Editoriaux - Justice - Santé - 19 mai 2019

L’anesthésiste soupçonné de plusieurs empoisonnements laissé en liberté : essayons de comprendre

On sait que, généralement, il ne nous faut que quelques années pour importer des États-Unis ce qu’ils ont de pire, comme le politiquement correct ou la discrimination positive. Pour les tueurs en série, heureusement, il nous reste encore de la marge et ils continuent de nous étonner.

Fortement soupçonné d’en être un, le Dr Frédéric Péchier (patronyme pour amateur de contrepèteries dont il a dû souffrir dès le collège…), déjà mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements présumés (dont deux mortels), est désormais également poursuivi pour dix-sept nouveaux cas. Dont sept auraient entraîné la mort. Mais en l’absence de preuves formelles, il a été laissé libre sous contrôle judiciaire par le juge de la liberté et de la détention.

En effet, si la police a pu saisir une poche, au moins, de liquide de perfusion contenant une dose cent fois mortelle de potassium, rien ne prouve formellement que c’est ce praticien qui l’y a mise. Mais il est comme un chat noir : avant 2017, chaque fois qu’un « événement indésirable grave » (EIG) – en clair, un malade qui s’enfonce – se produisait dans un bloc opératoire, il n’était jamais loin. Et dans plusieurs cas, mais hélas pas dans tous, son intervention efficace, succédant à une science quasiment innée du diagnostic, sauvait le patient in extremis, à l’admiration de tous. Mais dès qu’il n’était pas là, il n’y avait presque plus d’EIG, et moins, encore, depuis les deux ans qu’il est interdit d’exercice. Troublant…

Si la culpabilité de ce toujours présumé innocent devait un jour être avérée, certains l’attribuent aujourd’hui à une vengeance interne aux établissements de soins dans lesquels exerçait le Dr Péchier. Il est, en effet, fréquent qu’une franche camaraderie ne règne pas entre confrères.

Ce pourrait être, aussi, une forme de syndrome de Münchhausen qui, dans sa forme dite « classique », consiste, pour une personne, à s’auto-infliger des maladies ou des blessures pour bénéficier de soins, et surtout de l’attention et de la compassion de ses proches. Dans sa forme dite « par procuration », c’est quelqu’un (un parent, par exemple) qui rend un proche (ici son enfant) malade, afin de montrer à tous combien il est attentif à la santé de sa progéniture, empressé de prodiguer les soins prescrits et obtenir, ainsi, l’admiration de son entourage…

S’il s’agit, bien sûr, d’un trouble psychique de la personnalité et du comportement, il est rare que la Justice y voie un motif d’atténuation de la responsabilité pénale.

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