Une femme présidente de la République en Hongrie ? Cela est plus que probable. Katalin Novák, ministre de la Famille, vient d’être citée pour ce poste et sera très certainement investie par le Parlement hongrois pour devenir la première femme occupant cette fonction. Une bonne nouvelle pour la cause des femmes et un modèle à suivre, me direz-vous ? Cela dépend pour qui.

Pas si sûr que cette nomination fasse l’unanimité parmi l’intelligentsia féministe, arbitre suprême des élégances politiquement correctes pour laquelle l’expression « femme conservatrice » relève du plus infâme des oxymores. Et pour cause… Novák est loin d’être la copie conforme de Marlène Schiappa, et encore moins de Sandrine Rousseau.

Mère de trois enfants, elle a pris les rênes de la en 2014 en tant que secrétaire d’État puis en tant que ministre en défendant, sans complexes et avec le sourire, la traditionnelle, le mariage, la natalité et la maternité. Et tout en se donnant les moyens financiers de ses ambitions avec des résultats à la clé : baisse notable des avortements, hausse des mariages et de la natalité et mise en place de mesures de soutien aux familles qui n’ont rien à envier à celles des pays scandinaves. Avec l’objectif ouvertement assumé d’augmenter la population autochtone pour faire face au déclin démographique au lieu d’ânonner avec fatalisme que l'immigration est la seule solution possible.

En Hongrie, désormais, une mère de quatre enfants ne paie plus d’impôts sur le revenu, les couples attendant leur troisième enfant reçoivent une allocation substantielle de l’État pour acquérir un nouveau véhicule et un logement plus grand. Les grands-parents peuvent demander des congés spéciaux pour s’occuper de leurs petits-enfants et l’État facilite des taux d’intérêt défiant toute concurrence pour les ménages ; et la liste est loin d’être exhaustive.

Certes, la Hongrie est encore loin du seuil de renouvellement générationnel, le pays affichant un taux de 1,55 enfant par femme, loin des 2,1 nécessaires et nettement derrière la France et son taux de 1,86. On n’inverse pas une tendance démographique négative en quelques années et les résultats escomptés se feront attendre. Cela dit, ces mesures portent déjà leurs fruits et s’annoncent prometteuses : selon Eurostat, le taux de fécondité est passé de 1,25 en 2010 à 1,55 en 2019. Les progrès sont donc au rendez-vous et ces politiques y sont très certainement pour quelque chose, n’en déplaise aux rabat-joie fatalistes du « tout immigration ».

En la nommant à ce poste prestigieux qui n’est pas dénué d’influence, Orbán fait bien plus qu’un coup de marketing politique. D’une part, il récompense le courage politique d’une femme qui a défendu avec talent et conviction des mesures qui ne comptent pratiquement que des détracteurs dans les cénacles internationaux. Deuxièmement, il promeut un profil relativement consensuel parmi une classe politique très clivée. Novák, en effet, est acceptée, voire appréciée, par une partie non négligeable de l’opposition, ce qui n’est pas anodin pour un poste qui exige de se placer au-dessus de la mêlée. Finalement, le profil médiatique de la future présidente contribuera à redorer le blason d’un gouvernement et d’un pays littéralement diabolisé dans la presse internationale.

Bref, la future présidente hongroise ressemble à s’y méprendre à l’antidote contre le féminisme illuminé, radical, intersectionnel et victimaire qui sévit en Europe occidentale. Une femme comme Novák serait vouée aux gémonies en France et condamnée pour crime de lèse-bien-pensance par la ligue officielle de la vertu. En Hongrie, elle deviendra présidente de la République.

26 décembre 2021

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