Editoriaux - International - Politique - 19 mai 2019

Salvini dénonce l’immigrationnisme du pape François en s’appuyant sur le cardinal Sarah !

Ce samedi 18 mai, sur la grande place du Dôme de Milan, en compagnie des principaux leaders de la droite nationale européenne, Matteo Salvini a étrillé le pontificat immigrationniste du pape François. Non pas seulement avec des arguments politiques, mais en s’appuyant sur les analyses des plus hauts théologiens et dignitaires de l’Église catholique.

« Le vrai soldat ne se bat pas parce qu’il hait ceux qui sont en face de lui, mais parce qu’il aime ceux qui sont derrière lui. » C’est par cette citation de Chesterton que le vice-président du Conseil italien a débuté son discours sous les clameurs d’une foule que la pluie n’avait pas découragée. Avant d’ajouter, en pointant son doigt en direction de la grande cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge : « Et ce que le vrai soldat aime, ce sont ses enfants, ses valeurs, sa terre et la Madone qui nous regarde et qui nous accompagne ! » Le ton est donné : le discours politique sera tissé de références chrétiennes allant toutes dans le sens d’une critique directe du pontificat de Jorge Mario Bergoglio. Tout d’abord, Matteo Salvini rendit alors un hommage vigoureux et solennel à « saint Jean-Paul II, un des hommes les plus marquants de l’Histoire de l’Église mais aussi de l’histoire de l’humanité, un homme qui parlait de la fraternité des nations comme de la plus haute vertu de l’Europe – celle qui s’étend de l’Atlantique à l’Oural – mais qui ne parlait certes pas de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. » Le chef de la Ligue célébra ensuite les racines chrétiennes de l’Europe en saluant les travaux théologiques de Benoit XVI : « Or, celui qui trahit ses racines ne construit rien. Nous ne pouvons accueillir le divers si nous oublions ce que nous sommes. » » Enfin, Matteo Salvini rendit hommage à Robert Sarah, « un grand cardinal africain qui a écrit sagement qu’il fallait tout faire pour que chaque homme puisse rester dans le pays où il est né ».

Le grand absent des débats fut enfin cité, sous les sifflets de la foule : « Le pape François veut que soit réduit le nombre de morts en Méditerranée, et bien c’est exactement ce que nous faisons, avec orgueil et esprit chrétien. La politique des portes ouvertes a tué, notre politique de rigueur, au contraire, sauve des vies. Disons-le demain à la messe avec orgueil : ici, nous ne voulons pas d’esclaves, de déportations et de ghettos. »

Pour Matteo Salvini, l’équation est claire : à l’immigrationnisme coupable du souverain pontife s’additionne mécaniquement la mondialisation dérégulée. Ainsi, après avoir rendu un vibrant hommage aux pères fondateurs de l’Europe et au « général de Gaulle », Matteo Salvini a fustigé « les traîtres ayant pris le pouvoir au nom de la finance, des multinationales, du dieu argent et de l’immigration incontrôlée – les Macron, les Merkel, les Juncker. Nous ne sommes pas les extrémistes, les extrémistes ce sont eux, ceux qui ont précarisé l’Europe. »

Matteo Salvini conclut son discours en célébrant la vie, « celle des nouveau-nés et des malades » – et en condamnant implicitement l’avortement et l’euthanasie. « La vie est sacrée ! », répéta le ministre de l’Intérieur avec un lyrisme aux accents mystiques. « Devant moi, je ne vois pas une place pleine de racistes ou de fascistes, mais une place pleine d’amour et de vie, riche en émotions. »

D’un point de vue spirituel, la place de la cathédrale de la Vierge de Milan n’avait, en tout cas, rien à envier à l’esplanade de la basilique Saint-Pierre de Rome, ce samedi 18 mai. Après tout, si le pape se mêle de politique, pourquoi le président du Conseil ne s’occuperait-il pas de théologie ?

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