Les Champs-Élysées ont connu, en quelques mois, deux journées de violences : le jour de la finale de la Coupe du monde (voir le reportage de Boulevard Voltaire) et le jour de la manifestation des gilets jaunes.

Violence mise en avant dans un cas et peu commentée dans l’autre (il ne fallait pas gâcher la fête et laisser le divertissement faire diversion), le mouvement des gilets jaunes nous prouve qu’il y a des violences visibles et invisibles.

On voit et on condamne les violences commises par les gilets jaunes (ou ceux qui se sont greffés à eux) envers lesquelles a exprimé sa honte. On ne voit ni ne parle des 1.000 agressions gratuites signalées chaque jour qui font La France Orange mécanique dépeinte par Laurent Obertone.

On plaint les touristes qui étaient sur les Champs-Élysées samedi, on ignore les touristes qui se font voler et agresser toute l’année ; la plupart des touristes japonais entament un suivi psychologique à leur retour de vacances en France, tant cette violence subie ou observée est inhabituelle dans leur pays. On s’émeut de la propriété d’une députée LREM temporairement envahie par des gilets jaunes dans l’Aude (20 Minutes), on abandonne les propriétaires privés de leur logement par des squatteurs inexpulsables. On dénonce les gilets jaunes qui bloquent les poids lourds, on ferme les yeux sur les migrants qui pillent les chauffeurs routiers à Calais.

En juin 2017, en Lot-et-Garonne, un agriculteur s’est fait poignarder par un fiché S aux cris de Allah Akbar sans que la qualification terroriste ne soit retenue (Le Parisien) : cela fait-il honte à Emmanuel Macron ? Le 21 novembre dernier, un migrant jugé pour viol et agression sexuelle sur des jeunes filles de 15 et 16 ans est ressorti libre du palais de justice (La Manche libre) : cela fait-il honte à Emmanuel Macron ? Les affrontements réguliers avec les forces de l’ordre dans les banlieues, les guets-apens faits aux pompiers et aux ambulances font-ils honte à Emmanuel Macron ?

Il faut que la violence porte un gilet jaune pour qu’elle préoccupe nos dirigeants et nos chaînes d’info-divertissement. Autrement, c’est un fait divers seulement bon à alimenter la presse locale. Quand manifestera-t-on pour que l’on s’intéresse enfin aux agressions du quotidien ?

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