Ce fut son heure de gloire : 19-22 novembre 2019. Trois jours pendant lesquels tous les médias ont forgé de toutes pièces un scénario alternatif au duel Macron-Le Pen. Un homme parvenait, sur deux critères dans un sondage, à dépasser l’actuel Président : François Baroin. L’ex-Harry Potter de la droite, le protégé de Chirac.

Il n’en fallait pas plus pour faire monter une mayonnaise, un second tour Macron-Baroin ! Franceinfo : « Congrès des maires : un duel Macron/Baroin ? Et si, derrière le Congrès des maires de France, mardi 19 novembre, se cachait déjà le duel de la future élection présidentielle ? Le président LR de l’Association des maires, François Baroin, a le vent en poupe. » Du vent, c’est certain. Et jamais, bien sûr, on n’envisageait l’hypothèse que cette nouvelle étoile montante pût éliminer Macron au premier tour. Non, celle qu’il faut éliminer, c’est toujours la même. Cela fait partie de la règle du jeu de base, avant même d’aligner les petits chevaux. D’ailleurs, ledit Baroin est actuellement incapable d’accéder au second tour, scotché sous la barre des 10 % avec ses petits camarades Pécresse et Bertrand. Donc, pendant trois jours, nous avons assisté à la fabrication totalement artificielle d’un produit politique 100 % médiatico-idéologique. Sur du sable, du vent. Le Baroin d’essai fut lancé et, déjà, il a fait pschitt, selon l’élément de langage de son parrain Chirac.

En effet, ce produit Baroin était destiné, non seulement à écarter des esprits une Marine Le Pen décidément bien encombrante, mais aussi à faire fantasmer les derniers bataillons LR qui pleuraient encore leur Chirac chéri sur une renaissance possible : après les ratages Juppé, Fillon, Wauquiez, Bellamy -j’en passe, et pas des meilleurs-, Baroin serait le bon jeton. Le Point : « François Baroin, possible espoir de la droite pour 2022. Sera-t-il le sauveur de la droite en 2022 ? » La capacité de la presse dite sérieuse à se muer en Madame Soleil quand il s’agirait de fournir une analyse politique rationnelle est assez stupéfiante. Des enquêtes sociologiques sur l’électorat de droite ? Ses attentes, ses préférences ? Non, de la mayonnaise, encore. Du vent, toujours. Et ce second Baroin d’essai vient, à nouveau, de faire pschitt : on vient de le retrouver éclaté dans les vignes de l’Hérault et sur les allées Paul-Riquet de Béziers.

En effet, Le Parisien et Le Figaro, revenus à la réalité après avoir « barouiné » trop fort, révèlent que l’union des droites que promeuvent Emmanuelle et Robert Ménard séduit, après les électeurs, certains cadres et élus LR. « Êtes-vous favorable à l’union des droites ? » Telle est la question claire adressée aux 400 adhérents Les Républicains de la 6e circonscription de l’Hérault par Henri Gas, le responsable LR de cette circonscription. La réponse ? Selon Henri Gas, interrogé par Le Parisien, 90 % des personnes interrogées « veulent qu’on rejoigne Ménard, la messe est dite ! »

Réaction de Robert Ménard : « Les Républicains n’existent plus à Béziers. Leur électorat vote pour nous, ils sont pour faire tomber les frontières. Et dans les autres municipalités, ils n’en pensent pas moins, seulement, ils n’ont pas le courage de le dire. » Il en profite, au passage, pour tacler plusieurs représentants locaux LR qui auraient « discuté avec lui avant de prendre position publiquement contre une union ».

Aux dernières nouvelles, on vient de retrouver d’autres morceaux du Baroin d’essai lancé, la semaine dernière, dans le port de Sète. Et mon petit doigt me dit qu’on va en trouver aussi dans d’autres villes.

24 novembre 2019

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