et rançon d’une paix sociale aussi illusoire qu’éphémère. Occuper des gamins pour éviter que l’ennui ne cède à la confrontation policière, c’est traiter une bonne cuite par une intraveineuse de Chivas™.

Les principaux concernés sur le terrain – l’été nous dira s’ils préfèrent le rôle de cow-boys à celui d’Indiens -, à savoir les forces de l’ordre, tentent de remettre dans cette opération d’enfumage une dose de réalisme : le délégué du syndicat unité SGP, François Bersani, rappelle que les policiers sont agressés durant toute l’année et ne voit de vertu « que dans une réponse pénale adaptée face aux bandes des quartiers », allant jusqu’à évoquer un « saupoudrage social ». Propos un tantinet répressifs…

Car pour la « France périphérique » et celle des travailleurs pauvres, pour la France des artisans dévastés par des semaines de fermeture, celle des agriculteurs en agonie, des chômeurs en fin de droits, des retraités sous le seuil de pauvreté, l’été sera peut-être chaud et sûrement sans congés.

Pour la France des sans-dents, mais souvent bien élevée, qui a tenté d’élever ses gamins tant bien que mal sans rodéos de nuit, de guets-apens de policiers, voire même dans le respect de l’autorité, celle de nos zones rurales, qui a appris à se lever tôt pour se coucher tard, les activités culturelles estivales resteront un concept lointain.

Cette France-là, qui n’inspire pas la crainte, donc, ne suscite pas d’intérêt clientéliste politique, peut bien crever la bouche ouverte, cet été et tout le reste de l’année. Elle a la délicate naïveté de le faire sans bruit, et ce, depuis des décennies.

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