Les partis au pouvoir, en Hongrie et en , ont beau être réélus haut la main lors d’élections libres et démocratiques, battre des records économiques, avoir des taux de criminalité les plus bas d’Europe, ils ne trouvent jamais grâce aux yeux des journalistes du Monde. À chaque article sur ces pays, nous avons le droit au sempiternel « ce pays s’enfonce vers l’autocratie », ce qui est de la désinformation pure. Pour le comprendre, il suffit de lire Le Monde, qui se contredit tout seul. La même semaine, il condamne Orbán pour avoir mis en place l’état d’urgence du fait du coronavirus et attaque le parti au pouvoir à Varsovie pour ne pas avoir profité du coronavirus pour déclarer l’état d’urgence !

Le 10 mai prochain, la Pologne élira son président de la République. À cause du coronavirus, ce vote se fera par correspondance pour éviter les rassemblements. Selon Le Monde, c’est « un coup de force » du parti au pouvoir, le PiS, qui aurait dû déclarer l’état d’urgence pour repousser les élections de plusieurs semaines. Ce que ne dit pas Le Monde, c’est que la Constitution polonaise n’a pas prévu de cas permettant de reporter les élections présidentielles. Que, selon les interprétations, le président actuel n’aurait plus le droit d’exercer entre la fin de son mandat et la nouvelle élection. Que, jusqu’aux nouvelles élections, son autorité pourrait être contestée devant les tribunaux. Que la Pologne entrerait dans un chaos institutionnel total. Et puis, soyons sérieux : si le PiS avait déclaré l’état d’urgence comme l’a fait Orbán, Le Monde aurait crié à l’autoritarisme aussi.

J’habite en Pologne depuis vingt ans, et quand je lis les articles du Monde sur ce pays, je ne peux que constater, au mieux des manipulations dignes des grandes heures de la Pravda, au pire des informations totalement inventées. Comme lorsque le correspondant du Monde en Pologne avait inventé, dans son article « L’offensive du gouvernement polonais contre les médias privés », que le journal d’opposition Gazeta Wyborcza avait « été banni des bureaux de poste et des stations-service ». À plusieurs reprises, j’ai démonté, sur Twitter, les « fake » invraisemblables de leur correspondant sur place : Jakub Iwaniuk. Au début, j’ai réellement cru que Le Monde était victime d’un journaliste mythomane qui abusait de la confiance du « journal de référence ». J’ai même échangé avec le chef du service international du Monde qui, devant l’accumulation des preuves, a fini par me répondre : « Rien ne vous oblige de le lire. »

Je me suis alors intéressé aux « médisants » anti-polonais du Monde. Il y a, d’abord, sa directrice éditoriale, Sylvie Kauffmann, une des plus farouches détractrices du PiS et des plus grandes admiratrices de Macron. Elle est membre du conseil du très sélect think tank de Soros l’ECFR (European Council on Foreign Relations). Dans ses éditoriaux, elle n’hésite pas à promouvoir ce milliardaire vautour qui a fait fortune en jouant sur l’instabilité des États. Pour elle, Soros est un « philanthrope libéral de 87 ans qui finance de nombreux projets à travers le monde destinés à renforcer la démocratie et la société civile ». Elle fait aussi partie de la Commission trilatérale. Son mari était, sous Hollande, l’ambassadeur de France en Pologne et a été une des premières grandes nominations de Macron en août 2017, qui l’a promu président de l’Institut français. Parmi les personnes les plus souvent interrogées sur la situation en Pologne, l’on trouve Aleksander Smolar. Sur le moteur de recherche du Monde, il y a une quarantaine d’occurrences. Président de la fondation Batory, ONG de Soros. Son fils est, d’ailleurs, l’ex-correspondant du Monde en Pologne, puis en Israël : Piotr Smolar. Piotr dénonce souvent Netanyahou et ses attaques contre Soros. L’avocat Gilles-William Goldnadel ne cesse de s’insurger contre la partialité de ses articles. L’autre grand « témoin » est Adam Michnik, le patron du journal Gazeta Wyborcza qui appartient au groupe Agora, dont l’actionnaire est Soros. Enfin, notons que la dernière tribune du Monde « assassinant » Pologne et Hongrie est signée Piotr Buras, employé de l’ECFR (think tank de Soros). Le monde est petit, n’est-ce pas ?

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