Editoriaux - Politique - Social - 7 décembre 2019

La réforme des retraites pour les nuls, enfin, pour ces fous de Français

Ils ont un gouvernement libéral, de droite il faut le dire. Vous savez, la droite sociétale, celle qui flingue la famille, qui est pour les avancées libératrices de tout ce qui permet à une société de tenir debout, qui est dans tous les coups qui font du bien à la majorité sociétale avancée et non discriminante…

Donc, ce gouvernement-là veut faire une . Il le faut ; il n’a pas vraiment le choix, à cause du trou dans le budget. Ah, ces 3 % ! C’est qu’avec les gilets jaunes, vous comprenez, il n’a pas pu faire autrement, il a dû taper dans les caisses… Déjà que la situation n’était pas brillante. Ce gouvernement libéral se dit : je vais élaborer un projet social, comme ça, je me refais un peu de « en même temps » – un truc moderne inventé par son nouveau Président – et je remettrai du rose sur mon blason qui en a quand même bien besoin.

Il a donc une idée novatrice : « le régime universel » qu’il confie à un apparatchik de droite. Encore un énarque génial qui a inspiré ce projet novateur et déstabilisant pour l’univers « droite-gauche ». En passant, il tente de se mettre un coup de rose supplémentaire en s’appropriant les réserves de certains privilégiés comme les avocats dont il ne craint pas les grèves, ce qui fera du bien au trou.

Elle est dans le vent de la social-démocratie française, sa réforme, car, voyez-vous, elle redistribue. Oui, elle répartit entre tous. Elle est égalitaire et juste. Un point pour un point, il n’y a pas plus égalitaire. On se croirait chez les idéalistes proudhoniens. Ça passera, surtout qu’avec cette idée géniale, il est sûr d’avoir la CFDT pour lui…

Et patatras ! voilà que la gauche se réveille. Elle n’en veut pas, de l’universalité égalisatrice. Un comble ! Le monde à l’envers. Voilà que la gauche défend ses privilèges de classe, son système, son fonds de commerce politique. Et ils n’ont pas peur, tous ces communistes, socialistes, ces CGTistes, ces camarades syndiqués. Ils vont les bloquer, les trains, les RER et les métros. Ils comptent, en plus, surfer sur la vague du mécontentement déclenchée par les gilets jaunes. Et puis ils vont appeler à la rescousse les enseignants qui ne sont jamais les derniers quand il s’agit de manifester ! C’est parti pour un jeudi noir. Et vous allez voir le mardi qui suivra ; et la suite. Ils vont les emmerder, les Français, avant Noël, et les commerçants qui ont déjà morflé l’année dernière. Le gouvernement a beau dire, il devra céder…

Ça ne peut pas finir autrement. Pourquoi ? Parce que voilà, je vais vous expliquer. Cela fait plus d’un demi-siècle qu’on fait le jeu des forces de gauche, des syndicats, et qu’on entretient leurs privilèges, dont les fameux régimes spéciaux. Ce n’est pas une réforme, qu’il faut faire. Il faut renverser l’État dans l’État. Il faut faire une nuit du 4 août ! Mais ce n’est pas en faisant du « en même temps » qu’on peut y arriver. Alors, comme c’est l’hiver, que Noël approche et qu’on ne va pas se pourrir la vie une deuxième année de suite, on va trouver des compromis. Et, d’ailleurs, avec son air de force tranquille, à l’improviste, cette après-midi-là, le Premier ministre est venu dire aux Français qu’il ne faut pas s’affoler : il va repousser la date d’entrée en application. Il va faire une réforme pour l’avenir, pas pour tout de suite, donc on ne va pas toucher aux privilèges. C’est ça, le « en même temps ». Une vraie réforme des retraites pour ces nuls de Français…

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